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Poésie

Posts Tagged ‘narcisse’

Des narcisses jaunes (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019



Illustration 
    
Des narcisses jaunes
cherchant en vain dans l’herbe
leur propre reflet.

***

Gele narcissen
tevergeefs in het gras zoekend
’t eigen spiegelbeeld

***

Narcisos amarillos
buscan en vano en el césped
su propio reflejo

***

Yellow daffodils
vainly searching in the grass
their mirror image

***

Gialli narcisi
cercano invano nel prato
il loro riflesso

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Les yeux ouverts (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




Les yeux ouverts

Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
J’ai tout examiné à travers la nuit blanche:
Et le narcisse sur ta table dans le vase,
Et la fumée bleue du cigare,
Et ce miroir, où, comme dans une eau pure,
Tu pourrais en ce moment te refléter.
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
Et même toi, tu ne peux pas m’aider.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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Première neige (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Première neige
sur la feuille de narcisse
jusqu’à la ployer

(Bashô)

Illustration

 

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Là où est mon trésor (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Là où est mon trésor
Une tombe :
Mon coeur aussi
Vide.
La douleur
Est son propre lieu, miroir
De souvenirs et de rêves; lac
De larmes. Narcisse pâle
Voit son visage qui se noie.

***

Where my treasure is
A grave:
My heart also
Empty.
Sorrow
In its own place, a glass
Of memories and dreams; a pool
Of tears. Narcissus pale
Sees his own drowning face.

(Kathleen Raine)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Mon amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Mon amitié est pour le narcisse
mais mon amour est pour une autre fleur
que je ne nommerai pas

(Adonis)

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La grande fugue (Ghyslaine Leloup)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La grande fugue

La lumière
Une poignée d’oiseaux
Tout ruisselle

Du feu crissant des genêts
Ricochent des tremblements de soleil

Clartés prolongées dans les sonnailles

Marguerites libérées des prophéties
Tout se tait qui ne soit oiseaux ou grillons

Plus rien ne pèse pas même les pensées

Peur abandonnée dans les bois sombres
Débris de nuit enfermés dans la neige

Séisme lent dans le parfum sourd des narcisses

C’est le grand corps de la terre
Gorgée d’eau vaillante et d’astre tiède

Un homme une femme
Une coulée d’ombellifères
Ils avancent

Souverains

(Ghyslaine Leloup)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Narcisse meurt au bord de la fontaine (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: John William Waterhouse
    
Narcisse meurt au bord de la fontaine.
Sa beauté est privation. Narcisse n’en jouit pas, justement parce qu’elle est sienne.
Mais ce qu’il est lui-même, il voudrait qu’un autre le soit afin de pouvoir l’aimer.
Narcisse souhaite se dépouiller de ce qu’il est, afin de pouvoir aimer.
Il est par force ouvert.
La souffrance de Narcisse, c’est qu’on ne peut s’ouvrir à soi.

(Roger Munier)

 

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Le poète et la Muse (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Eoghan de Leastar
    
Le poète et la Muse

LE POÈTE

Dans quel but le destin a-t-il voulu m’élire
poète, moi si faible, avec tous mes défauts ?
Car ma parole est vaine et les sons de ma lyre,
même les plus chantants, sonnent creux, semblent faux.

J’ai beau chercher à dire un sentiment sublime,
gloire et vertu ne sont qu’un rêve, je le sens.
Dans la désillusion mon oeil toujours s’abîme,
dans les ronces partout mon pied s’en va glissant.

Le monde est une froide et sombre comédie.
Mes chants non moins que lui se révèlent menteurs.
Chanter l’amour, la joie ? Infâme parodie,
infâme lyre, proie de spectacles trompeurs !

LA MUSE

Poète, tu n’es pas menteur. Ton monde à toi
est le seul vrai. Seules les cordes de ta lyre
savent la vérité ; elles seules, crois-moi,
au long de notre vie ont l’art de nous conduire.

Serviteur du divin, apprends quel est ton sort :
la beauté, le printemps. Une ode enchanteresse
est issue de ta bouche, et tu es un trésor
de parfums — une voix d’en haut, riche en promesses.

Si la nuit règne sur la terre, n’aie point peur.
Ne crois pas que cette ombre va durer encore.
Tu es près des plaisirs, des vallons et des fleurs ;
courage, et en avant ! Vois se lever l’aurore !

Seule une faible brume effarouche tes yeux.
Sous son voile, pour toi, la Nature accueillante
tresse roses, violettes, narcisses précieux,
couronne pour tes chants, récompense odorante.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Mon amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018


arton8036

Mon amitié est pour le narcisse
mais mon amour est pour une autre fleur
que je ne nommerai pas

(Adonis)

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Le miroir brûle la fille (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017




    
Le miroir brûle la fille,
fardée des cils jusqu’aux seins,
toute seule dans le miroir,
et l’été froisse ses élytres.

Sous le fruit d’or est un noyau,
tout imprégné de cendre rouge,
et une rose de doux fardeau
effeuille ses pétales lisses.

La chambre est pleine d’odeurs
oublieuses de leurs fleurs natales,
vierge impure, selle ton cheval,
de violette et de narcisse.

N’oublie pas ton armure
de chèvre feuille et de jasmin,
car il te reste à combattre
dans le soleil et la neige,
et la sueur et le sang rude
— si le ciel foudroie sans remords
tes libres cuisses de lavande —
un grand chevalier de luxure.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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