Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘narine’

LORSQUE TU ME TOURNAS LE DOS (T. Carmi)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022




    
LORSQUE TU ME TOURNAS LE DOS

Lorsque tu me tournas le dos tu
as pris mes mains

des enfants le sentirent
et des fleurs

je me suis pris femme ensuite et
je n’avais pas de mains

saurais-tu ce qu’est une femme
sans mains à sa rencontre

à présent tu m’as rendu la voix et
je manque de mots

saurais-tu ce qu’est une femme
sans paroles à son seuil

les nuits condamnent mon mutisme la
journée est trop pesante

à présent que tu m’as rendu les mains et la
voix je touche avec le bout de tes doigts et
respire avec le souffle de tes narines.

(T. Carmi)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Nicolas LAZAR
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SYMPHONIE (Touria Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2022




    
SYMPHONIE

Mes yeux ne cessent de chercher ta présence
dans cette opaque nuée
ne parvenant à te révéler qu’à moitié
mêlant sa substance primordiale
à la vérité de ton souffle
le secret et le chuchotement de tes signes
au parfum de tes sphères
J’en prends plein les narines
au coeur de cette effusion divine
Je tourbillonne dans les dédales de mes pensées
sans savoir si elles m’appartiennent réellement
ou si je te les emprunte par allusion
du moins voudrais-je te les prêter
pour qu’ensemble nous les habitions

Quelles pensées!
Autant de couleurs incarnant l’arc-en-ciel
dont elles épousent la composition
plus subtiles encore
car exhalant une gamme de transparences
se déclinant comme une symphonie
comme une dévotion
une caresse
la céleste sensation…

(Touria Iqbal)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’AIME TA LETTRE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021




    
J’AIME TA LETTRE

J’aime ta lettre, plus douce que l’après-midi du Samedi
Et les vacances, ta parole de songe bleu.

La fragrance des mangues me monte à la nuque
Et comme un vin de palme un soir d’orage, l’arôme féminin des goyaves.

Les tempêtes suscitent les humeurs, le palais blanc s’ébranle dans ses assises de basalte
L’on est long à dormir, allongé sous la lampe sous la violette du Cap.
La saison s’est annoncée sur les toits aux vents violents du Sud-Ouest
Tendue de tornades, pétrie de passions.

Les roses altières les lauriers-roses délacent leurs derniers parfums
Signares à la fin du bal
Les fleurs se fanent délicates des bauhinias tigrées
Quand les tamariniers aux senteurs de citron allument leurs étoiles d’or.
Du ravin monte, assaillant mes narines, l’odeur des serpents noirs
Qui intronise l’hivernage.

Dans le parc les paons pavoisent, en la saison des amours.
Rutilent dessus les pelouses, pourpres princiers, les flamboyants
Aux coeurs splendides, et les grands canas d’écarlate et d’or.
M’assaillent toutes les odeurs de l’humidité primor-diale, et les pourritures opimes.
Ce sont noces de la chair et du sang — si seulement noces de l’âme, quand dans mes bras
Tu serais, mangue mûre et goyave ouverte, souffle inspirant ah ! haleine fraîche fervente…

J’aime ta lettre bleue, plus douce que l’hysope
Et sa tendresse, qui me dit que tu es m’amie.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chanson de la côte (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



 

officier-inconnu-1 [800x600]

Chanson de la côte

Voici rentrer l’officier de marine,
Il a des favoris noirs.
Le vent de mer a gonflé sa narine,
Il dit combien de vaisseaux il a pris.

Voici rentrer l’officier de marine,
Il a deux beaux galons d’or.
Il veut surprendre, au logis, Mathurine
Sa femme, son plus précieux trésor.

Voici rentrer l’officier de marine,
Il veut revoir sa maison,
Son lard qui sèche et ses sacs de farine,
Ses pommiers lourds de pommes à foison.

Repars bien vite, officier de marine,
Tes pommiers on a coupé,
Tes sacs vidés, ton lard frit. Mathurine,
Avec des gens de la terre, t’a trompé.

Repars bien vite, officier de marine,
Pour un voyage bien long.
Tes favoris seront blancs, ta narine
Sera ridée au troisième galon.

(Charles Cros)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mer (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
La mer, pour moi, impression des narines et des poumons,
espace, dressement des vagues, boisson aérienne,
grandeur, odeur immense et hérissée, arbre
odorant et gros, aéré.
Air hérissé.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Désir de peindre (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite,
comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit.
Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante.

En elle le noir abonde: et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond.
Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère,
et son regard illumine comme l’éclair:
c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir,
si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.
Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence;
non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée,
mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent;
non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs,
mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée,
que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie.
Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse,
qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

(Charles Baudelaire)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le Principal (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



Le Principal

Je me rappelle très bien que Platon l’avait dit
et que moi je me plaisais à le penser aussi.
Tralala! Mais je ne retrouve pas cette idée-là.
J’ai encore son odeur dans la narine
et sa chaleur dans les poumons.

(Norge)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chant du merle (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


Chant du merle

La roue en avait assez
De trimballer la charrette.
Le poivre en avait assez
D’assaisonner la blanquette.
Assez que l’eau chaude avait
De cuire à point les navets,
Le feu d’exciter l’eau chaude,
Le four d’enfler la farine
Et le poète ses odes.
La rose était écceurée
De caresser les narines.

Un dormant raz de marée
Couvrit toute la machine.
Assez ! assez, plus qu’assez
Geignaient mille pots cassés.
Le coeur lui-même était las,
Oh ! las de voler si bas.

Tout dormait, dorma, dormut
Dans les vieux pays fourbus.
Et tout dormirait encore,
Tout dormirait à jamais,
Si, tout â coup dans l’aurore
D’un joli mai qui germait,
Perlant, fusant i la ronde,
Le chant d’un merle jeunet
N’avait réveillé le monde.

(Norge)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Regarde l’oiseau voler (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
— Regarde l’oiseau voler,
tes yeux s’emparent de son vol,
plus sûrement que ta main,
si elle tenait l’oiseau ;

Regarde la mer étale,
tes yeux s’emparent de sa couleur,
plus sûrement qu’un seau d’enfant,
s’il le remplissait d’eau ;

Regarde la rose s’ouvrir,
tes narines s’emparent de son parfum
plus sûrement que la serre
où la fleur se cultive ;

Qui détient ne tient rien,
qui libère s’empare,
le vent est plus dans les cheveux qu’il mêle
que dans le ballon qu’il gonfle ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :