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Poésie

Posts Tagged ‘narquois’

FLEUR DÉFENDUE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Illustration: Wang Shiyan

    

FLEUR DÉFENDUE
Li-Taï-Pé

Sous la claire lune d’automne, l’eau agitée secoue ma barque.
Solitaire, je vogue sur le lac du Sud, et je cueille des lotus blancs.

Oh ! qu’elle est belle, la blanche fleur du lotus !…
Qu’elle est délicate et délicieuse !

Un ardent désir me dévore de lui avouer la passion qu’elle m’inspire.

Hélas !… une tristesse mortelle submerge mon cœur…
l’embarcation s’en va à la dérive, sur les eaux narquoises,
qui s’en font un jouet.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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La Grenouille Bleue (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018


grenouille17

J’écris n’importe quoi.
Mettons: grenouille bleue.
Aussitôt la voilà
Qui glisse entr mes doigts
Et bondit sous mes yeux.

Bon! que va-t-elle faire?
Elle saisit ma plume
Et, en quelques traits clairs,
Dessine une rivière
Et, au milieu, la lune.

Puis, me tournant le dos,
Elle me crie: « Bonsoir,
Je reviendrai vous voir! »
Et, narquoise, d’un saut,
Se perd au fond de l’eau.

(Maurice Carême)

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Pardonnes-tu ma jalousie en rêve (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2015




Pardonnes-tu ma jalousie en rêve
Et mon amour follement agité?
Tu m’es fidèle, alors pourquoi sans trêve
Rendre craintif mon esprit tourmenté?
Dis-moi pourquoi tu veux paraître aimable
Envers chacun de tes admirateurs,
Donner à tous, espoir invraisemblable,
Ton beau regard, triste ou plein de douceur?
Tu m’as saisi, m’as fait perdre la tête,
Asservissant mon amour malheureux,
Ne me vois-tu, seul et silencieux,
Plein de tourment, de dépit, quand s’apprête
A t’encenser tout ce monde étranger?
Pour moi, cruelle, aucun mot, aucun geste!
Veux-je m’enfuir, prêt à te supplier,
De ton regard, tu ne me dis pas: reste!
Une beauté me tient-elle un discours
A double sens, toi tu restes tranquille,
Et même gaie en blâmant cette idylle,
Et moi j’en meurs: tu parles sans amour.
Si mon rival éternel t’a surprise
A mes côtés, en tête à tête assise,
Pourquoi vient-il te saluer, narquois?
Qu’est-il pour toi? Dis-moi donc de quel droit
Devient-il blême et pris de jalousie?
Et quand vient l’heure indiscrète du soir,
Pourquoi dois-tu, seule, le recevoir,
Nue à moitié, quand ta mère est partie?
Mais je suis préféré. Seule avec moi
Tu es si tendre. Et que tu es ardente
Dans tes baisers ! Ton âme est éloquente
Quand tu me dis ton amour avec foi.
Tu crois que mes tourments, je les invente.
Mais je suis préféré: je te comprends.
Epargne-moi, s’il te plaît, toute offense:
Ne sait-tu pas que j’aime fortement,
Ne sais-tu pas qu’atroce est ma souffrance.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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