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Poésie

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Mouvante place des hommes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Mouvante place des hommes

Où sommes-nous ?

Dans la tempérance d’une rivière
Dans la démesure des torrents

Dans le compas de l’oeil
Dans les brumes de la chair

Dans l’attelage des monstres
Dans les mains sans épine

Dans les nasses du doute
Dans la force des granges

Dans l’angoisse qui mobilise
Dans la peur qui engloutit

Dans le foisonnement du corps
vivier qui fonde l’esprit

Dans le songe insulaire
Dans le rêve faiseur d’hommes

Dans la dissolution des mots
Dans le tissu de la parole

Dans les randonnées du sang
Dans la réunion du coeur ?

Où sommes-nous ?

Où aucun ciel ne peut prétendre !

(Andrée Chedid)


Illustration: Maryse Casol

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AUJOURD’HUI COMBIEN D’HEURES TOMBENT (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




Aujourd’hui combien d’heures tombent, tombent
dans le puits, dans la nasse, dans le temps :
elles sont lentes mais ne prennent de repos,
elles tombent, se rassemblant
au début comme des poissons,
puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
En bas, les heures
avec les jours s’entendent,
avec les mois,
avec les souvenirs fumeux,
avec des nuits désertes,
des femmes, des habits, des trains et des provinces,
le temps
s’accumule, et chaque heure
se dissout en silence,
s’effrite et choit
dans l’acide aux vestiges,
dans les eaux noires
dans la nuit sens dessus dessous.

(Pablo Neruda)

Illustration: Salvador Dali

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DÉMARCHE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Jean-Claude Forez  Dies_irae-2

DÉMARCHE

J’ai tenté de joindre ma terre, à la terre ;
Les mots, à la trame du silence ;
Le large, au chant voilé.

Tenté de dire la rencontre possible,
Dégager le lieu de la nasse des refuges ;
Fléchir la parole, jusqu’à la partager.

Puis, saluer celle-là,
Plus affranchie que nous :
Mort,
notre très certaine !

Pierre de touche, qui déroute l’épisode ;
Compagne, qui retimbre la durée.

Mort,
dont l’image abolit les frontières,
Rétablit, ici même, notre face commune ;
Et recentre, en ce monde,
tous nos temps dissipés.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Un bateau peut être mis à l’abri (Chang-Tzu)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    
Un bateau peut être mis à l’abri dans une crique ;
une nasse mise à l’abri dans un lac,
mais à minuit un homme robuste peut venir et les emporter.

L’ignorant ne sait pas que
quels que soient les lieux où vous mettez un objet à l’abri,
les plus petits dans les plus grands,
ce que vous avez caché peut disparaître et vous être enlevé.

Mais si vous cachez l’univers dans l’univers,
ce qui vous était précieux ne risque pas de vous être enlevé,
et ce que vous possédez est à vous pour toujours.

Donc, le sage sait que la séparation n’est pas possible
et que ce qui est perdu n’est pas vraiment perdu.

(Chang-Tzu)

 

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Le premier vol de l’hirondelle (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Le premier vol de l’hirondelle

mes ciseaux à peine aiguisés
Coupent le ciel qui se déplace.

Une brasse. Encore une brasse.
Dans l’ouverture de la nasse

(Bon hirondeau chasse de race)
Un moustique s’est enfourné.

Ce petit nid où je suis né
Comme il s’éloigne dans l’espace !

A tire-ligne d’hirondelle
C’est un nom nouveau que j’écris

Et je l’écris à tire-d’aile
Et je l’écris à tire-cri.

(Pierre Menanteau)

 

 

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Droit sur l’île (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2016



Droit sur l’île

Droit sur l’île, à côté des morts,
mariés des forêts à l’arbre-pirogue,
les bras ceints de ciels vautours,
les âmes cerclées d’anneaux saturniens :

ainsi rament les étrangers et libres,
les maîtres des glaces et de la pierre :
ceints d’un carillon de bouées qui s’enfoncent,
et des aboiements de la mer bleu squale.

Ils rament, ils rament, ils rament encore — :
Ô morts, ô nageurs, partez droit devant !
Dans les grilles aussi tout ça de la nasse !
Demain notre mer va s’évaporer !

(Paul Celan)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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A L’ENCHEVÊTREMENT (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015



A L’ENCHEVÊTREMENT

A l’enchevêtrement des racines
négatif des branches
auprès des sources en gestation
et des terriers feutrés
loin des nasses du soleil
des embûches de la lumière
les bêtes aux paupières cousues
s’aiment comme les autres.

(Gabrielle Marquet)

 

 

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Au clair de lune (Minamoto no Tsunenobu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



Au clair de lune les truites qu’on croyait prises dans la nasse du gué
N’étaient que givre s’agitant sur les algues

(Minamoto no Tsunenobu)

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