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Poésie

Posts Tagged ‘naturel’

Parmi d’autres fleurs (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



    
Parmi d’autres fleurs
s’ennuyait
une orchidée lisse et nacrée

si minérale, et pourtant
sauvagement naturelle

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’écris pour être (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



Illustration
    
J’écris pour être

J’écris pour être. Il faut du naturel,
de la présence et de l’absence aussi,
la phrase simple alors qu’elle traduit
la voix complexe et les obscurités
de la recherche au loin de l’inconnu.

S’il me parlait j’aurais peine à l’entendre,
ce rien venu d’autre part, d’outre-monde.
Il est muet, c’est pourquoi je l’écoute.

Il apparaît. Un peu de moi s’éloigne
et s’il s’éloigne il suffit d’un silence
pour qu’il revienne — éviter les appels
car il ne fait jamais que ce qu’il veut.

La porte s’ouvre et l’inconnu s’avance,
se glisse en moi, je ne m’appartiens plus,
je suis à lui qui m’écrit ligne à ligne,
à lui qui passe et ne se nomme pas.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Je vous écris (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



    

Je vous écris

Je vous écris. Cela ne veut pas dire
une missive, oh non ! je vous écris,
je fais de vous une matière écrite.

Vous serez double : un être naturel,
un autre d’encre, et vous voyagerez
de l’un à l’autre en rêve et en réel.

Vous m’écrirez. Je serai personnage.
Cet autre moi bientôt sera le vôtre.
Nous dormirons tous les deux dans un livre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Scherzo pour un elfe (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




    
Scherzo pour un elfe

Délicate créature :
Je souhaite que ma voix
Ne trouble pas le sortilège
Orangé de cette forêt,
Ton élément naturel,
Par ses troncs obscurs
Élevée jusqu’au ciel.

Je voudrais, en cette
Soirée translucide,
Dense comme une grappe,
Sur toi laisser une empreinte, une forme,
Jouer des branches et des feuilles,
Toi, dans le vent hésitant.

Arôme diffus, tu erres
Du pas gris des songes
Et te perds dans la brume
Que l’étang exhale,
Pensée amusée
D’un dieu amoureux.

Tu inspires l’air tout entier
Par ta magie s’épanouit,
Comme une fleur, librement,
Le désir de l’homme
Et ce repos souverain
Qui soulage la vie.

Toujours incertaine, tel l’écho
De quelque lèvre, au loin,
D’aulnes en aulnes
A la blancheur nordique,
Vibre ta svelte musique
Et dans un feu soupire.

L’amour pèse-t-il donc
Sur ton corps invisible ?
Et ses tricheries obscures
Sur le monde, par toi nous
Rappellent-elles, désir éternel,
Combien nous sommes éphémères ?

Souris, parle-moi, chante,
Si tu es bien cette extase
Entraînant les feuilles ardentes,
Dépouilles de ta seule couronne,
Avec une passion insatiable,
A se révéler dans la mort.

Sais-tu mourir aussi, mourir
Comme la beauté humaine,
Fils subtil de la forêt ?
Tu t’apaises sur la mousse,
La brume te fait taire,
Un nuage vient sculpter,
Tel un iris de nacre légère,
L’ennui que tu portes aux jours.

Je crois encore voir tes yeux,
Leur malice sereine,
Au delà des cimes nues,
Dans l’air profond
Et déjà glacé, alors que la nuit
Impérieuse se lève.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Extase (Pierre Kara)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Tout dans le Cosmos est naturel.

Suis l’étoile, tu ne risques pas de dévier.

Ici et maintenant
préoccupe-toi de l’Essentiel
Etre en Communion.

Extase

Une rose à ton corsage
Un sourire sur tes lèvres
Un mystère dans tes yeux

Une caresse à ta bouche
Une folie sur tes seins
Un souffle dans tes entrailles

Amour, offre tes plaisirs
sur la plage de nos corps
joue au flux et au reflux

Mais sublime notre extase
aux frontières de nos âmes
pour que fleurisse
l’Amour
la Joie
la Vie

(Pierre Kara)

Illustration: Ragen Mendenhall

 

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Un brin d’herbe siffle au vent (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017


 

Atteint le regard la chose naturelle
passe le chien avec ses taches de hasard
un brin d’herbe siffle au vent

(Jean Follain)

Illustration

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Je me sentais vivre en elle (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017




    
Je me sentais vivre en elle,
et elle vivait pour moi seul.
Son sourire me remplissait d’une béatitude infinie;
la vibration de sa voix si douce et cependant fortement timbrée
me faisait tressaillir de joie et d’amour.

Elle avait pour moi toutes les perfections,
elle répondait à tous mes enthousiasmes,
à tous mes caprices,

— belle comme le jour aux feux de la rampe
qui l’éclairait d’en bas,
pâle comme la nuit, quand la rampe baissée
la laissait éclairée d’en haut
sous les rayons du lustre
et la montrait plus naturelle,
brillant dans l’ombre de sa seule beauté,
comme les Heures divines qui se découpent,
avec une étoile au front,
sur les fonds bruns des fresques d’Herculanum!

(Gérard de Nerval)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Quand on est amoureux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017



  Illustration
    
Quand on est amoureux
on met une seule personne
jolie de préférence
bien au centre du monde
Et quand on aime
d’un amour de personne
on met le monde
au coeur du monde
Bien sûr on n’est jamais à l’abri
d’une rechute
mais quand même quelle douceur
d’aller partout
avec l’insouciance de ce saint
qui entrant dans le château du roi
enlevait son manteau et l’accrochait à
un rayon de soleil
continuant d’avancer impassible
comme si ce geste
était le geste le plus naturel du monde
Oui quel bonheur d’aller ainsi
aimant et ne retenant rien
de ce qu’on aime

Vivre Nella
Vivre respirer chanter
comme si l’on n’y était
plus
pour personne

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Berceuse (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Printemps-Eté-Automne-Hiver
    

Berceuse

Pose ta tête endormie, mon amour
Humaine sur mon bras infidèle ;
Le temps et les fièvres consument
La part de beauté
Des enfants pensifs et la tombe
Prouve que l’enfant est éphémère ;
Mais que dans mes bras jusqu’au point du jour
Repose cet être vivant,
Mortel, coupable, mais pour moi
Beauté absolue.

L’âme et le corps n’ont point de bornes ;
Aux amants étendus
Dans leur pâmoison coutumière
Sur la pente enchantée de son indulgence
Vénus gravement apporte la vision
D’une compassion surnaturelle,
Un amour, un espoir universels ;
Tandis qu’une intuition abstraite
Eveille parmi les glaciers et les rocs
L’extase sensuelle de l’ermite.

Certitude, fidélité
Sur le coup de minuit passent
Comme les vibrations d’une cloche,
Et les fous à la mode poussent
Leurs cris ennuyeux de pédants ;
Chaque centime de la dépense,
Tout de que prédisent les cartes redoutées
Sera payé, mais de cette nuit
Que pas un murmure, pas une pensée
Pas un baiser ni un regard ne soient perdus.

Tout meurt, la beauté, la vision, minuit :
Que les vents de l’aube qui demeurent
Soufflent sur ta tête rêveuse
Annonçant un jour d’une telle douceur
Que les yeux et le cœur qui cogne puissent louer
Ce monde mortel et s’en satisfaire ;
Que les midis de sècheresse te voient nourri
Par les puissances irréfléchies,
Que les nuits d’insulte te laissent vivre
Sous la garde de tout amour humain.

***

Lullaby

Lay your sleeping head, my love,
Human on my faithless arm;
Time and fevers burn away
Individual beauty from
Thoughtful children, and the grave
Proves the child ephemeral:
But in my arms till break of day
Let the living creature lie,
Mortal, guilty, but to me
The entirely beautiful.

Soul and body have no bounds:
To lovers as they lie upon
Her tolerant enchanted slope
In their ordinary swoon,
Grave the vision Venus sends
Of supernatural sympathy,
Universal love and hope;
While an abstract insight wakes
Among the glaciers and the rocks
The hermit’s carnal ecstasy.

Certainty, fidelity
On the stroke of midnight pass
Like vibrations of a bell,
And fashionable madmen raise
Their pedantic boring cry:
Every farthing of the cost,
All the dreaded cards foretell,
Shall be paid, but from this night
Not a whisper, not a thought,
Not a kiss nor look be lost.

Beauty, midnight, vision dies:
Let the winds of dawn that blow
Softly round your dreaming head
Such a day of welcome show
Eye and knocking heart may bless,
Find the mortal world enough;
Noons of dryness find you fed
By the involuntary powers,
Nights of insult let you pass
Watched by every human love.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Aussi bien (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017


 

SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ !


 

Aussi bien,
cherchez le naturel
il s’en va au galop.

(Laurent Albarracin)

 

 

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