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Poésie

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JUBILATION (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019



Illustration
    
JUBILATION

Une à une, les choses se sont vidées
et il n’a plus rien à faire. Il reste seul,
il regarde ses mains, ses ongles — si étrangers —
se caresse encore une fois le menton, fait attention : —
un autre menton, tout simplement si étranger,
si profondément et si naturellement étranger, que lui-même
en vient à se réjouir de son caractère intact.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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Les espaces du sommeil (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



 

Les espaces du sommeil

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.

Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l’assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.

Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.

Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a vous, vous que j’attends.

Parfois d’étranges figures naissent
à l’instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.

Et l’âme palpable de l’étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d’il y a 2000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.

Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.

Mais qui, présents dans mes rêves,
Obstinés à s’y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.

Toi qui m’appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n’approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu’à la réalité.

Toi qu’en dépit d’un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.

Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d’êtres.

Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi

Dans le jour aussi.
(Robert Desnos)

Illustration: Jean Libon

Découvert ici: http://www.ville-maurecourt.fr/evenement/printemps-des-poetes-2016-a-la-mda

Merci pour la belle soirée du 20/05/2016 : lecture et chants de textes de Robert Desnos par

L’atelier d’écriture Gaz à tous les étages et les jadilleurs 

 


 

 

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Les hivers (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Les hivers la complicité des pas et de la neige
et en dehors du décor
les vents errants
livrés aux forces du hasard
Les saisons retrouvaient naturellement leur lit
les choses les plus humbles leur contrée

(Georges Bonnet)

 

 

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Deux choses me subjuguent (Mubashir ibn Sulaymân « al-Nâshir al-Dalwla »)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2015




Deux choses me subjuguent
et me font perdre de vue le monde:
contempler un beau visage
et choisir des vers qui jaillissent naturellement.

(Mubashir ibn Sulaymân « al-Nâshir al-Dalwla »)

Illustration: Gaston Bussiere

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Il arrive que la poésie déserte les mots (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2015



Il arrive que la poésie déserte les mots
pour se prélasser naturellement
dans les matières d’un tableau
alors elle se purifie

(Hamid Tibouchi)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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