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LE VENT DU TEMPS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    

LE VENT DU TEMPS

Le temps est une tempête : les jours déferlent,
Les tombes profondes s’ouvrent d’une heure à l’autre,
Un courant balaie les rues et les maisons
Trop vite pour qu’on puisse y accoster.
Les villes font naufrage la nuit
Et nous sommes abandonnés, noyés dans cette aube vide.
Aucune terre n’est navigable, aucun oiseau visible.
Et sur les rivages, après la tempête gisent
Les débris du bonheur et de nos êtres passés,
Chambres et maisons mortes, coquillages étouffés.

***

THE WIND OF TIME

Time blows a tempest — how the days run high,
Deep graves are open between hour and hour,
A current sweeps the streets and houses by
Too fast to board them. Cities are wrecked by night
And we left drowning in Ihis empty dawn.
No land is seaworthy, no bird in sight.

And on the shores, after the tempes! lie
Fragments of past delight, and of pas! selves,
Dead rooms and houses, with the strangled shells.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Il existe un fleuve (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: Agnieszka Szuba 
    
Il existe un fleuve qui circule,
à l’insu de tout le monde,
au milieu de tout.

On l’appelle, parfois, rêve,
mais ce n’en est pas un.
C’est une voie navigable.

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

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Un jour il comprit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



bras nuage

Un jour il comprit que ses
bras n’étaient
Faits que de nuages

Impossible avec des nuages d’étreindre à fond
Un corps, une chance.
La chance est ronde et compte lentement
Des étoiles d’été.
Font défaut des bras sûrs comme le vent,
Et comme la mer un baiser.
Mais lui avec ses lèvres
Avec ses lèvres il ne sait dire que des mots

Mots au plafond,
Mots au plancher,
Et ses bras sont des nuages qui font de la vie
Un air navigable.

(Luis Cernuda)

Découvert chez Lara ici

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Malheur (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 

Illustration
    
Malheur

Un jour il comprit que ses bras n’étaient
Faits que de nuages ;
Impossible avec des nuages d’étreindre à fond
Un corps, une chance.

La chance est ronde et compte lentement
Des étoiles d’été.
Font défaut des bras sûrs comme le vent,
Et comme la mer un baiser.

Mais lui avec ses lèvres,
Avec ses lèvres il ne sait dire que des mots ;
Mots au plafond,
Mots au plancher,
Et ses bras sont des nuages qui font de la vie
Un air navigable.

***

Desdicha

Un dia comprendió cómo sus brazos eran
Solamente de nubes;
Imposible con nubes estrechar hasta el fondo
Un cuerpo, una fortuna.

La fortuna es redonda y cuenta lentamente
Estrellas del estío.
Hacen falta unos brazos seguros como el viento,
Y como el mar un beso.

Pero él con sus labios,
Con sus labios no sabe sino decir palabras;
Palabras hacia el techo,
Palabras hacia el suelo,
Y sus brazos son nubes que transforman la vida
En aire navegable.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Je ne sais pas ce que cela veut dire (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je ne sais pas ce que cela veut dire :
aimer la terre, aimer le ciel trompeur,
aimer l’orage, aimer la jeune chair
plus navigable qu’une étoile, aimer.
Je ne sais pas ce que cela veut dire :
haïr une gazelle qui grelotte,
haïr comme un sorcier le vieux soleil
qui déshérite l’équateur, haïr.
Aimer, haïr, ce sont paroles d’homme,
et moi je suis un être élu des dieux :
tournesol au matin, sable à midi
et, vers le soir, une araignée heureuse.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Leurs maisons étaient blanches de silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



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Leurs maisons étaient blanches de silence
leurs nuits lisses de caresses

Les couleurs restaient profondes
en leur avidité première

Leurs espérances navigables
leurs deuils habitables

Un poème parfois éclairait en eux
des lieux sans lumière

(Georges Bonnet)

Illustration: Berthe Morisot

 

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Ange mort, réveille-toi (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015




– Ange mort, réveille-toi.
Où te tiens-tu? Illumine
de ton rayon le retour.
[…]
Pour, sans que je me lamente,
creuser une rivière de lumière douce dans ma poitrine
et rendre mon âme navigable.

***

– Ángel muerto, despierta.
Dónde estàas ? Illumina
con tu rayo el retorno.
Para, sin lastimarme,
cavar una ribera de luz dulce em mi pecho
y hacerne el alma navegable.

(Rafael Alberti)

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