Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘naviguer’

Mathilde (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Mathilde, nom de plante ou de pierre ou de vin,
nom de ce qui est né de la terre, et qui dure,
la croissance d’un mot a fait lever le jour,
dans l’été de ton nom éclatent les citrons.

Sur ce nom vont courant les navires de bois
entourés par l’essaim bleu marine du feu,
les lettres de ton nom sont l’eau d’une rivière
qui viendrait se jeter en mon coeur calciné.

Oh ce nom découvert sous un volubilis,
nom semblable à l’entrée d’un tunnel inconnu
qui communique avec tous les parfums du monde !

Oh envahis-moi de ta bouche qui me brûle,
cherche en moi, si tu veux, de tes yeux de nuit, mais
laisse-moi naviguer et dormir sur ton nom.

***

Matilde, nombre de planta o piedra o vino,
de lo que nace de la tierra y dura,
palabra en cuyo crecimiento amanece,
en cuyo estío estalla la luz de los limones.

En ese nombre corren navíos de madera
rodeados por enjambres de fuego azul marino,
y esas letras son el agua de un río
que desemboca en mi corazón calcinado.

Oh nombre descubierto bajo una enredadera
corno la puerta de un túnel desconocido
que comunica con la fragancia del mundo !

Oh invádeme con tu boca abrasadora,
indágame, si quieres, con tus ojos nocturnos,
pero en tu nombre déjame navegar y dormir.

(Pablo Neruda)

 

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Illusion de jardins accomplis (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Aux racines du rêve
et dans la chair gourmande

Encordés aux mots
à l’affût des étoiles

Nous naviguons vers l’illusion de jardins accomplis

(Andrée Chedid)

Illustration: Marc Chagall

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Avec constance (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019


 


 

Jeanie Tomanek tinydreamboat

Avec constance tu balaies les vents qui te rafraîchiraient
quelle lourdeur de ne pas savoir où aller quand les dauphins emplissent d’arcs la mer
Mais voilà j’ai navigué et je n’ai rien appris et je vivrais mieux si j’ignorais que je vis

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

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Je m’ensevelis dans le sable blanc (Marie-Marcelle Ferjuste)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

Je m’ensevelis dans le sable blanc
Comme les huîtres s’y engloutissent
pendant que pleurent les écrevisses
et se courbent les flamboyants
Dans le va-et-vient des lames
Je regarde le bleu de la mer
Où monte un doux Pater Noster
tandis qu’arrivent les rames
À l’ombre des cocotiers
au loin je vois naviguer les voiliers
quand sur le sable descend le soir
Au fur et à mesure au gré des flots
le sable blanc devient noir très noir
et l’univers se ferme sur mon visage

(Marie-Marcelle Ferjuste)

Illustration: William Bouguereau

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Ce jour, ce jour (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Guy Baron_soleil_couchant

Ce jour, ce jour
où je regarderai la mer — tranquilles, elle et moi —
livré à elle ; toute mon âme
— écoulée enfin en mon OEuvre pleine —
sûre à jamais, comme un grand arbre,
sur la rive du monde ;
dans la sécurité de cime et de racine
du grand oeuvre accompli !

— Ce jour où naviguer
Sera être au repos, car j’aurais
travaillé tant et tant sur moi-même !

Ce jour, ce jour
où la mort — houle noire ! — ne me flattera plus
— et où, sans fin, je sourirai à tout —,
car, ô mes ossements, ce que je lui aurai
laissé de moi sera si peu de chose !

***

¡Ese día, ese día
en que yo mire el mar —los dos tranquilos—,
confiado a él; toda mi alma
—vaciada ya por mí en la Obra plena—
segura para siempre, como un árbol grande,
en la costa del mundo;
con la seguridad de copa y de raíz
del gran trabajo hecho!

— ¡Ese día, en que sea
navegar descansar, porque haya yo
trabajado en mí tanto, tanto, tanto!

¡Ese día, ese día
en que la muerte — ¡negras olas! — ya no me corteje
—y yo sonría ya, sin fin, a todo—,
porque sea tan poco, huesos míos,
lo que le haya dejado yo de mí!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Guy Baron

 

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Instantanés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018





Illustration

    

Instantanés

J’appartiens au silence
Que troublent parfois
Des bruits non désirés
Et je foudroie du regard
Le clapotis des vagues

Les étoiles pâlissent
Que le soleil éclabousse
Fantasque
La lune cabriole
Sur la densité de la nuit
Et des images naviguent
Dans un coin de clarté et de paix
Où sous des cils sombres
Ton regard clair
Décape l’air frais
Sous un ciel coiffé de son bonnet d’hiver

La lumière traverse les volets
Pour modeler ton corps
Et jouer à cache-cache
Avec l’ombre de tes seins

Je sais que c’est par espièglerie
Que tu laisses sur le drap de lit
Ton empreinte indélébile
Mais je dois m’en contenter

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

 

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NAVIGUER (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Berit Kruger Johnsen - (12)

NAVIGUER

J’ai navigué
De nuits de jours

J’ai dérivé
Chaviré
Parmi les flots
Sans havre
Au creux des ouragans

J’ai cherché un écho
A ma voix souterraine
Le passage se murait

A mains pleines
Amassant ma terre
En sa quête rebelle
Sa réponse
Suffirait.

(Andrée Chedid)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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Je me veux sans liens (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Je me veux sans liens
tel un bateau qui navigue.

(Pierre Béarn)

Illustration: Odilon Redon

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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