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Poésie

Posts Tagged ‘navrer’

Étrangère (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Béatrice Douvre
    
Étrangère, native des anges las, je navre les regards.
L’on me vêt de feuilles, de forêts, de virginalités.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La porte (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
La porte

Parmi les vains chemins de cendres et de sable
Et les fauves soleils à l’éclat meurtrier,
Nous avons marché vers toi, Porte redoutable,
Qui fermes l’horizon de tes battants d’acier.

Ton métal flamboyait, tel le glaive de l’ange;
Emportant en nos coeurs l’espoir comme un bleuet,
Nous allions fascinés par ta splendeur étrange
Dans la dure clarté qui nous exténuait

Et plus nous approchions, plus tu semblais géante,
Assujettie au roc, faite d’éternité,
Reflétant les couchants à ta face sanglante,
Incarnant du Destin l’impassibilité.

Aujourd’hui nous voici les doigts à tes ferrures
Et les pieds à ton seuil hérissé de chardons,
Essayant vainement nos clefs à tes serrures,
Attaquant du ciseau tes impeccables gonds;

Nous voici, suppliants que navre ton obstacle,
Sur la rouge colline au sol d’aridité,
Ebranlant ton silence, espérant le miracle
Que depuis sa naissance attend l’humanité.

Nos gestes sont dolents, nos poitrines creusées
Pour avoir trop heurté l’airain de ton vantail
Où la chair de nos mains saignantes s’est lassée
Au cours d’un inutile et décevant travail.

De lents éplorements, des pleurs, des bras en rêve
Des groupes sous la toge et d’autres sous le froc…
Un incessant effort vers toi qui se soulève,
S’effondre en t’abordant, porte scellée au roc…

Tandis que, dominant la foule, oiseau de proie
Guettant quel Prométhée en ses ongles saisir,
Parmi le ciel brûlant obscurément tournoie,
Tel l’antique vautour, l’immuable Dèsir!

(Marie Dauguet)

 

 

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L’amour mouillé (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
L’amour mouillé

Ouvre-moi, je suis sans escorte,
Glacé, fourbu, les membres lourds,
Je t’implore, ouvre-moi ta porte,
O bonne âme, je suis l’Amour.

– Entre, voyageur, entre vite,
Pauvre enfant que l’ombre a noyé,
Pour te réchauffer, je ressuscite
La flamme éteinte à mon foyer.

Done ton carquois et tes flèches,
Ton arc, et, près de l’âtre doux,
Au flamboiement des branches sèches,
Amour, sieds-toi sur mes genoux,

Où ma main tendrement essuie
Ton corps par l’orage marri,
Ton aile que mouilla la pluie…
Que je t’aime d’être meurtri!

Que j’aime voir briller tes larmes
Et les boire à tes cils tremblants;
Combien ta souffrance a de charmes
Et qu’ils sont beaux tes pieds sanglants!

Quel étrange bonheur j’endure,
Triste enfant dans mes bras blotti,
A toucher du doigt tes blessures
Où ma caresse s’alentit.

Entr’ouvre ta lèvre féline
Au plus profond de mes baisers…
Mais, je sens contre ma poitrine
Ton dernier sanglot s’apaiser,

Comme une errante mélodie
Assourdit son ultime accord.
Amour, je sais ta perfidie
Et déjà, sous tes cheveux d’or,

Ton regard se dessille et guette,
Eteignant son désir sournois,
La plus “homicide sagette”
Emmy les dards de ton carquois.

Mais qu’elle est vaine ta traîtrise,
Amour, tant d’art est superflu,
Voici que mon coeur agonise
Pour s’être à ta douleur complu

Et la volupté m’a navrée
D’avoir vu tes larmes couler
Plus que tes flèches acérées,
O Dieu nu que j’ai consolé.

Tu ris et chausses ta sandale,
Oubliant le soir orageux;
Déjà sous le bandeau d’opale
Et dans son manteau vaporeux

L’aube t’attend par la saulaie
Adieu, mais crois que je jouis
Du mal que tu m’as fait, ma plaie
Comme un rosier s’épanouit;

Au vain bonheur que je dédaigne,
Je la préfère, sous mes pleurs
S’effeuille le rosier qui saigne
Et que m’importe si j’en meurs!

(Marie Dauguet)

 

 

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Le son du cor s’afflige vers les bois (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Le son du cor s’afflige vers les bois
D’une douleur on veut croire orpheline
Qui vient mourir au bas de la colline
Parmi la bise errant en courts abois.

L’âme du loup pleure dans cette voix
Qui monte avec le soleil qui décline
D’une agonie on veut croire câline
Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plaine assoupie
La neige tombe à longs traits de charpie
À travers le couchant sanguinolent,

Et l’air a l’air d’être un soupir d’automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone
Où se dorlote un paysage lent.

(Verlaine)

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Comme les oiseaux (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2015


Plus souple à dénouer mes plis
Que le serpent n’ondule,
Ayant tous, ô Vénus Pendule,
Tes rites accomplis;

Quand vint l’heure où le coeur se navre,
Et des fatals ciseaux,
Je mourus, comme les oiseaux,
Sans laisser de cadavre.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Vladimir Kush

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