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J’AI UN ARBRE EN MOI… (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016





J’AI UN ARBRE EN MOI…

J’ai un arbre en moi
Dont j’ai rapporté le plant du soleil,
Poissons de feu ses feuilles se balancent
Ses fruits tels des oiseaux gazouillent.

Les voyageurs depuis longtemps sont descendus de leur fusée
Sur l’étoile qui est en moi,
lls parlent ce langage entendu dans mes rêves,
Ni ordres, ni vantardises, ni prières.

J’ai une route blanche en moi
Y passent les fourmis avec les grains de blé,
Les camions pleins de cris de fête,
Mais cette route est interdite aux corbillards.

Le temps reste immobile en moi,
Comme une odorante rose rouge,
Que l’on soit vendredi et demain samedi
Que soit passé beaucoup de moi, qu’il en reste peu ou prou
Je m’en fous !

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Gustav Klimt

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Je te ferais asseoir au bord de mon lit (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

Je te ferais asseoir au bord de mon lit
je mettrais sous tes pieds ma peau de loup
Et je resterais devant toi mains jointes et tête baissée
je te regarderais, ô joie, je te regarderais émerveillé
Que tu es belle, mon Dieu, ah que tu es belle
L’air et l’eau d’lstanbul à ton sourire
La volupté de ma ville à ton regard
0 ma sultane, Ô ma Maîtresse, si tu permettais
et si ton esclave Nâzim Hikmet l’osait
Ce serait comme s’il respirait et embrassait Istanbul sur ta joue.

Mais garde-toi
garde-toi de me dire  » approche  »
Il me semble que si ta main touchait ma main
je tomberais mort sur le béton.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Alberto Gálvez

 

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Les fenêtres (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

Les fenêtres
Je suis tombé d’une fenêtre en regardant une beauté
Tout le monde s’est moqué de moi
Mais la belle ne s’est même pas retournée
Peut-être ne le savait-elle pas.

Les fenêtres
Les fenêtres,
Les fenêtres de quarante maisons sont entrées dans ma chambre

Sur le bord de l’une d’elles
Je me suis assis

J’ai balancé mes jambes vers les nuages
Et j’aurais pu dire peut-être
Que je suis heureux.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

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LE GLOBE (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

LE GLOBE

Offrons le globe aux enfants, au moins pour une journée.
Donnons-leur afin qu’ils en jouent comme d’un ballon multicolore
Pour qu’ils jouent en chantant parmi les étoiles.
Offrons le globe aux enfants,
Donnons-leur comme une pomme énorme
Comme une boule de pain toute chaude,
Qu’une journée au moins ils puissent manger à leur faim.
Offrons le globe aux enfants,
Qu’une journée au moins le monde apprenne la camaraderie,
Les enfants prendront de nos mains le globe
lls y planteront des arbres immortels.

(Nâzim Hikmet)

 

 

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MES FRÈRES… (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

MES FRÈRES…

Mes frères
Il faut pouvoir atteler nos poèmes
à la charrue du boeuf maigre
Il faut qu’ils s’enfoncent jusqu’aux genoux
Dans la vase des rizières
Il faut qu’ils posent toutes les questions
Il faut qu’ils moissonnent toutes les lumières
Il faut que nos poèmes telles des bornes kilométriques jalonnent les routes
Il faut qu’ils soient le signal avant-coureur de l’approche de l’adversaire
Il faut qu’ils battent le tam-tam dans la jungle
Et tant que sur la terre un seul pays ou même un seul homme est esclave
Et tant qu’il reste au ciel ne serait-ce qu’un seul nuage atomique
Il faut qu’ils donnent tous leurs biens, nos poèmes corps et âme à la grande liberté.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Marc Legris

 

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LA PLUS DRÔLE DES CRÉATURES (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



LA PLUS DRÔLE DES CRÉATURES

Comme le scorpion, mon frère,
tu es comme le scorpion
dans une nuit d’épouvante.
Comme le moineau, mon frère,
tu es comme le moineau
dans ses menues inquiétudes.
Comme la moule, mon frère,
tu es comme la moule
enfermée et tranquille.
Tu es terrible, mon frère,
comme la bouche d’un volcan éteint.

Et tu n’es pas un, hélas,
tu n’es pas cinq,
tu es des millions.
Tu es comme le mouton, mon frère,
quand le bourreau habillé de ta peau,
quand le bourreau lève son bâton

tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
et tu vas à l’abattoir en courant, presque fier.
Tu es la plus drôle des créatures, en somme,
plus drôle que le poisson
qui vit dans la mer sans savoir la mer.
Et s’il y a tant de misère sur terre,
c’est grâce à toi, mon frère.
Si nous sommes affamés, épuisés,
si nous sommes écorchés jusqu’au sang,
pressés comme la grappe pour donner notre vin,
irai-je jusqu’à dire que c’est de ta faute ? Non,
mais tu y es pour beaucoup, mon frère.

(Nâzim Hikmet)

 

 

 

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IMPRESSION (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




IMPRESSION

Le vent
L’étoile
et l’eau…
Le sommeil
d’un rêve africain
tombé dans les flots
Un phare qui luit,
Une nuit
noire
comme un voilier.
Nous allons
et nous venons
Dans ce monde d’étoiles
où tout se perd
sans que rien se dévoile…
L’étoile
dans l’eau.
Le vent.
Les flots
grondants…
On entend
au loin
quelques chants…
Comme l’eau,
Comme l’étoile,
Comme le vent

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Marc Chagall

 

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LÉGENDE DES LÉGENDES (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




LÉGENDE DES LÉGENDES

Nous sommes au bord de l’eau
le platane et moi.
Nous nous reflétons dans l’eau
le platane et moi.

Nous sommes au bord de l’eau
le platane, moi, puis le chat.
Nous nous reflétons dans l’eau
le platane, moi, puis le chat.

Nous sommes au bord de l’eau
le platane, moi, le chat et puis le soleil.
Nous nous reflétons dans l’eau
le platane, moi, le chat et puis le soleil.
Le reflet de l’eau nous effleure
le platane, moi, le chat et puis le soleil.

Nous sommes au bord de l’eau
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.
Nous nous reflétons dans l’eau
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.
Le reflet de l’eau nous effleure
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

Nous sommes au bord de l’eau
Le chat s’en ira le premier,
dans l’eau se perdra son image.
Et puis, je m’en irai, moi,
dans l’eau se perdra mon image.
Et puis s’en ira le platane,
dans l’eau se perdra son image.
Et puis l’eau s’en ira,

le soleil restera
puis, à son tour, il s’en ira.
Nous sommes au bord de l’eau
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.
L’eau est fraîche,
le platane est immense,
moi j’écris des vers,
le chat s’assoupit,
nous vivons, Dieu merci,
le reflet de l’eau nous effleure,
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.

(Nâzim Hikmet)

Illustration

 

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CHANSON (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016





CHANSON

J’ai rêvé de ma bien-aimée
Elle m’est apparue au-dessus des branches
Comme la lune elle traversait les nuages,
Elle allait et je la suivais
Je m’arrêtais, elle aussi s’arrêtait,
Je l’ai regardée et ses yeux m’ont fixé
Et c’est tout ce qui s’est passé …

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Marc Chagall

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C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

C’est Moi, c’est moi qui frappe à votre porte
Ici comme ailleurs, à toutes les portes
Ne vous effrayez pas si je reste invisible
On ne peut voir une petite morte.

J’étais ici voici dix ans déjà
J’ai trouvé la mort à Hiroshima,
Je ne suis qu’une enfant, je n’avais que sept ans
Mais les enfants morts ne grandissent pas.

Mes longs cheveux tout d’abord ont pris feu
Mes mains ont brûlé tout comme mes yeux
Mon corps ne fut plus rien qu’une poignée de cendres
Mêlées au vent dans un ciel nuageux.

Je ne veux rien de vous en vérité,
Pour moi, nul ne peut plus me dorloter
Car l’enfant qui brûla comme papier journal
Vos bonbons jamais ne pourra goûter.

Je frappe à la porte, écoutez-moi donc
Et de votre nom faites-moi le don
Afin que l’on ne tue les enfants désormais
Qu’ils puissent toujours goûter les bonbons.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Roger Somville

 

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