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Poésie

Posts Tagged ‘néant’

LES ANGES DE L’IRRÉEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



    

LES ANGES DE L’IRRÉEL

Les anges de l’irréel nous guettent,
les anges du néant.

L’espoir, le désir immense,
c’est toujours un moment de réalité,
rien qu’un moment!

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈME MATINAL (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration de l’auteur
    
POÈME MATINAL

Semblables au panache de fumée
qui en apparence s’élève du néant
ainsi apparaissent sur la page blanche
les premiers mots.
un nouveau poème
gouttes de rosée scintillantes
sur les pétales de l’aurore.

***

MORGENGEDICHT

So wie manchmal eine Rauchwolke
aufsteigt anscheinend aus dem Nichts
erscheinen auf dem weißen Blatt
die ersten Worte,
ein neues Gedicht:
Tautropfen, die glitzern
auf den Blütenblättern des Tagesanbruchs.

***

晨 诗

就像有时一缕烟

显然不知从何处冒出来一样,
出现在这张白纸上的,
第一句话,
一首新诗:

露珠在黎明的
花瓣上闪闪发光。

原 作:比利时 乔曼·卓根布鲁特

***

POEMA MATINAL

Como a veces un penacho de humo
aparentemente surge de la nada
aparecen sobre la hoja blanca
las primeras palabras
un nuevo poema
gotas de rocío que brillan
sobre los pétalos del amanecer.

***

OCHTENDLIJK GEDICHT

Zoals soms een rookpluim
ogenschijnlijk opstijgt uit het niets
verschijnen op het witte blad
de eerste woorden
een nieuw gedicht:
dauwdruppels die glinsteren
op de bloembladeren van de dageraad.

***

MORNING POEM

Sometimes, like a plume of smoke
rises somehow from nowhere,
appears suddenly on the white sheet
the first words,
a new poem:
dewdrops glittering
on the petals of dawn.

***

POESIA DEL MATTINO

Come a volte un pennacchio di fumo
sembra salire all’apparenza dal nulla,
così appaiono sul foglio bianco,
le prime parole,
di una nuova poesia:
gocce di rugiada che luccicano
sui petali dell’alba.

***

POEMA MATINAL

Como um penacho de fumaça às vezes
surge aparentemente do nada
aparecem sobre a folha branca
as primeiras palavras
um novo poema:

gotas de orvalho que brilham
sobre as pétalas do amanhecer.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 590
Traduction: Français Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois William Zhou / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo DegraziaEditions: POINTS

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Les rares moments de liberté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Les rares moments de liberté
sont ceux durant lesquels
l’inconscient se fait conscient
et le conscient néant
(ou verger fou).

(René Char)

Illustration: Christian Schloe

 

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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront plus qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je ne tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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Sonnet pour éventail (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Sonnet pour éventail

Stupeur! Derrière moi, sans que j’aie existé,
Semant par l’infini les sphères vagabondes
En les renouvelant de leurs cendres fécondes,
A coulé lentement toute une éternité.

Jamais! Puis me voilà dans la nuit rejeté.
Tout est fini pour moi, cependant que les mondes,
L’autre éternité, vont continuer leurs rondes,
Aussi calmes qu’aux temps où je n’ai pas été.

Juste le temps de voir que tout est mal sur terre,
Que c’est en vain qu’on cherche un coeur à l’univers,
Qu’il faut se résigner à l’immense mystère,

Et que, sanglot perdu, lueur aux cieux déserts,
Pli qui fronce un instant sur l’infini des mers,
L’homme entre deux néants n’est qu’un jour de misère.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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Le Grand Dodo (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019


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Le néant, je veux l’appeler
la néante, un mot qui me plaît:
j’y vois une maman géante
(j’ai failli dire une mamante)
qui parmi les étoiles d’or
bercera doucement ma moert.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Quel printemps ? (Yànnis Stiggas)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019



Illustration: Patrick Marquès
    
Quel printemps ?
Quelle promesse ?
Le néant est l’affaire de deux yeux
De tes yeux
la lumière en otage
pour une fleur c’est tout

(Yànnis Stiggas)

 

Recueil: Vagabondages du sang
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Des Vanneaux

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Quand la peur m’envahit (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

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Quand la peur m’envahit que je puis cesser d’être avant
que ma plume n’ait tout glané de mon cerveau fécond, avant
que de hautes piles de livres en beaux caractères ne gardent
comme d’opulents greniers le grain pleinement mûri ; quand
je contemple, sur la face étoilée de la nuit, les énormes
symboles ennuagés d’un céleste poème, et songe que peut-être
ne vivrai-je pas assez pour dessiner leurs ombres d’une
main guidée par l’inspiration magique ; et quand je sens, belle
créature éphémère ! que jamais plus je ne te regarderai, jamais
plus ne savourerai la puissance féerique du don total
d’amour, — alors, sur le rivage du monde immense, je reste
solitaire et médite, — au point qu’amour et gloire s’abîment
jusqu’au néant.

(John Keats)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Sang d’étoile (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Renaud Baltzinger
    
Sang d’étoile

Tu viens des étoiles
et ta parole de lumière
brille
— un défi au néant
ou l’ultime feu d’une mémoire
abolie ?

Tu reviens
des étoiles
et ton regard enfin
s’ouvre
sur la lumière perdue
mais future
de notre exil inassouvi.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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