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Posts Tagged ‘néant’

HOMMAGE AU SOUFFLE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



 

Harumi Asada  ed3_z

HOMMAGE AU SOUFFLE

Tu t’avances pour lire
et les mots se reflètent sur ton visage
le désir prie toujours
même quand la langue se tait
tu t’avances
comme un frère universel
contre le bourdonnement du Grand Malheur
contre les dressages intensifs
tu le sais
chaque rose est une syllabe
précipitée
depuis le dernier étage de la hauteur
chaque rose
est un hommage
au souffle couleur feu
chaque rose
repousse le noir du monde
tu le sais
le souffle est le fil du chapelet
le souffle avec toi
le souffle devant toi
le souffle derrière toi
contre toutes les flaques de néant
tu inclines ton visage
vers le ciel
tu te laisses chuter
vers les constellations
le verbe en croix
et le désordre divin
la pensée est dans la bouche
dit Tzara
le vide se vide de son plein
dit Luca
tu ne laisses pas la mort
descendre vers l’été
tu ne passes rien sous silence
tu enroules l’alphabet sur lui-même
tu remontes vers ton centre
tu t’entraînes pour l’éternité
tu installes des barricades pour les vivants
les hauts vivants
fenêtres ouvertes sur la voix
neige de New York et cendres de Bénarès
les vivants de toujours
boussoles au coeur battant
les vivants qui rattrapent la lumière
les vivants aux langues d’herbes folles
les vivants
jusqu’à l’extrémité des terres
le tourbillon des exilés de tout
le compte à rebours des précipices
porteurs d’offrandes
renverseurs du coeur
les vivants aux énergies sans nombre
ceux qui prennent refuge dans l’immense
les guerriers à la peau sonore
les allumeurs d’amour

(Zéno Bianu)

Illustration: Harumi Asada

 

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Du sable au creux d’une main… (Extrait) (William J.-F. Syad)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020




    

Du sable au creux d’une main… (Extrait)

Comme
le Khamsine
du désert
Tu as passé
dans ma vie
et pour toute
trace
Tu n’as laissé
que des sillons
vagues
et ce répit
de grâce

Je ne suis
je Te prie de croire
ni poète
ni écrivain
et pourtant quelque esprit
me pousse
à prendre la plume
griffonner les quelques pensées
palpables
que j’essaie
dans ma hantise rêverie
de toucher du doigt

Je ne suis
je Te prie de croire
ni poète
ni écrivain
et pourtant Tu vibres en moi
comme une pensée
insolite
qui vient déranger
l’instant
où je vis

je Te prie de croire
Je ne suis
ni poète
ni écrivain
mais une pensée
vouée à l’éternel néant
où tout est vibration
dans l’engrenage transitoire
où tout est rien
je ne suis
qu’une vibration
dans la myriade des mortels

(William J.-F. Syad)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CETTE ÉCHARDE DE NÉANT (Carolyn Mary Kleefeld)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Carolyn Mary Kleefeld
    
CETTE ÉCHARDE DE NÉANT

Oh toi si éloigné
mais pourtant si intime dans
ta manière sereine de me posséder
Aimerais-je l’inconnu,
plutôt que toi ?

Est-ce la distance que nous gardons
qui fait naître notre intimité ?

Oh inconnu,
pourquoi ta voix enferme-t-elle
une telle richesse –
une richesse qui dilate
mon cœur faiblissant ?

Oh souffle de vie
suis-je à la recherche des étoiles
d’un rêve qui ne se réalisera jamais ?

N’y a t- il que cet oubli
de l’autre côté de la mort ?

Arrache-moi des ombres
qui décapent ma vie.

Prends-moi, enlace-moi
dans cette écharde de néant
où durant un instant
l’on ressent la perfection

***

THAT SLIVER OF NOTHINGNESS

O you, who are so distant,
yet so intimate in
your silent possession of me
Am I loving the unknown,
rather than you?

Is it the distance we keep
that breeds our intimacy?

O unknown one,
why does your voice
hold such richness –
a richness that brightens
my waning heart?

O breath of life,
am I searching for the stars
of a dream never to be?
Is there only this oblivion
outside of death?

Lurch me from the shadows
that leach my life.

Take me, embrace me
in that sliver of nothingness
that for a moment,
can feel so complete.

***

ESSA ESTILHA DO NADA

Ó, tu que estás tão distante,
mas tão íntimo na
tua silenciosa possessão de mim
estou amando o desconhecido
em vez de ti?

É a distância que mantemos
que gera a nossa intimidade?

Ó, desconhecido,
porque a tua voz tem
tais riquezas –
riquezas que iluminam
o meu coração minguante?
Ó, sopro da vida,

estou buscando as estrelas
de um sonho que nunca será?
Existe só este esquecimento
além da morte?

Tira-me das sombras
que misturam a minha vida.
Toma-me, abraça-me,
nessa estilha do nada
que por um momento
pode sentir-se tão completa.

***

ARGINTUL ACESTA VAN

Oh tu, care îmi ești străin,
și cunoscut deopotrivă
tăcut mă iei în stăpânire
oare iubesc necunoscutul,
cu mult mai mult decât pe tine?
E oare spațiul dintre noi
cel care dorul ni-l nutrește?
Oh tu, necunoscutul meu,
de ce îmi pare glasul tău
bogat nespus în nestemate
de ce când inima-mi inundă,
lumina lor, ea tot descrește?
Oh, tu suflare-a vieții mele,
deși te caut printre stele
ai să rămâi numai un vis?
E-adevărat că doar uitarea
va dăinui când vom pleca?
Dezleagă-mă de-acele umbre
care m-au prins în mreaja lor.
Cuprinde-mă-n îmbrățișarea
argintului acesta van
să simt măcar pentru o clipă
că visul mi s-a împlinit.

***

DE SPLINTER VAN HET NIETS

O, jij, die zo ver weg bent,
maar toch zo intiem in
jouw, zwijgzaam bezit van mij bent─
Bemin ik het onbekende,
in plaats van jou?
Is het de afstand die we houden
die onze vertrouwelijkheid doet ontstaan?
O onbekende,
waarom bevat jouw stem
zo een rijkdom─
een rijkdom die opfleurt
mijn tanend hart?
O levensadem,
ben ik op zoek naar de sterren
van een droom die nooit plaats zal vinden?
Is er alleen dit vergeten
aan gene zijde van de dood?
Ruk mij uit de schaduwen
die mijn leven uitlogen.
Neem me, omhels me
in die splinter van het niets
die een ogenblik lang,
zo volkomen voelt.

***

ESA ASTILLA DE LA NADA

Oh tú, que estás distante, tan distante, tú,
pero tan íntimo en
tu silenciosa posesión de mí –
¿Estoy amando lo desconocido,
en lugar de a ti?

¿Es la distancia que mantenemos
la que engendra nuestra intimidad?

Oh, desconocido,
¿por qué tu voz tiene
tales riquezas –
una riqueza que ilumina
mi decadente corazón?

Oh, aliento de vida,
¿estoy buscando las estrellas
de un sueño que nunca se cumplirá?
¿Sólo existe este olvido
fuera de la muerte?

Sácame de las sombras
que disuelven mi vida.
Tómame, abrázame
en esa astilla de la nada
para que, por un momento,
pueda sentirme tan completa.

***

***

FLÍS AF ENGU

Ó þú sem ert svo fjarri
en samt svo náinn
þegar þú gagntekur mig orðalaust –
Elska ég hinn ókunna
fremur en þig?

Er það fjarlægðin milli okkar
sem elur af sér nándina?

Ó ókunni maður,
hvers vegna býr rödd þín
yfir slíkum auði –
auði sem lýsir upp
mitt veikburða hjarta?

Ó lífsandi,
leita ég að stjörnum
úr draumi sem aldrei verður?

Er aðeins hyldýpi
handan dauðans?

Hreinsaðu mig af skuggunum
sem má út líf mitt.

Taktu mig, umvefðu mig
þessari flís af engu
sem andartaksstund
getur virst svo fullkomin.

***

***

JENER SPLITTER DES NICHTS

O du, der du so weit entfernt bist
doch so innig
still von mir Besitz genommen hast –
Liebe ich das Unbekannte,
eher als dich?

Ist es der Abstand, den wir halten
der unsere Vertrautheit erzeugt?

O Unbekannter,
Warum enthält deine Stimme
solchen Reichtum –
ein Reichtum, der
mein verlöschendes Herz erhellt?

O Lebensatem,
suche ich nach den Sternen
eines Traumes der sich nie erfüllt?

Gibt es nur dieses Vergessen
jenseits des Todes?
Ziehe mich aus den Schatten
die mein Leben auslaugen.
Fasse mich, umarme mich
in diesem Splitter des Nichts
der sich für einen Augenblick,
so vollkommen anfühlt.

***

QUELL’ ESILE FILO DI NULLA

O tu che sei così distante,
eppure così intimo nel
tuo silenzioso possesso di me –
amo io lo sconosciuto,
invece di te?

È la distanza che manteniamo
che fa crescere la nostra intimità?

O sconosciuto,
perché la tua voce contiene
tanta ricchezza? –
una ricchezza che illumina
il mio scemante cuore?

O fiato di vita,
son io in cerca di stelle
di un sogno che mai si avvererà?
Esiste solo quest’oblio fuori della morte?

Tirami con forza dalle ombre
che sciolgono la mia vita.
Prendimi, abbracciami
in quell’esile filo di nulla
che per un momento,
può farti sentire completa.

***

***

***

 

***

(Carolyn Mary Kleefeld)

 

Recueil: ITHACA 615
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Américain / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Persan / Islandais Thor Stefánsson / Indi Jyotirmaya Thakur / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Gaetano Cipolla / Arabe Sarah Silt / Japonais Naoshi Koriyama / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman /
Editions: POINT

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POÈME MATINAL (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration de l’auteur
    
POÈME MATINAL

Semblables au panache de fumée
qui en apparence s’élève du néant
ainsi apparaissent sur la page blanche
les premiers mots.
un nouveau poème
gouttes de rosée scintillantes
sur les pétales de l’aurore.

***

MORGENGEDICHT

So wie manchmal eine Rauchwolke
aufsteigt anscheinend aus dem Nichts
erscheinen auf dem weißen Blatt
die ersten Worte,
ein neues Gedicht:
Tautropfen, die glitzern
auf den Blütenblättern des Tagesanbruchs.

***

晨 诗

就像有时一缕烟

显然不知从何处冒出来一样,
出现在这张白纸上的,
第一句话,
一首新诗:

露珠在黎明的
花瓣上闪闪发光。

原 作:比利时 乔曼·卓根布鲁特

***

POEMA MATINAL

Como a veces un penacho de humo
aparentemente surge de la nada
aparecen sobre la hoja blanca
las primeras palabras
un nuevo poema
gotas de rocío que brillan
sobre los pétalos del amanecer.

***

OCHTENDLIJK GEDICHT

Zoals soms een rookpluim
ogenschijnlijk opstijgt uit het niets
verschijnen op het witte blad
de eerste woorden
een nieuw gedicht:
dauwdruppels die glinsteren
op de bloembladeren van de dageraad.

***

MORNING POEM

Sometimes, like a plume of smoke
rises somehow from nowhere,
appears suddenly on the white sheet
the first words,
a new poem:
dewdrops glittering
on the petals of dawn.

***

POESIA DEL MATTINO

Come a volte un pennacchio di fumo
sembra salire all’apparenza dal nulla,
così appaiono sul foglio bianco,
le prime parole,
di una nuova poesia:
gocce di rugiada che luccicano
sui petali dell’alba.

***

POEMA MATINAL

Como um penacho de fumaça às vezes
surge aparentemente do nada
aparecem sobre a folha branca
as primeiras palavras
um novo poema:

gotas de orvalho que brilham
sobre as pétalas do amanhecer.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 590
Traduction: Français Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois William Zhou / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo DegraziaEditions: POINTS

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A bord de la « Virginie» (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



A bord de la « Virginie»

Voyez, des vagues aux étoiles,
Poindre ces errantes blancheurs!
Des flottes sont à pleines voiles
Dans les immenses profondeurs;
Dans les cieux, des flottes de mondes,
Sur les flots, les facettes blondes
De phosphorescentes lueurs.

Et les flottantes étincelles,
Et les mondes au loin perdus,
Brillent ainsi que des prunelles;
Partout vibrent des sons confus,
Disant les légendes nouvelles;
Le coq gaulois frappe ses ailes.
Au guy, l’an neuf, Brennus, Brennus.

L’aspect de ces gouffres enivre.
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vents!
Il devient trop étroit de vivre
Tant ici les songes sont grands.
Ne vaudrait-il pas mieux renaître,
Et s’insurger pour disparaître,
Dans le fracas des éléments!

Enflez les voiles, ô tempêtes!
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vent!
Que l’éclair brille sur nos têtes!
Navire, en avant! en avant!
Pourquoi les brises monotones?
Ouvrez vos ailes, ô cyclones!
Traversons l’abîme béant.

(Louise Michel)


Illustration

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L’Espace Restant (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2020




    
L’Espace Restant

L’automne arrive comme une mise en demeure
et la nuit compte sur la chambre noire de nos sommeils pour développer ses négatifs.
La peur nous cerne, nous accule aux mensonges les plus escarpés,
réduisant notre espace à quelque échafaudage mal domestiqué.
L’amour amadoue la brutalité des miroirs,
l’amour transforme le néant vaste et noir en cathédrales d’espérance.
L’automne arrive comme un coup de semonce
et l’aube précipite l’espace de la nuit dans les angles morts de l’éveil.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les Cahiers du Sens
Traduction:
Editions: Le Nouvel Athanor

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Je voudrais m’endormir (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Je voudrais m’endormir

dans un delta. Dans le triangle au tracé tremblant
dessiné par l’eau de la rivière, qui coule en pente douce
et devient une déesse aux mille bras, puis disparaît
dans le goût saumâtre du néant.

Je voudrais m’endormir dans un delta
sans savoir ce que veut dire
cette phrase surgie de nulle part,
à moins qu’elle ne rappelle une jeune géante
dont les jambes s’ouvriraient pour moi.

(Gérard Macé)


Illustration: Gilbert Garcin

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Dette d’amour (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Reconnaître cette dette d’amour
dont nous restons à jamais les débiteurs insolvables,
puisque du néant il nous est advenu de naître, d’être là,
doués, infectés, affectés de parole,
comme l’immensité des ténèbres l’est
d’une lumière rare et mystérieuse.

(Werner Lambersy)


Illustration: Odilon Redon

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Ton regard (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Ton regard
Dont le monde a besoin pour
Savoir sa beauté
L’instant avide
Dont le néant se servira pour
Me convaincre

Qu’il laissera un peu de place
À ce qui est plutôt qu’a
Ce qui ne pourrait pas sans toi

(Werner Lambersy)

Illustration: Muro

 

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MAINTENANT… (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2020




MAINTENANT…

Maintenant que tu m’as d’une ardeur si profonde
Aimé dans mes départs, aimé dans mes retours,
Maintenant que, pour mieux enchaîner notre amour ;
Tu mêles à tes cheveux bruns mes boucles blondes ;

Maintenant que, rieuse et grave tour à tour,
De joie ou de tristesse à ton gré tu m’inondes,
Je n’aurai pas de crainte, il me semble, le jour
Où je devrai laisser ce doux et triste monde.

Car serait-ce demain, serait-il même vrai
Que le néant suivît l’instant désespéré,
Mon amour ici-bas prolongerait mon âme ;

Et plus subtil, plus doux, plus tendre, plus vainqueur
D’avoir pris pour revivre un visage de femme,
Maintenant je vivrais tout entier dans ton coeur …
Cet amour vit encore après les feuilles mortes…

(Emile Ripert)

 

 

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