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Posts Tagged ‘nébuleux’

Suite ininterrompue… (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Suite ininterrompue…

Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin

Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline

À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol

Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée

Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur

J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable

Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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EXTINCTION DES FEUX (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Clarel Neme   (11)

 

EXTINCTION DES FEUX

Toujours aussi fou que dans tes saisons-soleil
sous un visage serein la passion t’embrase
rebelle à tout nébuleux espoir d’au-delà
pourtant mal résigné à te savoir mortel

Un inconnu par hasard pourrait feuilleter
l’un de tes ouvrages empoussiéré d’oubli
ses yeux effleureront un fragment de poème
soudain distraits par le profil d’une passante

Et ton poème retournera au néant
car les mots de papier en silence agonisent
lorsqu’à jamais s’efface une voix intérieure
dotée du pouvoir de leur insuffler vie

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Clarel Neme

 

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MITLA (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018


 


 

Mitla Ruins 3

MITLA

Dames du présent et de l’oubli
les fourmis parcourent
les espaces du silence
emportant des grappes de vie
vers le monde des ombres

Comme des vampires aux ailes ouvertes
à l’horizon, se profilent, nébuleux,
les seigneurs émaciés de la mort,
qui ne font pas d’ombre sur le sable,
ni le vent ni l’instant ne les touchent.

Entre les rochers brisés qu’un jour ils détruiront
sur leur cheval ancien qui un jour tombera
sans aucun souvenir des dieux éteints
ni du fleuve impassible changé en bruine
je vois le soleil couchant

Lentes, les ombres descendent
sur les chemins chauves du Mont Alban,
elles voyagent vers l’autre monde
à travers pierres et murets
tremblantes et froides

Dans le jardin délabré au bord d’une tombe
un prêtre desséché dans sa chemise grecque
jette son spectre à la poussière
et trace d’un doigt maigre
les constellations évanouies.

(Homero Aridjis)

Illustration

 

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Le Rouge-Gorge (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Le Rouge-Gorge

Ne maudissez pas la vie parce qu’elle a des jours nébuleux et sombres :
l’homme passe plus vite encore que les nuages qui l’attristent.
Traversez par la pensée le voile qui vous cache les cieux,
et le soleil ne vous manquera pas.

Ne laissez pas de pâles brouillards obscurcir votre lampe,
et désarmez l’hiver par votre sérénité.
Quand la terre grelotte sous sa robe de givre,
et que la buse met en fuite tous les oiseaux,
ces frileux courtisans des beaux jours,
le petit rouge-gorge cherche à dédommager la nature de leur absence.

Oublieux des frimas, et bien loin souvent des granges hospitalières,
il sautille et chante dans la neige.

Soyez comme lui, poètes, et chantez dans les larmes :
votre cœur aura moins froid.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

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Chambre d’à côté (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Eugène Carrière
    
Chambre d’à côté

A travers une nuit en plein jour
Vaguement j’ai rencontré la mort.
Nul lévrier ne l’accompagne ;
Elle vit dans les étangs disséqués,
Fantômes gris de pierre nébuleuse.

Pourquoi dans le sommeil, glissée avec la peur,
Cette peur imprévue fait-elle frémir le dormeur ?
Voyez l’oubli vaincu et la peur de tant d’ombres blanches
Sur les pâles dunes de la vie,
Ni ronde ni bleue, mais lunatique,
Avec ses blanches lagunes, ses bois
Où le chasseur s’il le veut fait la chasse au velours.

Mais aucun lévrier n’accompagne la mort.
D’un grand amour elle n’aime que les oiseaux,
Oiseaux toujours muets, comme l’est le secret,
Et ses grandes couleurs formant un tourbillon.
Tout autour du regard fixement métallique.

Et les dormeurs défilent comme des nuages
Au fil d’un ciel trompeur où se heurtent les mains,
Les mains d’ennui qui chassent des velours, des nuages négligents.

Sans vie il vit solitaire profondément.

***

Habitación de al lado

A través de una noche en pleno día
Vagamente he conocido a la muerte.
No la acompaña ningún lebrel;
Vive entre los estanques disecados,
Fantasmas grises de piedra nebulosa.

c Por qué soñando, al deslizarse con miedo,
Ese miedo imprevisto estremece al durmiente ?
Mirad vencido olvido y miedo a tantas sombras blancas
Por las pálidas dunas de la vida,
No redonda ni azul, sino lunática,
Con sus blancas lagunas, con sus bosques
En donde el cazador si quiere da caza al terciopelo.

Pero ningún lebrel acompaña a la muerte.
Ella con mucho amor sólo ama los pájaros,
Pájaros siempre mudos, como lo es el secreto,
Con sus grandes colores formando un torbellino
En torno a la mirada fijamente metálica.

Y los durmientes desfilan como nubes
Por un cielo engañoso donde chocan las manos,
Las manos aburridas que cazan terciopelos o nubes descuidadas.

Sin vida está viviendo solo profundamente.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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D’où viens-tu ? (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016



 

— D’où viens-tu ?
— Les crânes prolifèrent

— Que veux-tu ?
— Rien ne mûrit dans l’oubli
Rien ne fut trouvé dans la grotte du ciel
Dieu est un pauvre oiseau dans le vent
un lys nébuleux et timide
un fleuve de nuages

— Déguise-toi sans te soucier de ta mort
Demain le néant te conduira
abandonnant ta légende naïve
à la cécité de la terre

(Aïcha Arnaout)

Illustration

 

 

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AMOUR IMMACULÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



AMOUR IMMACULÉ

Je sais en une église un vitrail merveilleux
Où quelque artiste illustre, inspiré des archanges,
A peint d’une façon mystique, en robe à franges,
Le front nimbé d’un astre, une Sainte aux yeux
bleus.

Le soir, l’esprit hanté de rêves nébuleux
Et du céleste écho de récitals étranges,
Je m’en viens la prier sous les lueurs orange
De la lune qui luit entre ses blonds cheveux.

Telle sur le vitrail de mon coeur je t’ai peinte,
Ma romanesque aimée, ô pâle et blonde sainte,
Toi, la seule que j’aime et toujours aimerai;

Mais tu restes muette, impassible, et, trop fière,
Tu te plais à me voir, sombre et désespéré,
Errer dans mon amour comme en un cimetière !

(Emile Nelligan)

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