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Ô ma vraiment peu sage et catégorique dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration
    
ô ma vraiment peu sage et catégorique
dame aux mains de poupée mélancolique

(dont la nudité est pressée d’entourer
son dernier geste exquisément lubrique
d’un certain décorum acceptable et
petit)ô ma dame entièrement faite
pour l’amour
(et ce qui de moi subsiste
tes seins m’embrassant timidement le compliquent)

seul ton baiser toujours me saisira vraiment.

Toujours mes bras ne serrent complètement
dans la nuit effrayante et radieuse
que ta passionnante nudité affolée

—toujours je ressors seulement de quelque chose

de toi négligé magnifique et sans geste

***

o my wholly unwise and definite
lady of the wistful dollish hands

(whose nudity hurriedly extends
its final gesture lewd and exquisite,
with a certain agreeable and wee
decorum)o my wholly made for loving
lady
(and what is left of me
your kissing breasts timidly complicate)

only always your kiss will grasp me quite.

Always only my arms completely press
through the hideous and bright night
your crazed and interesting nakedness

—from you always i only rise from something

slovenly beautiful gestureless

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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ANÉMONES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



ANÉMONES

Se faire ensorceler – il n’y a rien de plus simple.
C’est un des plus vieux trucs du printemps et de la terre :
les anémones. Qui sont inattendues, d’une certaine manière.
Elles surgissent des frémissements brunis de l’année écoulée,
en des lieux négligés où sinon le regard ne s’arrêterait jamais.
Elles flambent et elles planent, oui, c’est ça, elles planent,
ce qui est dû à la couleur.
Cette-ardente teinte violacée qui n’a plus de poids à présent.
Car ici, c’est l’extase, même si elle est assourdie.
«La carrière» – chose déplacée! « Le pouvoir » et «la publicité » – choses ridicules !
Certes, ils avaient arrangé une grande réception, là-haut à Ninive, fait ripaille et moult ribotes.
Rutilants – au-dessus des têtes, les lustres en cristal flottaient, tels des vautours de verre.
À la place d’une pareille impasse, encombrée et bruyante,
les anémones ouvrent un couloir secret vers une fête authentique, d’un silence absolu.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Cette écrasante présence du vide! (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Quel silence, partout.
Et cette écrasante présence du vide!
Dieu est là. Je le sens.

Le Rien est soupir d’éternité,
aveu négligé d’infini.

(Edmond Jabès)

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Est-ce encor moi malgré son visage en allé (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit
Et mon coeur sans raison
Près des volets fermés
Et ce grand mouvement
Au fond de la maison
Et ce qu’elle a pris
Dans ces sombres bagages?

Ce qu’elle a négligé.

(Jules Supervielle)

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