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Poésie

Posts Tagged ‘négligence’

Ciguë (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Ciguë

Lors de la révolte et du départ de ses sujettes,
celle que la Fée aux Fleurs regretta le moins fut la Ciguë.
A quoi lui servait en effet cette fleur triste et solitaire,
toujours pelotonnée dans des recoins obscurs, sinistres,
renfrognée, se cachant comme pour méditer un crime?
Une fois sur la terre, elle ne s’occupa guère de la surveiller,
en quoi elle eut grand tort.

Xanthis de Thrace, Locuste la Romaine, Brinvilliers la Parisienne,
ne sont qu’une seule et même femme:
c’est la Ciguë qui a successivement animé ces trois corps.
La négligence de la Fée aux Fleurs
lui a permis d’exercer plusieurs fois son affreux métier.
Depuis la mort de la Brinvilliers,
la Ciguë est entrée dans d’autres corps.
Nous voyons surgir de temps en temps quelques empoisonneuses
qui indiquent clairement la présence de la Ciguë sur la terre.

Nous pétitionnons auprès de la Fée aux Fleurs
pour qu’elle la rappelle dans son royaume, et la place pour l’éternité
sous la surveillance de la haute police.

(J.J. Grandville)

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L’oiseau glisse sur un cable aérien (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

l’oiseau glisse sur un cable aérien
soudain s’élève
comme on grimpe une falaise abrupte

un mot lit tout l’azur
équilibre le vent
s’efface à la moindre négligence

(Yang Lian)

Illustration

 

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Ô toi asservi au froid de l’hiver (Rûmi)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



Ô toi asservi au froid de l’hiver
comme le corbeau

Tu es privé du rossignol,
de la roseraie et du jardin

Écoute ! Si par négligence
tu laisses échapper cet instant

Tu feras bien des recherches,
avec cent yeux et cent flambeaux.

(Rûmi)

Illustration

 

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LE TALISMAN (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015




LE TALISMAN

Là où la mer toujours mouvante
Bat sur des rocs inhabités,
Là où la lune est plus brillante,
Dans la douceur du soir tombé,
Là où dans son harem raffine
Tous ses plaisirs le musulman,
Une sorcière très câline
M’a confié un talisman.

Elle me dit, la caresseuse
«Conserve-le, mon talisman
Car sa force est mystérieuse,
Je te l’ai donné en t’aimant.
Dans l’ouragan, dans la tempête
Ou si tu es faible ou mourant,
Il ne sauvera pas ta tête,
Oh mon chéri, ce talisman.

Il n’est pas fait pour la conquête
Des richesses de l’Orient;
Les admirateurs du Prophète,
Il n’en fera pas tes manants.
Et loin des terres étrangères,
Sur le sein que tu aimes tant,
Vers ton pays, ne compte guère
Que t’emporte mon talisman.

Mais quand devant des yeux perfides,
Tu te sens soudain succomber,
Quand, la nuit, une lèvre humide
T’embrasse sans vraiment t’aimer,
Contre les nouvelles souffrances
Du coeur, contre tous les tourments,
Les trahisons, les négligences,
Te protège mon talisman.»

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Soudain, une de ces épaves mnémoniques vous frappe par son évidence (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2015


 


Carl Larsson esbjorn-doing-his-homework(1).jpg!HD [1280x768]

Soudain, une de ces épaves mnémoniques vous frappe par son évidence :
elle se trouvait toujours là, c’est vous, par débilité ou négligence, qui ne saviez plus la voir.
Aussitôt, automatiquement, elle entraîne le mécanisme libérateur de la mémoire affective (ou spontanée).
Non seulement l’image particulière retrouve sa netteté et son accent d’authenticité,
mais encore, c’est toute la pièce qu’elle transforme et ressuscite.
En même temps elle vous permet, pendant un éclair, de redevenir celui qui la contemplait jadis…

(André Hardellet)

Illustration: Carl Larsson

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