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Poésie

Posts Tagged ‘négliger’

Est-ce encor moi (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



lllustration: Marie Coisnon
    
Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit
Et mon coeur sans raison
Près des volets fermés
Et ce grand mouvement
Au fond de la maison
Et ce qu’elle m’a pris
Dans ses sombres bagages ?

Ce qu’elle a négligé.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelqu’un m’a dit (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




    
L’essentiel

Quelqu’un m’a dit – avec du miel –
Que dans mes poèmes, charmants,
Je négligeais « l’essentiel »
Et que vraiment, vraiment, vraiment…

Et j’ai baissé le nez, confuse,
Me demandant obscurément
Quel est ce crime sans excuse
Digne du plus grand châtiment ?

Qu’appelle-t-on l’essentiel ?
Et quelle est cette faribole ?
Pour moi, c’est un nuage dans le ciel,
Une hirondelle en plein vol,

C’est le ruisseau, c’est la fontaine,
Le conte « il était une fois… »
Des quatre jeudis la semaine
Ou bien la galette des Rois.

Et si je n’ai point de « message »
A vous transmettre gravement,
Pourquoi me déguiser en mage
Et feindre un terrible tourment ?

L’essentiel, c’est que ma Muse
Ne s’ennuyant ne vous ennuie,
Ni que, bêcheuse, elle refuse
De vous distraire un jour de pluie.

(Brigitte Level)

 

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Ce qui se retire (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
Ce qui se retire,
ce n’est pas la mer,
mais toi simplement
dont la voix se perd,
dont le souffle se mêle
au vent d’aval.

C’est toi qui te retires
en suivant l’incendie,
en négligeant la cendre,
en sachant que le temps
a inversé son cours.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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LE RANDONNEUR (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



LE RANDONNEUR

Je ne remarque pas les hauteurs alentour,
Ni les couleurs habillant les bosquets ;
Je ne vois pas l’herbe des prés
Constellés de marguerites.

Je n’entends pas le contralto
Des coucous là-bas sous le couvert
Le cri tremblé de l’engoulevent
Quand le soir de son voile assombrit la terre.

Certains disent que l’oiseau, l’arbre, le pré,
Tous en verve d’amour divin,
Sont l’objet de leurs soins fidèles :
Cette ardente ferveur n’est pas la mienne.

Les airs que j’entends alentour,
Les visages, les signes, les formes,
Je les ai négligés alors qu’ils m’étaient proches,
Et maintenant je les comprends trop tard !

***

THE RAMBLER

I do not see the hills around,
Nor mark the tints the copses wear ;
I do not note the grassy ground
And constellated daisies there.

I hear not the contralto note
Of cuckoos hid on either hand,
The whirr that shakes the nighthawk’s throat
When eve’s brown awning hoods the land.

Some say each songster, tree, and mead —
All eloquent of love divine —
Receives their constant careful heed :
Such keen apparaisement is not mine.

The tones around me that I hear,
The aspects, meanings, shapes I see,
Are those far back ones missed when near,
And now perceived too late by me !

(Thomas Hardy)

Illustration: Alberto Giacometti

 

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Les mains (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



Ce sont vos mains qui font la caresse ici-bas;
Croyez qu’elles sont soeurs des lys et soeurs des ailes:
Ne les méprisez pas, ne les négligez pas,
Et laissez-les fleurir comme des asphodèles.

(Germain Nouveau)

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NOTES POUR LE PETIT JOUR (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



NOTES POUR LE PETIT JOUR

Des femmes crient dans la poussière. Car chanter,
comment chanterait-on sous ces pierres friables ?
La ville avec ses bruits, ses grottes, sa clarté,
n’est qu’un des noms pour ces grands empires de sable
dont le dernier commerce est d’ombre et de lumière.
Mais toujours, sur ces gouffres d’eau, luit l’éphémère…

Et c’est la chose que je voudrais maintenant
pouvoir dire, comme si, malgré les apparences,
il m’importait qu’elle fût dite, négligeant
toute beauté et toute gloire : qui avance
dans la poussière n’a que son souffle pour tout bien,
pour toute force qu’un langage peu certain.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Ludovic Florent

 

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J’ai négligé (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2015


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J’ai négligé l’air blanc
qui s’abat autour de nous
sans un mot
jusqu’à la pluie sans reproche,
au cri des moellons

(André du Bouchet)

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Post-scriptum (Nico Naldini)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



Post-scriptum

Souvent encore en rêve
je remonte jusqu’à l’inconfort
de notre grenier,
jusqu’à l’accumulation de notre passé
tombé dans une telle poussière
sous le vertige des poutres
frémissant à chaque orage.
Les détritus de notre vie
volent 1à-haut
sans négliger encore
leur plainte.

***

Post-scriptum

Spesso ancora nei sogni
m’innalzo allo sconforto
del nostro solaio,
all’accumulo del nostro passato
caduto in tanta polvere
sotto la vertigine delle travi
frementi a ogni temporale.
Lassù volati
i detriti delle nostre vite
ancora non tralasciano
Il loro lamento.

(Nico Naldini)


Illustration

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