Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘neige’

U (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Le vent a soufflu
La pluie a tombu
La neige a fondu
La grêle a grêlu
L’tonnerre a tonnu

L’éclair a brillu

et ça…

ça m’a plu !

(Alain Boudet)


Illustration: Pierre-Paul Feyte Chasseur … du Tonnerre!!

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Blonde au froid coloris (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Alexey Steele
    
Blonde au froid coloris

Blonde au froid coloris, perverse et virginale,
Toi qui, dans la moiteur des nuits de bacchanale,
Mêles des lys meurtris à tes cheveux défaits,
Tu n’aimes que les lits de paresse et de paix,

La musique des mots et des murmures mièvres.
Ton baiser se détourne et glisse sur les lèvres.
Et j’ignore pourquoi, dans un silence amer,
Tu me livres l’ennui languissant de ta chair.

Compagne au front distrait de ma lugubre couche,
Tu me livres l’ennui languissant de ta bouche,
Tes yeux sont des hivers pâlement étoilés…

La neige qui fleurit les monts immaculés
Est moins froide à frôler que ta pâle luxure.
Oh ! Le charme et l’horreur de ta blancheur impure !

(Renée Vivien)

 

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A la Bien-Aimée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



A la Bien-Aimée

Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
Et ma voile de soie et mon jardin de lys,
Ma cassolette d’or et ma blanche colonne,
Mon parc et mon étang de roseaux et d’iris.

Vous êtes mes parfums d’ambre et de miel, ma palme,
Mes feuillages, mes chants de cigales dans l’air,
Ma neige qui se meurt d’être hautaine et calme,
Et mes algues et mes paysages de mer.

Et vous êtes ma cloche au sanglot monotone,
Mon île fraîche et ma secourable oasis…
Vous êtes mon palais, mon soir et mon automne,
Et ma voile de soie et mon jardin de lys.

(Renée Vivien)

Illustration: Arthur Braginsky

 

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Le jour ne coupe plus (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Le jour ne coupe plus les carreaux noirs
d’où il est chassé sans le moindre éclair.
Le ciel est plus cassant, moins abrité
sur les terres amarrées par le gel.

Les murs sont pensifs comme des visages.
Les mains couvent des caresses démesurées
et la campagne n’approche des routes
que par quelques pas dans la neige.

Elle reste des jours sans une voix d’homme.
Parfois se casse le doigt sec d’une herbe
et le bruit s’en propage jusqu’à la ferme.
Le vent renifle la senteur du charbon

sort à la même heure nocturne
de sa chambre sans plafond
et l’on voit mieux les bords de la solitude
cerner la tache d’un front.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Passantes, Couronnes de ma Folie (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



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Passantes, Couronnes de ma Folie

Des femmes fondent devant les carreaux de mon cœur
une neige de robes souples et de langueur,
soufflent dessus le ciel puissant de leur beauté :
buée qui coud sa soie sur tout le verre.

Soie qui aveugle.
Et je m’emmêle à l’écheveau des yeux
coulant le long des murs du souvenir
comme la lenteur d’un fleuve de plaine.
L’amour et la folie m’étranglent de leurs bagues.
Et mon cœur a pris sa tête entre ses mains
pour ne plus voir votre jour, ô femmes !

La courroie de la mort bat des ailes sur le ciel
et rôde autour de ma faiblesse.
Le pauvre fou d’amour s’en va le long des routes
noyer dans les grands bois
et dans les champs qui fuient les beaux démons
les si beaux démons aux danses de feu.

Sur son âme ne s’éparpille plus l’eau si douce du repos,
son cœur saute sur les pierres du chemin
et s’accroche aux haies comme un oiseau qui va mourir.
Une pluie de doigts blancs, de doigts précieux
comme de l’or mouille sa fuite éperdue vers l’oubli.

(Lucien Becker)

Illustration: François Contesse

 

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Le coeur perd lentement mémoire du soleil (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
L’herbe jaunit.
Le vent fait voler une neige tôt venue.
Juste un peu.

Dans les canaux étroits déjà l’eau se fige,
Ne coule plus.
Il ne se passe jamais rien ici,
Oh! jamais.

Le saule a déployé sur le ciel vide
Sa dentelle en éventail.
Peut-être il valait mieux que je ne sois jamais
Votre femme.

Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
Qu’y a-t-il? Le noir?
Peut-être! Une nuit va suffire pour que vienne
L’hiver.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Ton odeur s’éloigne (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017




    
ton odeur s’éloigne
la porte se ferme
l’espace resserre ses barreaux
sur le silence

dans la neige des mots
la maison est vide
ton nom seul dort
sous la cendre avec la braise

ton nom mûri de désirs
comme une prière de moisson

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

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J’ai toujours avancé sur le fil (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
j’ai toujours avancé sur le fil
mon fil d’Ariane
pour m’égarer toujours plus
dans le labyrinthe
noyé au fil de l’eau
au fil des heures
remontant sans relâche
le fil de mes rivières internes
me passant moi-même
au fil de l’épée
funambule sur le fil du rasoir
aveuglé par la neige de tes yeux

(Zéno Bianu)

Recueil: Chet Baker (Déploration)
Editions: Le Castor Astral

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Marie (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Abel Dominique Boye
    
Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Alcools

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L’homme qui prie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Illustration: Annagol
    
L’homme qui prie n’attend rien de sa prière
Il lève les yeux au ciel
Des mots tombent comme neige
Jonchent le sol et mangent ses pieds
L’homme se consume
Jusqu’au dernier souffle de son illusion.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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