Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘neige’

L’ENFUIE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

L’ENFUIE

Quand je dis la pluie
Je parle de vous
Sa mélancolie
Constelle de clous
Le mur de grisaille
Sans y faire un trou
Dis-moi qui travaille
C’est un vieux hibou
sous la pluie

Quand je dis la neige
Je parle de vous
Son petit manège
Tourne autour de nous
Que le temps me baille
La maison du loup
Que mon temps s’en aille
À parler de vous
sous la neige

Je dis vent et feuille
C’est parler de vous
Veuille le vent veuille
Encore être doux
Je taille, je taille
D’avril en août
Quand le temps s’écaille
Au vent… c’est pour vous
sous les feuilles

Que ce soit la brume
Que ce soit l’oiseau
Dans tous les costumes
C’est du temps nouveau
Que ce soit la paille
Que ce soit le houx
je me retrouvaille
A parler de vous

MA JEUNESSE

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un désert s’embrase (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Un désert s’embrase du sel
meurtrier, vif aux blessures,
riant de la blancheur des os.

Neige torride qui brûla
le fruit pulpeux d’une lèvre,
l’arbre qui rêvait de l’oiseau

et dont la croute vêt la chair
et le visage de la terre
d’un faux hiver incendié.

Il ne reste que mains de pierre,
griffes de monstres lunaires
hérissés de fleurs de pus.

Mais la ville que nous ferons
baignera la main des hommes
dans l’amitié des fontaines.

(Jean Joubert)

Illustration: Isabelle Planté

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon travail est d’aimer (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018


1207168300

Le ciel ne m’aime pas d’un amour ordinaire
les amants s’aiment moins que ne m’aime l’aurore.
Je dis la vérité puisque je ne mens pas,
puisque la vérité m’empêche de mentir.
Je vais où la beauté me commande d’aller,
je fais exactement ce que l’azur décide,
puisque j’ai mis mes pas dans les pas de l’azur.
Mon travail est d’aimer tout ce qui est aimable:
la jacinthe sculptée dans le bleu de l’azur,
la neige qui jamais ne s’est méfiée de moi,
la neige qui changeait ma tristesse en beauté,
et le pur entretien de la neige et de l’âme.
Je t’aimerais autant que j’aime la beauté
si tu pouvais m’aimer comme m’aime l’aurore.

(Lydie Dattas)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA SOLITUDE LA NEIGE LA RECOUVRE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA SOLITUDE LA NEIGE LA RECOUVRE

l’amour tète le printemps
et de sa petite bouche
le lait tombe
se répand à terre
puis soudain vient l’hiver
la solitude la neige la recouvre

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une mer battue en neige (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



par les trous du ciel
une mer battue en neige,
montée trop vite

(Katell Antoine)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Quand la neige a fondu (Issa)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
Quand la neige a fondu
Le village
Est plein d’enfants.

(Issa)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morga

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Pierre qui roule au creux de l’eau, ou de la cordillère,
ronde fille du volcan, colombe
de la neige,
en descendant vers la mer la forme a laissé
sa colère égarée dans les chemins,
le rocher a perdu son signe
pointu, mortel, alors
comme un oeuf du ciel il est entré dans le fleuve,
il a continué à rouler parmi les autres pierres
oublieux de sa descendance,
loin de l’éboulis infernal.

Ainsi, d’une douceur de ciel, jusqu’à la mer
arrive parfaite, vaincue,
concentrée, insigne,
la pureté.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HOMMAGE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

statue

HOMMAGE

Décembre a noirci l’if et gelé le bassin,
Le buis silencieux est saupoudré de givre,
L’aurore est d’acier clair et le couchant de cuivre,
Le vent, qui rôde, hurle et mord l’Amour au sein.

La Déesse frissonne et le lierre assassin
Étouffe la statue à la gorge. Un Faune ivre
Voit l’outre se durcir, et son pas qui veut suivre
La Nymphe, sent monter la gaine qui l’étreint.

La fête est morte avec sa musique et sa joie!
L’Hiver fait un vieillard de l’Été qu’il coudoie
Et le parc semble mort qui fut jadis vivant.

Mais, immortelle encor par la gamme et l’arpège,
J’écoute, à travers l’ombre et la mort et le vent,
Une flûte à mi-voix qui chante dans la neige.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle a rejoint le choeur des autres astres (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Elle a grandi par-delà les montagnes,
Née dans la solitude des vallées.
Aucun de nous n’a pu jeter sur elle
Un regard de désir. Elle était seule.
L’astre immortel regardait chaque jour
Resplendir son aurore pure.
Elle montait vers lui comme une fleur,
Gardait en elle une trace secrète.
Dans le désir et l’angoisse elle est morte;
Aucun de nous n’a contemplé sa cendre…
Elle a fleuri soudain parmi l’azur,
Triomphante, dans un ailleurs, sur d’autres cimes.
Elle vit maintenant parmi la neige.
Insensés! Qui de vous as visité son temple?
Elle a fleuri par-delà les montagnes,
Elle a rejoint le choeur des autres astres.

(Alexandre Blok)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les fleurs ne sont pas interrogatrices (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Les fleurs ne sont pas interrogatrices.
Elles n’espèrent que le destin de devenir des livres d’amour pour les oiseaux
Ou mourir simplement et sans tristesse sous un regard de jeune fille.
Elles n’ont pas de doute du probable, l’amertume de l’irrévocable.

Elles n’ont pas de mémoire. Elles ont oublié le départ initial et la nostalgie du retour.
Elles donnent sans hésiter, comme les petits enfants aux mains de la bonne journée.
Leur gloire est de s’endormir dans le sein des morts.

Elles ne sont pas interrogatrices et ne demandent pas au vent d’où il vient
Ni où il va. Elles ne creusent pas la neige pour
trouver l’extrémité de la blancheur ; elles ne réfléchissent pas
Pour connaître le sort de leur ombre qui se perd dans les corridors de l’eau,
Et ne se demandent pas pourquoi roulent les voitures
pourquoi sonnent les horloges en blessant la mémoire,
Pourquoi naissent et meurent — meurent et naissent
les hommes,
Pourquoi les morts n’écoutent pas, pourquoi ils ne
parlent pas, pourquoi ils ne se présentent pas à l’autre entrée,
Ni ce qu’il est advenu de l’autrefois, cet avant tout
l’avant qui n’existe et ne revient pas en arrière,
Et ce qui est arrivé pour que le soleil s’en tienne à sa course en multipliant les chevaux,
en transformant les chevaux.

Qui sait, qui peut dire vers où se dirigent et vont les axes de l’éternel ?

Peut-être se dirigent-ils vers le point du début pour parfaire la circonférence

Pour terminer l’aventure de la fuite lointaine et
exclure du domaine de l’accompli, tous les possibles et tous les vols inutiles
En rejetant leur moi, en annulant leur moi
Sans commencement ni fin dans l’immobilité de la plénitude,
Scellant le mouvement parfait dans l’immobilité complète
Comme une statue, vaisseau en relief qui voyage, voyage…

Les fleurs seront pleinement accomplies en retrouvant leur réalité totale
Et leur gloire sera de se donner spontanément à ton regard parfait

(Georges Themelis)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :