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Griot de ma race (Ndèye Coumba Diakhaté)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Ndèye Coumba Diakhaté
    
Griot de ma race

Je suis griot de ma race :
Poète, troubadour;
Je chante très haut ma race, mon sang,
Qui clame qui je suis.

Je suis… bois d’ébène,
Que ne consume le feu lent du mensonge.
Je suis… la latérite rouge du sang farouche de mes ancêtres.

Je suis… la brousse inviolée,
Royaume des singes hurleurs.

Pas le Nègre des bas quartiers,
Relégué dans la fange fétide, la suie qui colle;
Là-bas, dans la ville grise, qui accable, qui tue.

Je suis… qui tu ignores :
Soleil sans leurre; pas de néon hypocrite.
Je suis… le clair de lune serein, complice des ébats nocturnes,

Je suis le sang qui galope, se cabre d’impatience
Dans le dédale de mes artères. Je suis qui tu ignores.
Je crache sur l’esprit immonde.

Et voici que je romps les chaînes,
Et le silence menteur
Que tu jetas sur moi.

(Ndèye Coumba Diakhaté)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Démarche doucine (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Démarche doucine
tu marches flammèche
créole crépuscule
aux jupons superposés
Longue étirée fauve
corolle ouverte
aux félines caresses
Chanel
Tu t’éloignes
et les prothèses du néon
boitent dans la nuit

(Werner Lambersy)

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Tu allumes des néons (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

Arturo Souto female-nude-1960

Tu allumes des néons de salle de bains
au milieu d’une forêt de contes de fées
Il existe des femmes dont le mystère s’évente d’un seul coup lorsqu’elles se mettent à rire.
Comme si quelqu’un allumait des néons de salles de bains au milieu d’une forêt de contes de fées.

Toi, tu fais pousser des forêts de contes de fées dans un bouquet de néons.

(Mathias Malzieu)

Illustration: Arturo Souto

 

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DANS LES SIRÈNES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



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DANS LES SIRÈNES

Dans les sirènes d’usine
Dans les klaxons
de cinq heures
dans le crissement des pneus
Dans le fracas
continu de la ville
J’entends la mer

Dans les profondeurs du sommeil
pans les secrets voyages de la nuit
Dans le noir blessé des néons
Je vois la mer

Et près des réverbères perdus
Je me suis appuyé les soirs de pluie
A la rambarde des trottoirs
Sans parapluie

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Montmartre (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

moulin_rouge

Montmartre

Dans une bouteille de champagne
Pigalle:
Une rose de néon
A l’aube
Tombent
Les pétales.

***

Montmartre

Pigalle:
A neon rose
In a champagne bottle.
At dawn
The petals
Fall.

(Langston Hughes)

Illustration

Illustration: ArbreaPhotos

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Elle a cet homme dans sa vie (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration: Pierre Mornet
    
Elle a cet homme dans sa vie,
ce nouvel homme
qui fait mentir les gorges chaudes,
les lèvres blanches, les bouchées doubles,
les dimanches à se fuir
interminablement.
Combien de paupières rougies
pour chaque nuit de solitude ?
Ma belle amie, elle a,
sous le néon bleu du miroir,
vu cligner un autre visage.
Elle a ce nouvel homme,
elle tient sa vie.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Le vendeur de murmures (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



murmure  b

Le vendeur de murmures

Il était une fois
Le vendeur de murmures.
Il murmurait la nuit donc
à la demande
du bout des dents
en une étrange litanie
les phrases confiées la veille à son oreille
et dont il avait la prudence
professionnelle
d’inscrire les commandes
dans des carnets
toujours petits
et qu’il parfumait
tantôt à la lavande
tantôt au patchouli
C’est qu’il n’avait jamais voulu user lui
comme les vendeurs de cris
de ces vastes camions d’amplification
qui sillonnaient le pays à grand renfort de klaxons
néons
haut parleurs et enseignes
ce qu’il vendait on l’entendait à peine

(Philippe Garnier)

 

 

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Néons (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Néons, restaurants chinois
défilent –
Les filles de couleur différente

***

Neons, Chinese restaurants
coming on –
Girls come by shades

(Jack Kerouac)

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AVENIR (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
AVENIR

ma salive a rouillé la serrure de ta bouche
les pistils de mes doigts pénètrent la corolle de tes lèvres
s’entrouvrant sous la poussière de la pluie de ma voix
je te regarde dans la nuit néon imperceptible chatoyant clignotant
de tous ses feux sur une marée émancipatrice
je te regarde façonnée par les doigts d’encre du rêve
je te regarde eau de pluie
Et je te vois tout entière nue dans tes seins translucides

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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Il y a des centaines de fenêtres (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Il y a des centaines de fenêtres.
Il y a des centaines d’yeux aux fenêtres,
des pupilles sur toutes ces portées de ciment
qui jour et nuit nous regardent.

Soleil, néon, soleil, lumière grise
transpercent tour à tour notre maison de verre
où je te cherche où tu me fuis
où tu te souviens quand j’oublie
où parfois nous nous rejoignons.

Les yeux sont toujours là immobiles et ronds.

Pas de rideaux à nos fenêtres.
Pas de rideaux dans toute la ville.

Les yeux sont toujours là.

Tu es vêtue de nylon rose sur ta peau,
tu es couchée sur le lit qui est comme un plateau.
Des projecteurs s’allument dans la nuit
découvrant mes mains posées sur tes hanches
découvrant ton corps de nylon nu
sous mes mains que je retire
sous mes mains
que je cache derrière mon dos tandis que tu caches ton visage,
que nous tentions mollement d’échapper à cette lueur de carnage,
de gagner l’ombre étroite d’un pan d’acier
où le rayon de feu commence à te fouiller.

(Jean Joubert)

Illustration: Katerina Belkina

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