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Poésie

Posts Tagged ‘nerveux’

On dirait (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
On dirait que nous sommes le centre nerveux
d’un organisme invisible

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Il paraît que la statue (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Il paraît que la statue près de laquelle le chiendent de mes terminaisons nerveuses
Arrive à destination est accordée chaque nuit
comme un piano

(André Breton)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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La danseuse espagnole (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



Illustration
    
La danseuse espagnole

Ainsi qu’une allumette qui avant de flamber
darde autour d’elle des langues blanches de lumière;
ainsi commence, — enserrée dans le cercle
des spectateurs , — nerveuse et ronde, brûlante et claire
à s’étendre saccadée sa danse.

Et tout à coup elle est flamme tout à fait.

D’un regard elle allume ses cheveux
et d’un geste révélant un art téméraire
elle lance sa robe toute dans l’incendie
d’où les bras tels des serpents effrayés
s’élancent vifs et claquants.

Puis, comme si le feu lui semblait trop étroit,
elle le ramasse tout entier et le jette,
fière, avec des gestes hautains
et regarde : il est là furieux par terre,
flambant toujours et ne se rendant point.

Cependant victorieuse et sûre d’elle-même
elle lève son visage, d’un doux sourire saluant
et le piétine de ses petits pieds fermes.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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CANTE HONDO (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



 

Illustration: Gérard Segear

    
CANTE HONDO

Je méditais profondément en déroulant
les fils de l’amertume et de la tristesse,
quand à mon oreille parvint,
par la fenêtre de ma chambre, ouverte

sur une chaude nuit d’été,
la plainte d’une copia songeuse,
brisée par les sombres trémolos
des rythmes magiques de ma terre.

… Et c’était l’Amour, comme une flamme rouge…
— Sur la corde vibrante une main nerveuse
plaquait un très long soupir d’or,
qui se transformait en une pluie d’étoiles —.

Et c’était la Mort, sa lame sur l’épaule,
marchant à grands pas, farouche et squelettique
— comme je la rêvais lorsque j’étais enfant —.

Et sur la guitare, résonnante et tremblante,
la main en frappant brusquement évoquait
le bruit d’un cercueil qui vient frapper la terre.

Et le souffle qui balaie la poussière
et jette au vent la cendre
était un gémissement solitaire.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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FORÊT VIERGE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



FORÊT VIERGE

Le système nerveux,
le système digestif,
le système respiratoire,
le système pileux,
le système sanguin,
le vasculaire,
les glandes,
les méninges,
l’ossature,
l’oeil et l’oreille,
etc.
Oh la la !
Et pour se débrouiller dans cette forêt,
rien que mon âme toute petite,
dont certains disent même
qu’elle n’existe pas.

(Norge)

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Supposons (Hilary Putnam)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
Supposons qu’un être humain
(vous pouvez supposer qu’il s’agit de vous-même)
a été soumis à une opération par un savant fou.

Le cerveau de la personne en question (votre cerveau)
a été séparé de son corps
et placé dans une cuve contenant une solution nutritive
qui le maintient en vie.

Les terminaisons nerveuses ont été reliées à un super-ordinateur scientifique
qui procure à la personne l’illusion que tout est normal.

Il semble y avoir des gens, des objets, un ciel, etc.

Mais en fait tout ce que la personne (vous-même) perçoit
est le résultat d’impulsions électroniques que l’ordinateur envoie aux terminaisons nerveuses.
L’ordinateur est si intelligent que si la personne essaye de lever la main,
l’ordinateur lui fait « voir » et « sentir » qu’elle lève la main.
En plus, en modifiant le programme le savant fou peut faire « percevoir » (halluciner)
par la victime toutes les situations qu’il désire.

Il peut aussi effacer le souvenir de l’opération,
de sorte que la victime aura l’impression de se trouver dans sa situation normale.
La victime pourrait justement avoir l’impression d’être assise
en train de lire ce paragraphe qui raconte l’histoire amusante
mais plutôt absurde d’un savant fou qui sépare les cerveaux des corps
et qui les place dans une cuve contenant des éléments nutritifs
qui les gardent en vie.

(Hilary Putnam)

 

Recueil: Raison, vérité et histoire

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Le temps sur Venise (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



Le temps sur Venise est bien lourd
Et je te sens un peu nerveuse:
Calme-toi un peu, mon amour,
Je te lécherai les muqueuses.

Il y aura des années à vivre
Si nous restons des enfants sages;
Nous pouvons aussi lire des livres:
Regarde, mon amour, c’est l’orage.

J’aime ton goût un peu salé,
J’en ai besoin deux fois par jour;
Je me laisse complètement aller:
Regarde, c’est la mort, mon amour.

(Michel Houellebecq)

 Illustration: Raya Sorkine

 

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Les Jarretières (Léon Xanrof)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Les Jarretières

Le rouge va bien sur le noir.
– Quand je m’en irai à Séville
– et que j’aurais quatre douros,
– j’achèterai des jarretières pour ma belle.

J’achèterai des jarretières rouges,
– avec une devise brodée,
– et je les attacherai moi-même
– sur la cuisse ronde, au-dessus du genou.

La fille que j’aime a de la nuit dans les cheveux,
– et du soleil sur la peau dorée ;
– Ses seins droits ont la pointe sanglante :
– ils ont blessé tant de coeurs…

Ses yeux sont des étoiles noires ;
– sa bouche, une grenade mûre et parfumée ;
– ses dents, des perles sans tache…
– Ce n’est pourtant rien de cela que j’aime.

Ce qui me rend fou d’amour,
– c’est la courbe gracieuse de sa jambe,
– qu’emprisonne la soie noire,
– à travers laquelle transparaît la chair rose.

Lorsqu’elle danse le fandango,
– et que je l’accompagne sur ma guitare,
– toutes les filles sont jalouses d’elle,
– et tous les garçons de moi.

Par le Christ ! Lorsque sa jambe nerveuse,
– plie et bondit avec des tournoiements,
– noire dans l’envolement blanc des jupes,
– je deviens fou et ne sais plus ce que je joue.

En mon coeur s’allume le désir,
– et je voudrais enlever ma belle et l’emporter,
– la couvrir de caresses folles et troublantes,
– et me griser de ses baisers embaumés.

Car ce que j’aime en ma brune,
– ce n’est pas le flot noir et plein de reflets de sa chevelure,
– ni son oeil caché sous la paupière comme une guêpe dans une rose :
– C’est la rondeur de sa jambe et la petitesse de son pied.

Lorsque j’aurai quatre douros, j’irais à Seville,
– et j’achèterai pour ma maîtresse des jarretières,
– que je veux attacher moi-même au-dessus du genoux.
– Le rouge va si bien sur le noir !

(Léon Xanrof)

 Illustration: Tatieva 

 

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Te vêtir… Ô le paradoxe (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Te vêtir… Ô le paradoxe
Quand au contraire je ne veux
Pour l’amour et sa tendre boxe
Que ta parure de cheveux

C’est en vain que tu dérobes
Sous tous les plis que tu voudras
A la plus belle de tes robes
J’aime mieux le pli de tes draps.

Ôte-moi donc vite la gêne
De la souple et nerveuse gaine.

(Paul Valéry)

 Illustration: Elena Khmeleva

 

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