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Poésie

Posts Tagged ‘nervure’

Lorsque le soir (Luce Guilbaud)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



Lorsque le soir

Lorsque le soir se calme
à coups de cris d’oiseaux
de lances de criquet
se replient mes nervures
mon regard d’étamine
je déchiffre un langage
de manuscrits de la mer vive
sous la lampe de soie rose
je me couche en diagonale
je m’étale
sur des rêves
à faire chanter les pierres.

(Luce Guilbaud)


Illustration

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AUX DOUVES DES ÉTOILES (Christian Moriat)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

 


AUX DOUVES DES ÉTOILES

Pour habiter votre regard,
Je laperai l’eau de vos silences,
A l’archet de mes bras.
Et avant que ne s’éteignent
Les derniers ricochets du soleil,
Aux miroirs des blés,
Je m’écouterai vous penser,
Faisant avec vous ce voyage immobile,
Qui nous conduira à l’estran
De vos tout premiers frissons…
Vous m’apparaîtrez alors,
En votre éveil naissant,
Brodant le sable du sentier
A la dentelle de vos pas,
La tête encore couronnée de songes dorés,
A l’éclosion d’une plage de lumière.
Puis vous me laisserez boire
Aux racines de votre image
Et l’arche de votre sourire de rose
Traversera les estives de la nuit,
Pour rejoindre les herbiers de nuages,
Là où se repaît le cheptel des grandes espérances…
Enfin, quand la terre épousera la cambrure du firmament,
Je dessinerai au fusain de mes doigts,
Les nervures de notre amour,
Qui vous emporteront, le temps d’une caresse,
Jusqu’aux douves des étoiles.

(Christian Moriat)

Voir son site ici

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Les mains basses (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Les mains basses

Les mains basses comme les champs
Qu’on retourne le soir

Elles sont nues par miracle
Et vides
Par passion d’une absence

Et ressemblent
À des feuilles, aux nervures
De la mer

Je les entends très pures au loin comme deux palmes
Emplissant les vallées de mille cris sereins

Elles sont dans la beauté de deux mains qui s’échangent.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’instinct du suicide (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



L’instinct du suicide

En forme d’oeuf, je me replie. 0 cils,
Refermez-vous sur ces fleuves opaques.
Et vous, mes bras, ne soyez que nervures
Dans une feuille et rien de plus, une ombre
Sur mes genoux délivrés, délivrés.

Le soleil fixe a partagé mes jours.
Ici l’attente, ici les vieux regrets.
S’il se pouvait qu’un vieil oeuf me recouvre,
Je dormirais parmi l’onde et les lys.

Je serais terre et porterais l’oronge
Et les poisons à l’odeur animale.
On brouterait mes paupières, ma bouche
Et je vivrais de leurs déchirements.

Oiseau, cheval devenus pourritures
Sont réunis dans la grâce d’un mot
Plus noble encore. O ma dalle funèbre,
Laissez passer la tendre mouche bleue.
Elle sera demain l’unique amour.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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Je t’ai faite, depuis, la reine de mes rêves (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




Je t’ai faite, depuis, la reine de mes rêves.
Nulle frontière autour et le domaine est tel
qu’en face l’infini n’est qu’un simple archipel
dont la fine échancrure enfle d’un flot de sève.

Quelle semence d’or sur l’espace et le temps !
Déjà le grand pavot mystique nous embaume.
L’Eternité fleurit dans le coeur du royaume
et c’est toi le lotus lumineux de l’Etang.

Mais ton haut « ravenale » arborant sa verdure
déploie en éventail nos millions de désirs :
l’hivernage, trop long, a durci la nervure.

Quand donc retentiront, pour nos divins plaisirs,
et l’appel du printemps et le chant de la rose
et les cris d’abandon de ta nudité rose…

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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A défaut de miroir (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



A défaut de miroir
je me regarde
dans une planche de merisier,
dans le crépi d’un mur,
et mes yeux
à la longue m’apparaissent
à bonne hauteur,
à fidèle couleur.
L’imperfection du bois
ou les nervures du plâtre
les déforment seuls,
les faisant ressembler
tantôt à une flamme en veilleuse,
tantôt à deux poissons bleus.

Cette tête
ne me contient pas,

ces mains
ne sont pas les gants de ma tendresse,

cette voix
n’est pas celle qui me raconte.

Je vis à côté de mon corps
comme auprès d’une maison
un noyer centenaire.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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Les nervures des feuilles perdurent (Thierry Gaudin)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton klrl [1280x768]

Les nervures des feuilles perdurent
Sur les labours embrumés
Le cri des merles écartèle
Les striures dépouillées
La chaleur des vendanges
S’enferme au coeur des pierres

Sous le chaume au grenier
Dans l’ornière sous la pierre
Bat
La constance des semences

(Thierry Gaudin)

Illustration: Félix Vallotton

 

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Écorce (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Écorce

Arbre est mon nom, tempête est ma puissance,
Tous deux luttant devant l’éternité.
Que d’un oiseau m’habite enfin la grâce,
Je suis danseur sur le fil du printemps.

Le goût d’un fruit délivre d’une geôle
L’homme souffrant d’être seul en sa nuit.
Il coule une île entre chaque parole
Et tous les mots sont des vagues d’amour.

La feuille entend le chant de ses nervures.
En la serrant dans le livre du temps,
Je la préserve, arbre en forme de lyre
Et majesté plus douce que l’oiseau.

Arrachez-moi ! Que coule enfin la source
Que je dédie à la haute folie.
Navigateurs, prenez garde à l’étoile,
Elle vous ment : votre route est ailleurs.

Et nous allons, nous les enfants des arbres,
Vers un pays pour nous fait vertical.
Nous voyageons, nous nous comptons par mille
Avec nos bras, nos grands bras de feuillages.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Femme (Fernand Ouellette)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Femme elle se mêlait nue aux fougères,
ses poils accueillant bien les papillons.
Sous elle j’étais son humus son nourricier obscur,
le musicien de ses nervures.
D’or de vert et de transparence je la sevrais.
Ma vie en elle montait jusqu’à son âme.

(Fernand Ouellette)

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Si on sortait la tête hors du trou (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


mythe-des-cavernes--C-

– Si on sortait la tête
hors du trou
on verrait quoi?

– Un autre trou
plus profond.
Tu ne progresses
tu ne gravites
qu’n faisant le vide.

– Détenu sur la parole
de mon judas,
de mon jadis,
je suis l’âme-icône
qui ne s’explique avec ses feuilles
qu’à travers tes nervures.

– C’est vrai je l’entends bruire
ce rebut de lèvres,
des ruines parcourues de tressaillements.
Chien d’aveugle il faut dresser l’aube.

(Charles Dobzynski)

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