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Poésie

Posts Tagged ‘nettoyer’

Les points cardinaux (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Les points cardinaux

je finis ton thé
range ton oreiller
y plonge le nez
je nettoie mon brouillard
de ta serviette humide
qui sent la chlorophylle
et la crème d’amande
j’écoute le souvenir
de ta lumière
en remontant
la piste aux trésors

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Si le chat se nettoie les oreilles (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019


chat

“Si le chat se nettoie les oreilles
c’est soit qu’il va pleuvoir,
soit que les hirondelles sont en retard,
soit qu’il a les oreilles sales”

(Henri-Frédéric Blanc)

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Et moi je voudrais d’abord (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Chris Peters  
    
Et moi je voudrais d’abord
être lavé, nettoyé, rincé
n’avoir plus que la netteté
janséniste des os seuls,
donner ma chair aux vautours,
marquer dans les déserts
la route des caravanes,
indiquer par mon squelette.

Et moi, je voudrais aussi
me débarrasser à jamais,
me laver, me nettoyer, me rincer,
quitter mes affiches politiques,
cesser de promettre en mentant,
en vert, bleu, rouge ou blanc,
que ma pierre soit nue sur le ciel,
dût-elle, nue, se désagréger.

Et moi je voudrais enfin
être plus propre et plus nu,
et vivant, que je sois lavé
comme les morts sous la terre.

(Max-Pol Fouchet)

 

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Vous me rencontrerez (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2019




    
Vous me rencontrerez — dit-il —
quand il sera trop tard.
Et ce n’est votre faute ni la mienne.
Il est toujours trop tard.
Demande-le à la femme
qui nettoie les lentilles
dans le plat de terre.
Demande-le à la statue.
La question aussi vient trop tard.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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Le poème (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Je nettoyais le poème
le coup est parti

(Werner Lambersy)

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La mère (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



triste

La mère

Je t’ai appris tout ce que j’avais.
Tu as pris ma vie et tu n’as rien compris.
Je t’ai nourri. Tu m’as tarie.
Je t’ai guéri. Tu m’as meurtrie.
Je t’ai habillé. Tu m’as dépouillée.
Je t’ai nettoyé. Tu m’as noyée.
Je t’ai lové. Tu m’as volée.
Je t’ai adulé. Tu m’as annulée.
Je t’ai déployé, tu m’as repliée.
Je t’ai blanchi. Tu m’as noircie.
J’ai été ton refuge, toi mon refus.
Je t’ai inventé et vanté Tu m’as évidée, évitée.
Je t’ai changé et tu t’en es vengé.

Je ne cesse de te chanter,
toi qui me désenchantes.

(Charles Dobzynski)

 

 

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Jamais l’amour ne fut plus loin (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Jamais l’amour ne fut plus loin
les femmes cachent leur sexe de leurs mains sanglantes
et leur visage blanc n’est plus le soleil
ni même la dernière étoile errante.

La nuit est pleine comme le cour d’un fruit sans graine
et tourne une couronne noire trop grande pour mon front
les femmes ne se couchent plus pour la joie
les femmes ne tendent plus de pièges
les femmes ne vêtent plus leurs entrailles
ne voilent plus leurs lèvres du cri de leur désir
les femmes sont en silence.

Où sont les bien-aimées de ma jeune journée
les enfants du matin, les filles transparentes
les fileuses d’amour sous leur quenouille blonde
la saison neuve durcit son poing sur mon écorce
voici l’été et le bateau croulant dans un soir de galère
vieilles amies de ma chair, restez dans le passé
qui vous garde si belle.

Qu’êtes-vous devenues, embarquées avec moi dans les plis de la mort ?
que la voile noire nous tienne serrés
je ne vois plus qu’elle et votre odeur n’a plus de trouble
je découvre sous l’eau qui troue votre visage
et fait jouer le ciel sous vos cils de combat
l’effigie même de notre reine.

Votre fard coule de chair, votre tunique est décousue de sang
vos os sont nus que le plaisir a nettoyés
comme un chacal aux dents précises
vous êtes nues, hottes d’ivoire, berceaux d’entrailles
doux autrefois de mon amour.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Annie-Anna (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



 

Charles J. Dwyer, Jr. 93647a0 [1280x768]

Annie-Anna

Tandis qu’Anna se met à la machine à coudre
Voyez sa sœur Annie qui se met de la poudre.
Tandis qu´Anna toujours nettoie le linge sale
En ascenseur sa sœur Annie s´en va au bal.

Annie
Vous êtes bien plus jolie qu´Anna.
Anna
Je vous aime beaucoup plus qu´Annie.
Annie
Vous avez des yeux bleus qu´Anna n´a.
Anna
Je préfère vos jolis yeux gris.
L´amour est entré dans mon cœur depuis
Le jour béni
Où je vous vis.
Annie
Vous avez séduit un maharajah.
Anna
Eh bien vous n´avez séduit que moi.

Tandis qu´Anna dans sa maison fait la lessive
Dans les salons, sa sœur Annie fait la lascive.

Le maharajah met des bijoux sur sa poitrine
Cette poitrine m´a tout l´air d´une vitrine

Tous vos amis font du cinéma.
Anna
Je suis vraiment votre seul ami.
Annie
Cet hindou vous dit toujours « Ça va »
Anna
Il ne faut pas envier sa vie.
Rajah, je préfère aux trésors d´un jour
Un bel amour
Qui dure toujours.
Annie
Vous sortez en robe d´apparat.
Anna
Vous restez toujours seule à Paris.

Un jour la pauvre Annie vient frapper à ma porte.
Elle a des yeux qui font des plis, l´air d´une morte.
Le maharajah vient de partir pour Singapour
En emportant ses bijoux faux comme son amour.

Annie
Vous vous êtes jetée dans mes bras.
Anna
Tous trois nous avons pleuré sans bruit.
Annie
Vous êtes restée trois jours dans le coma.
Anna
Hier vous avez épousé le commis
Et moi qui ne suis pas un maharajah.
Mais un ami
Je suis parti
Parti
Je suis parti pour Bratislava
Là-bas.
Je vais essayer de refaire ma vie
En oubliant Anna-Annie.

(Charles Trenet)

Illustration: Charles J. Dwyer, Jr.

 

 

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Le Rappel à l’ordre (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



On a coutume de présenter la poésie comme une dame voilée,
langoureuse, étendue sur un nuage.
Cette dame a une voix musicale et ne dit que des mensonges.

Maintenant, connaissez-vous la surprise
qui consiste à se trouver soudain en face de son propre nom
comme s’il appartenait à un autre,
à voir, pour ainsi dire, sa forme et à entendre le bruit de ses syllabes
sans l’habitude aveugle et sourde que donne une longue intimité?
Le sentiment qu’un fournisseur , par exemple, ne connaît pas un mot qui nous paraît si connu,
nous ouvre les yeux, nous débouche les oreilles.
Un coup de baguette fait revivre le lieu commun.

Il arrive que le même phénomène se produise pour un objet, un animal.
L’espace d’un éclair, nous « voyons »
un chien, un fiacre, une maison,
« pour la première fois ».

Tout ce qu’ils présentent
de spécial, de fou, de ridicule, de beau
nous accable.
Immédiatement après,
l’habitude frotte cette image puissante avec sa gomme.
Nous caressons le chien,
nous arrêtons le fiacre,
nous habitons la maison.
Nous ne les voyons plus.
Voilà le rôle de la poésie.
Elle dévoile, dans toute la force du terme.
Elle montre nues,
sous une lumière qui secoue la torpeur,
les choses surprenantes qui nous environnent
et que nos sens enregistraient machinalement.

Inutile de chercher au loin des objets
et des sentiments bizarres
pour surprendre le dormeur éveillé.
C’est là le système du mauvais poète et ce qui nous vaut l’exotisme.
Il s’agit de lui montrer ce sur quoi son cœur,
son œil glissent chaque jour,
sous un angle et avec une vitesse tels qu’il lui paraît le voir
et s’en émouvoir pour la première fois.

Voilà bien la seule création permise à la créature.
Car s’il est vrai que la multitude des regards
patine les statues, les lieux communs, chefs-d’œuvre éternels,
sont recouverts d’une épaisse patine qui les rend invisibles et cache leur beauté.

Mettez un lieu commun en place, nettoyez-le, frottez-le,
éclairez-le de telle sorte qu’il frappe avec sa jeunesse
et avec la même fraîcheur, le même jet qu’il avait à sa source,
vous ferez œuvre de poète.

(Jean Cocteau)


Illustration: René Magritte

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J’ai deux montagnes à traverser (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Euan MacLeod Barrow_Man

« J’ai deux montagnes à traverser
Deux rivières à boire
J’ai six vieux lacs à déplacer
Trois chutes neuves à mettre au lit
Dix-huit savanes à nettoyer
Une ville à faire avant la nuit. »

C’est pourquoi de forêt
Il n’est pas revenu…

(Félix Leclerc)

Illustration: Euan MacLeod

 

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