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Poésie

Posts Tagged ‘neutre’

Paix profonde (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
paix
profonde

l’immense
déferle

dilate

enivre

les mots
s’élèvent

lourds
lents
neutres

et le poème
s’érige

happe
la fulgurance

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Neutre, m’accompagne une main (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018




    
Neutre, m’accompagne une
main, qui sait cacher ses bienfaits.

C’est une latence de bien, sur moi
en nonchalance posée.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Blue Box (Barbara Köhler)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Blue Box

D’où vient tant de tristesse nous en parlions justement
La doctrine teinte en bleu : ne rien attendre
prendre tout ce qui vient donner ce qui va
vers nous entre venir et aller le milieu
s’appelle rester entre prendre et donner
il n’y a rien à attendre. Ce sont des mots
c’est tout. Le parler
n’a pas d’issue. Le milieu vide un espace
l’espérance inhabitable Il ne reste rien
derrière le rebord du deuil de l’amour
les faits ne sont pas à la femme d’un homme
pas à l’homme d’une femme, neutre le contre peut attendre
pour un bout le bleu me fait rester : ce

***

Blue Box

Woher so traurig Grade noch sprachen wir
Die eingebläute Lehre : nichts erwarten
alles nehmen was kommt geben was geht
uns zwischen Kommen und Gehen die Mitte
heißt Bleiben zwischen Nehmen und Geben
gibts nichts zu erwarten Das sind Worte
ist alles. Die Ausweglosigkeit
des Sprechens Die leere Mitte ein ZwischenRaum
die unbewohnbare Hoffnung Es bleibt
nichts übrig hinterm Trauerrand der Liebe
nicht der Frau eines Mannes nicht dem Mann
einer Frau sind Taten sächlich kann Gegen warten
für ein Stück Blau laß mich bleiben : es

(Barbara Köhler)


Illustration: Rafal Olbinski

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La lettre dans la boîte (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
La lettre dans la boîte
porte plus que des mots

sans l’ouvrir à distance
je devine sa présence

porteuse de pépites
grains de lumière

c’est de cela
dont je dois me nourrir

le papier est neutre
mais empreint de bonté

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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Ne laisse pas le Passé (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Ne laisse pas le Passé
blesser de son poids mort
les ailes de l’instant
ne déchire pas le pacte
de sa page blanche
ne renie pas son envol
même si un ange
devait forcer ton passage
vers le rêve aboli.

*

Ne laisse pas le Passé
briser sous son poids neutre
les chances de l’instant
ne déchire pas le pacte
de son envol vivant
ne détourne pas son envol
même si un ange
devait empêcher son passage
vers le pays oublié.

(Alain Suied)

Illustration: Misha Gordin

 

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Je vis sans hivers sans lieux nul temps n’est plus (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
Je vis sans hivers sans lieux nul temps n’est plus
qu’un autre j’ai cessé d’entendre le bruit que fait l’eau
aujourd’hui je ne dis pas le monde est bain de fiel je
ne dis pas voici des yeux et des merveilles je suis
soir et neutre

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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Eté Carioca 73 (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Eté Carioca 73

Le char du soleil promène ses roues d’incendie
sur les corps et les esprits, et les foudroie.
Restent, sous le massacre, des esquilles de conscience,
implorant, sans espoir, un pichet d’ombre.

Les arbres décolletés, allées sans arbres.
L’air est neutre, fixe, et refuse le passage
aux véhicules de la brise. Le bourdonnement de hannetons klaxons
résonne à l’intérieur de la cellule blessée.

Du sol noir mielleux éparpillé monte
le souffre des enfers en langues de feu.
La vie, ce lézard invisible dans son trou,
ou bien ce rocher brûlant où rit la verdure?

La mer s’ouvre en éventail à quelques milliers de visiteurs,
mais, courbés sous le poids de cette charge de flammes,
prenant mille formes d’effort et de pauvreté et de routine, par millions
ils se délectent de la malédiction de ce splendide été.

(Carlos Drummond de Andrade)


Nada Herman-Witkamp

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Le plus grand des tourments ? (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Le plus grand des tourments ?

– Qu’un jour arrive
où tout visage deviendrait
celui d’un inconnu.

Prisonniers
de même pas un rêve,
nous serions brume neutre,
plus seuls que seuls,
en marge,
refusés
par le malheur même.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

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L’HERBE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016




L’HERBE

L’herbe décide :
« Il faut s’asseoir, et par prudence
prendre racine entre deux pierres. »
Puis deux herbes corrigent :
« Il ne faut pas dormir mais croître,
écarter chaque pierre
et prendre soin de notre espace :
l’azur est un ami. »
L’herbe discute :
« Je suis modeste et me méfie des arbres ;
je ne dois pas faire comme eux
avec leur stratégie de poulpes
et leur façon de pêcher les étoiles. »
Puis deux herbes corrigent :
« Ne nous excusons pas, soyons nombreuses ;
oui, par exemple, comme les fourmis ;
un jour, tout ira mal, il y aura des morts ;
c’est nous, et rien que nous, qui les recouvrirons. »
L’herbe décide :
« Je serai neutre,
je serai verte, un peu jaunâtre, imprévisible. »
Étrangère , une autre herbe demande :
« Où est le haut ? Où est le bas ? Où sont nos ailes ?
Si nous pondions des oeufs ?
Allons-nous alerter la montagne ?
Est-ce à jamais que nous sommes des herbes ? »
Et l’herbe dit :
« J’ai trop pensé ; depuis l’aube, je pousse. »

(Alain Bosquet)

 

 

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