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Posts Tagged ‘neuve’

CHANT DE L’EXPOSITION (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




CHANT DE L’EXPOSITION

VIENS, Muse, quitte la Grèce et l’Ionie,
Je t’en prie fais une croix sur ces comptes démesurément surpayés,
Cette histoire de Troie et du courroux d’Achille, les vagabondages d’Enée et d’Ulysse,
Suspends l’écriteau « Changement de domicile » et « A louer »
sur les rochers de ton Parnasse neigeux,
Fais de même à Jérusalem, place l’écriteau tout en haut de
la porte de Jaffa et sur le mont Moriah,
De même sur les murs des châteaux allemands, français,espagnols, et dans les musées d’Italie,
Car sache qu’une sphère meilleure, plus neuve, plus active
t’attend, qu’un domaine vaste, inexploré te réclame.

(Walt Whitman)

 

 

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Cela me frappait – chaque Jour – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


1

Cela me frappait – chaque Jour –
Foudre aussi neuve
Que si la Nue se fendait sur-le-champ
Pour vomir le Feu –

Cela me brûlait – dans la Nuit –
Et Calcinait Mon Rêve –
Et se ravivait à mes yeux –
A chaque retour du Matin –

Je croyais l’Orage – chose brève –
La plus Folle – la plus vite –
Mais de Ceci la Nature a perdu la Date –
Elle l’a laissé dans le Ciel –

(Emily Dickinson)

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L’AN 2000 (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

tempête

L’AN 2000

Notre
millénaire
Exténué
Croyant faire
Peau neuve
Déverse
Écorces et plaies
Au seuil
De l’an 2000

Sphinx-miroir
A l’affût

(Andrée Chedid)

 

 

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Neuve (Dominique Lauzon)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


MALINOWSKI_Bleu sommei

Tu es apparue où il n’y avait personne

Ton visage fragmente l’absence et toute réponse
est un effort de ton âme pour ajouter
à la clarté ininterrompue de ta voix
une densité semblable aux encres premières
qui ont supporté jusqu’à cet aurore
de prendre tout le silence des chambres inutiles
et construire à partir d’un luueur
un désir redevenu incontournable

Dans la fluide lumière de ta présence
ta peau plus nue que la joie de te trouver
si grave si légère
indéniable irraison du don
dans les cérémonies du simple

Je n’ai pas d’éternité
tu sais
je n’ai plus de patience

Soupèse le poids de mon corps
sur ton propre désir

L’essentiel

en peu de mots
grandir
par un acte inimaginable
d’intimité

(Dominique Lauzon)

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De la montagne à l’est (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



De la montagne à l’est
la lune neuve s’est levée:
de cette femme pas encore femme
le visage me hante

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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Cela me frappait – chaque Jour – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Cela me frappait – chaque Jour –
Foudre aussi neuve
Que si la Nue à l’instant se fendait
Pour vomir le Feu –

Cela Me brûlait – dans la Nuit –
Et Calcinait Mon Rêve –
Et se ravivait à mes yeux –
A chaque retour du Matin –

Je croyais l’Orage – chose brève –
La plus Folle – la plus vite –
Mais de Ceci la Nature a perdu la Date –
Elle l’a laissé dans le Ciel –

***

It struck me — every Day –
The Lightning was as new
As if the Cloud that instant slit
And let the Fire through —

It burned Me — in the Night —
It Blistered to My Dream —
It sickened fresh opon my sight —
With every Morn that came —

I thought that Storm — was brief—
The Maddest — quickest by –
But Nature lost the Date of This –
And left it in the Sky —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Femme (Paul Géraldy)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Tu ne serais pas une femme
si tu ne savais pas si bien
te faire et te refaire une âme,
une âme neuve avec un rien.
À ce jeu ta science est telle
que, chaque fois que je te vois
tu fais semblant d’être nouvelle,
Et j’y suis pris toutes les fois.

(Paul Géraldy)


Illustration: Pablo Picasso

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LE DÉMON (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




LE DÉMON

En ces jours-là, quand les impressions
Du monde étaient encore pour moi neuves :
Un rossignol, sa nocturne chanson,
Des yeux de femme, un bruit venu du fleuve,
Quand j’éprouvais d’immortels sentiments
Tels que l’amour, la liberté, la gloire
Sourdre en mon coeur et me troubler le sang,
Quand fervemment à l’art je pouvais croire,
Quand je goûtais heures de l’espoir
Et les plaisirs du soudain triste automne,
Certain démon vint alors, pour me voir,
Discrètement, plus méchant que personne.
Bien tristement nous nous rencontrions
Car son regard exquis et son sourire,
Son ton caustique instillaient un poison
Qui me glaçait et pouvait me détruire.
Calomniant intarissablement,
Il défiait la Sainte Providence.
Pour lui le Beau était rêve qui ment,
Il méprisait l’art comme extravagance,
Il reniait la liberté, l’amour.
Il regardait narquoisement la vie
Et voulait même, à croire son discours,
Que la nature en rien ne soit bénie.

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Quand elle viendra (Oscar Milosz)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Quand elle viendra

Quand elle viendra fera-t-il gris ou vert dans ses yeux,
Vert ou gris dans le fleuve ?
L’heure sera nouvelle dans cet avenir si vieux,
Nouvelle, mais si peu neuve…
Vieilles heures où l’on a tout dit, tout vu, tout rêvé !
Je vous plains si vous le savez…

Il y aura de l’aujourd’hui et des bruits de la ville
Tout comme aujourd’hui et toujours – dures épreuves ! –
Et des odeurs,- selon la saison – de septembre ou d’avril
Et du ciel faux et des nuages dans le fleuve,

Et des mots – selon le moment – gais ou sanglotant
Sous des cieux qui se réjouissent ou qui pleuvent,
Car nous aurons vécu et simulé, ah ! tant et tant,
Quand elle viendra avec ses yeux de pluie sur le fleuve

Il y aura (voix de l’ennui, rire de l’impuissance)
Le vieux, le stérile, le sec moment présent,
Pulsation d’une éternité sœur du silence;
Le moment présent, tout comme à présent.

Hier, il y a dix ans, aujourd’hui, dans un mois,
Horribles mots, pensées mortes, mais qu’importe.
Bois, dors, meurs,- il faut bien que l’on se sauve de soi
De telle ou telle sorte

(Oscar Milosz)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Une petite fille (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017


ange

… Je sais
qu’une petite fille
neuve et nue
comme l’herbe d’avril
se lèvera dans l’air noir
et redira pour lui
le long poème du monde
dont nous sommes chacun
la douceur et la rime.

(Jean-Pierre Siméon)

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