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Poésie

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LE BEAU NAVIRE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019



Illustration: Odilon Redon
    
LE BEAU NAVIRE

Dans les océans des poissons
aux vives vêtures
et aux nageoires
pour coiffure
t’accompagnent
le corail chante
l’anémone souffle sa fleur
autour de toi
ils sont la vie et tu vas
soulevé de lumière liquide

tes gréements sont d’amour
ô navire solitaire
la pleine lune te réconcilie
niais, tu le sais,
il n’y a jamais eu de port

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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MONTS ET MERVEILLES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

MONTS ET MERVEILLES

Soleil dont le plateau fait pencher la balance
Le vent dans les barreaux
Le premier pas de danse
Et la neige qui fond
Les liens qui se défont
La pensée qui descend lentement du plafond
Le sourire attendu qui lézarde la face

Seigneur il fait si beau
Comment rester en place
Je vais te réclamant sur les toits bohémiens
Pour t’appeler les mots ne viennent pas très bien
Niais de mes yeux tu vois j’apprivoise les anges
Les arbres et mes bras font un curieux mélange
Toujours plus près de toi
Conseillé par les fleurs
Ta main pressant la pomme acide de mon coeur

Je t’attends
Tu n’attends jamais laissé un homme attendre
Pour t’aimer
Tu diras comment il faut s’y prendre
J’ai tant besoin d’amour
Mon Dieu, tu ne peux pas me rayer de ton cours

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Parce que de la viande (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Parce que de la viande était à point rôtie,
Parce que le journal détaillait un viol,
Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie
La servante oublia de boutonner son col.

Parce que, d’un lit grand comme une sacristie,
Il voit sur la pendule un couple antique et fol
Ou qu’il n’a pas sommeil et que sans modestie
Sa jambe sous les draps frôle une jambe au vol,

Un niais met sous lui sa femme froide et sèche
Contre son bonnet blanc frotte son casque-à-mèche
Et travaille en soufflant inexorablement:

Et de ce qu’une nuit sans rage et sans tempête
Ces deux êtres se sont accouplés en dormant
Ô Shakespeare, et toi Dante , il peut naître un poète!

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Margarita Sikorskaia

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