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Poésie

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Telle que Viviane (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Telle que Viviane

LE blond zodiaque détruit
Ses énigmatiques algèbres,
Et les cygnes noirs de la nuit
Glissent sur un lac de ténèbres.

Tu me tends, d’un geste onduleux,
Tes mains où le lotus se fane.
A travers les feuillages bleus
Tu Souris, comme Viviane.

Je retrouve les chers poisons
Sous la langueur de ta parole,
Et les anciennes trahisons
Te nimbent, comme une auréole.

L’éclair des astres vient dorer
Le gris pervers de ta prunelle.
Ah ! comment ne point t’adorer
D’être perfide et d’être belle ?

(Renée Vivien)

Illustration: Gaston Bussière

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Je suis, Etre anxieux (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Aivazovsky 8a4

Je suis, Etre anxieux. Ne m’entends-tu donc pas
déferler jusqu’à toi par mes sens en rumeur ?
Mes sentiments qui ont trouvé des ailes
nimbent ta face de blancheur.
Ne vois-tu pas mon âme devant toi
si proche sous sa robe de silence ?
Ma prière de mai ne mûrit-elle
à ton regard, comme un fruit sur un arbre ?

Si tu es le rêveur, je suis ton rêve;
mais si tu veux veiller, c’est bien moi ton vouloir.
De toutes les splendeurs je me fais éclatant,
et me polis comme un silence plein d’étoiles
sur la cité merveilleuse du temps.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Aivazovsky

 

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Aube vivante (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Aube vivante

La lumière nimbe la source
Dans le bois humide
Dont le vent secoue les feuilles
Et mélange les couleurs
Avec les odeurs d’un matin acide

Dans le silence
J’écoute monter la sève
Vers un ciel aride
Et me drape de clarté

J’emprisonne l’espace
Où le soleil se mire
Et multiplie sa propre image

Il se lève sur un matin d’oiseaux
Qui criblent l’air de cris
Lentement le jour déplie ses doigts
Pour me caresser le front.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Aurore (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
Aurore

Dans les jardins frais à l’aurore,
Rêver près des volubilis,
Coupés de lapis-lazulis
Qu’un humide rayon décoré.

Sous un vieux poirier qui s’éplore,
Et que l’aube d’un clair surplis
Habille, au soleil qui les dore
Respirer l’haleine des lys.

Voir sur les roses balsamines,
S’empétrant à leurs étamines,
Errer un bourdon diligent.

Cueillir dans la pâle lumière
Qui nimbe sa sveltesse altière,
Un œillet blanc glacé d’argent.

(Marie Dauguet)

 

 

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Lever (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Lever

La belle aube est nimbant de ses charmes polaires
Les brûlures d’un ciel aux corbeaux ravissants…
Leur souffle soit mon souffle et leur essor m’arrache
À l’ombre en tous les coins par ses chiens dévorée !

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Faut-il toujours que le matin revienne ? (Novalis)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



Faut-il toujours que le matin revienne ?
L’empire de ce monde ne prend-il jamais fin ?
Une fatale activité engloutit les élans divins de la Nuit qui s’approche.
Ne va-t-il donc jamais, le sacrifice occulte de l’Amour, éternellement brûler ?

La lumière a son temps, qui lui fut mesuré ;
mais le royaume de la Nuit est hors le temps et l’espace.
– Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.
Sommeil sacré ! Ne t’en viens pas trop rarement, durant le terrestre labeur du jour,
combler de tes félicités les adeptes fidèles de la Nuit.

Les insensés uniquement te méconnaissent
et ne savent point d’autre sommeil que l’ombre que tu jettes,
par compassion pour nous, au crépuscule de la nuit évidente.

Ils ne te sentent point dans le flot d’or des grappes
– dans l’huile miraculeuse de l’amandier ou dans la brune sève du pavot.

Ils ne le savent pas, que c’est toi qui nimbes ainsi le tendre sein de la vierge
et nous fais de son cœur un paradis.

Ils ne pressentent pas que, te levant des légendes anciennes,
tu t’avances vers nous, ouvrant le ciel,
et tu portes la clé qui ouvre les demeures de la béatitude,
silencieux messager des infinis mystères !

(Novalis)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Carrières d’automne (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2015



Carrières d’automne

sur lesquelles descend un printemps lunaire
qui nimbe de candeur chaque découpure,
éclats de pin, éclaboussure
aveuglante de filets tendus, de débris,

elle reviendra, reviendra sur le gel,
la bonté d’une main,
et franchira le ciel lointain
la chiourme lumineuse qui nous saccage.

***

Cave d’autunno

su cui discende la primavera lunare
e nimba di candore ogni frastaglio,
schianti di pigne, abbaglio
di red stese e schegge,

ritornerà ritornerà sul gelo
la bontà d’una mano,
varcherà il cielo lontano
la ciurma luminosa che ci saccheggia.

(Eugenio Montale)

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