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Poésie

Posts Tagged ‘noble’

La vacuité vraie (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019




    
La vacuité vraie est comme un noble vase
Qui a nectar en soi: il a, et ne sait quoi.

(Angelus Silesius)

 

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A une passante (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

(Baudelaire)


Illustration: Miriam Naïli

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Etonnants voyageurs! (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Etonnants voyageurs!
Quelles nobles histoires
nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!

(Baudelaire)

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Les Chats (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

(Charles Baudelaire)

 

 

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Comme on aimerait que tout se concerte (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Comme on aimerait cercles  l

Comme on aimerait
que tout se concerte

les dieux et les cercles
et chacun le sien

toi dans ta cahute,
moi sous le soleil

pas de luttes vaines,
l’abîme pareil

fais-toi philosophe,
mon noble cousin

si tu ne crois rien
la folie te guette.

(Claude Esteban)

Illustration: Kandisky 

 

Comme on aimerait
que tout se concerte

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MARIANA (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Albena Vatcheva   (22)

MARIANA

Don Pedro viendra à cheval
Comme un fou quand il saura
Que je suis emprisonnée
Pour avoir brodé son pavillon.
Et si l’on me tue, il viendra
Pour mourir à mon côté,
Car il me l’a dit un soir
En m’embrassant les cheveux;
Il viendra comme un saint Georges
De diamants et d’eau noire,
Laissant flotter en l’air la fleur
Eclatante de sa cape vermeille.
Et parce qu’il est noble et modeste,
Pour que personne ne le voie,
Il viendra au petit matin,
Dans le petit matin frais
Alors que sur l’air obscur
Le citronnier brille à peine
Et que l’ombre dessine dans les vagues
Des frégates d’ombre et de soie.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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PASTOURELLE (Jean de Brienne)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018


 


 

PASTOURELLE

Sous l’ombre d’un bois,
Je trouvai une bergère à mon goût ;
Contre l’hiver, elle était bien protégée,
La fillette aux cheveux blonds.
Quand je la vis sans compagnie,
Je quittai mon chemin et allai vers elle. Aé !

La jeune fille n’avait de compagnon
Que son chien et son bâton ;
A cause du froid, dans sa cape,
Elle était tapie près d’un buisson ;
Sur sa flûte, elle chantait
Garinet et Robichon. Aé !

Quand je la vis, soudainement,
Je me tourne vers elle et mets pied à terre ;
Je lui dis : « Bergère amie,
De bon coeur je me rends à vous :
Faisons de feuilles une cabane,

Et nous nous aimerons gentiment. » Aé !
Seigneur, retirez-vous,
car tel propos j’ai déjà entendu.
Je ne m’abandonne pas
A chacun qui dit : « Viens ça! >.
Ce n’est pas pour votre selle dorée
Que Garinet perdra son bien. » Aé !

« Petite bergère, si cela te plaît,
Dame tu seras d’un château.
Dépouille ta cape grisette,
Revêts ce manteau de vair ;
Ainsi tu ressembleras à la rosette
Qui s’épanouit nouvellement. » Aé !

Sire, voici une belle promesse ;
Mais bien folle est celle qui accepte
Ainsi d’un étranger
Un manteau de vair et une parure,
Si elle ne lui accorde ce qu’il demande
Et ne consent à son désir. » Aé !

« Petite bergère, sur ma foi,
Parce que je te trouve belle,
Dame distinguée, noble et fière,
Si tu veux, je ferai de toi.
Laisse l’amour des garçons,
Et garde-toi toute pour moi. » Aé !

« Sire, paix, je vous prie :
Je n’ai pas le coeur si déchu :
Car j’aime mieux une pauvre joie
Sous le feuillage avec mon ami
Qu’être dame en belle chambre
Et qu’on n’ait cure de moi. » Aé !

(Jean de Brienne)

Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

 

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Le caillou (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Le caillou

le caillou est une créature
parfaite

égal à lui-même
protégeant ses limites

empli exactement
d’un sens de pierre

dont l’odeur ne rappelle rien
n’effraie pas ne suscite pas de désir

son ardeur et sa froideur
sont justes et pleines de dignité

je suis pétri de remords
quand je le tiens dans ma paume
et que son noble corps
est empreint d’une fausse chaleur

– Les cailloux ne se laissent pas apprivoiser
ils nous regarderont jusqu’à la fin
d’un œil calme très clair

(Zbigniew Herbert)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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HAMLET (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

HAMLET

Être ou ne pas être, telle est la question.
Est-il plus noble pour l’esprit de souffrir
Les coups et les flèches d’une injurieuse fortune,
Ou de prendre les armes contre une mer de tourments,
Et, en les affrontant, y mettre fin? Mourir, dormir,
Rien de plus, et par un sommeil dire : nous mettons fin
Aux souffrances du coeur et aux mille chocs naturels
Dont hérite la chair; c’est une dissolution
Ardemment désirable.-Mourir, dormir,
Dormir, rêver peut-être, ah! C’est là l’écueil.
Car dans ce sommeil de la mort les rêves qui peuvent surgir,
Une fois dépouillée cette enveloppe mortelle,
Arrêtent notre élan. C’est là la pensée
Qui donne au malheur une si longue vie.
Car qui voudrait supporter les fouets et la morgue du temps,
Les outrages de l’oppresseur, la superbe de l’orgueilleux,
Les affres de l’amour dédaigné, la lenteur de la loi,
L’insolence du pouvoir, et les humiliations
Que le patient mérite endure des médiocres,
Quand il pourrait lui-même s’en rendre quitte
D’un coup de dague ? Qui voudrait porter ces fardeaux,
Pour grogner et suer sous une vie harassante,
Si la terreur de quelque chose après la mort,
Contrée inexplorée dont, la borne franchie,
Nul voyageur ne revient, ne déroutait la volonté
Et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
Plutôt que fuir vers d’autres dont nous ne savons rien?

[…]

***

HAMLET

To be or not to be, that is the question:
Whether ’tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache, and the thousand natural shocks
That flesh is heir to,’tis a consummation
Devoutly to be wished. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream; ay, there’s the rub;
For in that sleep of death what dreams may come,
When we have suffled off this mortal coil,
Must give us pause: there’s the respect
That makes calamity of so long, life,
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor’s wrongs, the proud man’s contumely,
The pangs of despised love, the law’s delay
The insolence of office, and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover’d country, from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?

[…]

(William Shakespeare)

 

 

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