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Le roi de Thulé (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Pierre Jan Van Der Ouderaa
    
Le roi de Thulé

Il était un roi de Thulé
A qui son amante fidèle
Légua, comme souvenir d’elle,
Une coupe d’or ciselé.

C’était un trésor plein de charmes
Où son amour se conservait :
A chaque fois qu’il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes.

Voyant ses derniers jours venir,
Il divisa son héritage,
Mais il excepta du partage
La coupe, son cher souvenir.

Il fit à la table royale
Asseoir les barons dans sa tour ;
Debout et rangée alentour,
Brillait sa noblesse loyale.

Sous le balcon grondait la mer.
Le vieux roi se lève en silence,
Il boit, – frissonne, et sa main lance
La coupe d’or au flot amer !

Il la vit tourner dans l’eau noire,
La vague en s’ouvrant fit un pli,
Le roi pencha son front pâli…
Jamais on ne le vit plus boire.

(Gérard de Nerval)

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Un poil dans l’âme (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Un poil dans l’âme

Il s’est souvent demandé
si sa fatigue

liberté ceci
volonté cela

et maladie
et patata

il n’a toujours pas
trouvé de réponse

trop fatigué

*

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

*

Son cauchemar
bien sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

*

Pour trouver
la sérénité
le fainéant ne fouille pas les poubelles
de ces philosophies
plus ou moins exotiques

Un bon canapé lui suffit
il reste ainsi des heures
vautré
dans son plus beau sourire

tandis que son esprit essaye
un un
tous les coussins de l’absolu

*

Si vraiment l’avenir
appartient à ceux
qui se lèvent tôt

le reste
appartient aux autres

Franchement
l’affaire
le fainéant la trouve
plutôt bonne

*

Des rêves de grandeur
il n’en nourrit
que pour son lit

Pour le reste
il veut bien
vivre en chien de fusil

*

Pour la beauté
c’est différent
Il n’a qu’à se laisser
transporter

*

De la fenêtre de sa chambre
des heures durant
il admire
l’élévation patiente
l’orgueil
la noblesse des arbres

Les arbres

la seule élite
respectable

*

Rien ne sert de courir

Nul besoin de fable
pour en persuader le fainéant

qui ajoute volontiers
rien ne sert de partir
rien ne sert d’arriver
ce pâté de lièvre est excellent

*

Évidemment
il grossit

rajoute chaque jour
un peu de gras

entre le monde et lui

*

Il n’est pas pour autant
pressé de mourir

Le sommeil
à de telles profondeurs
ne le tente pas encore

Nul n’est parfait

*

Faire son marché
suffit à épuiser
son besoin d’aventure

Dans le cabas
son odyssée
pèse moins que la laitue

D’ailleurs sa Pénélope
supporte mal
les attentes prolongées

*

Sa ligne de conduite
n’exige
qu’une géométrie minimale

Pourquoi perdre son temps
le long des droites
des courbes ou des brisées ?

Dormir
est le plus court chemin
d’un point au même point

*

Il s’affale
dans son fauteuil
gauloise
dans une main
verre
dans l’autre

Vingt heures
la télé
l’informe
de la santé
du monde

Écoutez
dans le whisky
le bonheur
fait craquer
les glaçons

(Jean-Michel Robert)

 

 

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Vous qui savez aimer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Eugène Louis Lami
    
Vous qui savez aimer, vous qui savez comprendre,
Oh ! Ne vous laissez pas décourager en vain,
Poète dont le coeur, à la fois triste et tendre,
Vibre à chaque émotion du vaste coeur humain !

Gardez toujours en vous la frêle poésie,
Gardez toujours en vous son doux rythme touchant,
Ecoutez bien la voix, âme qu’elle a choisie ;
Gardez toujours en vous la lumière et le chant !

Gardez toujours en vous cet idéal suprême,
La noblesse de l’âme avec celle du coeur ;
Que votre vie soit la poésie même !
Et soyez de vous-même et du monde vainqueur !

Que rien ne vous attriste et ne vous décourage.
Sachant que vous avez l’harmonie et l’amour ;
Persévérez toujours ! — Ayant le grand message
Que chantait autrefois le moindre troubadour.

Oh ! Le monde a toujours été dur aux poètes !
Car la réalité tuait leur idéal,
Mais vous, — Ah ! Soyez grand ! Que tout ce que vous faites
Ait l’élan victorieux d’un hymne triomphal !

Et songez, quand parfois vous êtes seul et triste,
Que votre vie, hélas ! comprime votre coeur,
Ce coeur plein d’harmonie et de rêves d’artiste,
Songez que tout cela doit vous rendre meilleur !

Songez que cette vie ennoblit, ô poète !
Songez que chaque épreuve est un progrès de fait ;
Que c’est un pas de plus vers le sublime faîte ;
Songez que tout cela tend à rendre parfait.

Si votre force, hélas ! parfois s’est endormie,
Qu’à peine vous pouvez rester fier et debout,
Souvenez-vous alors d’une petite amie
Qui saura vous comprendre et souffrir avec vous !

(Renée Vivien)

 

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A un ami qui m’est cher (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
A un ami qui m’est cher

Lorsque je vous ai vu pour la première fois,
Je n’ai vu qu’un passant, qu’une ombre parisienne,
Dont la voix répondait par hasard à ma voix,
Dont la main effleurait par hasard la mienne.

J’étais comme un rêveur attardé sur la grève,
Qui voit venir vers lui les vagues de la mer,
Et qui les voit s’enfuir, en poursuivant son rêve,
Qui les voit retomber dans le néant d’hier.

Je ne voyais qu’un flot de l’océan humain,
A peine s’attardait ma pensée fuyante, —
Rien qu’un adieu banal, un serrement de main,
Et je vous ai quitté, vous passant, moi passante.

Quand vos vers ont chanté tendrement à mon âme,
Je n’ai vu qu’un poète, un esprit mélodieux,
Qui chantait en tissant le fil d’or de la trame
Faite d’illusions et de rêves radieux.

J’écoutais en rêvant les chants de votre coeur,
J’écoutais en rêvant l’harmonie secrète
Toute pleine d’amour, de joie ou de douleur
Que soupirait tout bas votre âme de poète.

J’étais comme un passant qui dans la nuit écoute
Un chant de rossignol, harmonieux et touchant,
Et qui, tout attendri, reprend après sa route
Emportant avec lui la mémoire d’un chant.

Enfin quand votre coeur au mien s’est révélé,
Quand j’ai vu sa grandeur, son intime noblesse,
Ami, le moindre doute alors s’en est allé,
Je pouvais me confier sans crainte à sa tendresse.

Alors j’ai vu l’ami, — cet ami de mes songes,
Cet ami tendre et doux, dont j’avais tant besoin,
Hélas ! Et maintenant les heures se prolongent
En nuits, en jours, en mois, et vous êtes si loin !

Mais vous êtes toujours présent à ma pensée,
Mais vous êtes toujours présent à mon esprit…
Ami, votre tendresse, ainsi que la rosée,
Pénètre dans mon coeur, et ranime et guérit…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Les premiers (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



La floraison du bâton

[12]
Ainsi les premiers — c’est écrit,
seront les individus tordus ou torturés,

hors-ligne, hors-champ du soi-disant progrès du monde ;
le premier à recevoir la promesse était un voleur ;

la première à voir en réalité Sa vie-après-la-mort ,
était une femme déséquilibrée, névrotique,

honnie naturellement pour avoir quitté sa maison
ne pas s’être occupée du ménage… ou était-ce Marie de Béthanie ?

en tout cas — quant à cette autre Marie
et ce qu’elle fit, tout le monde le sait,

mais il n’est pas attesté
où exactement et comment elle trouva la boîte d’albâtre ;

d’aucuns disent qu’elle avait pris l’argent du ménage
ou l’argent du tronc des pauvres,

d’aucuns disent qu’elle n’avait rien avec elle,
ni bourse, ni besace,

ni pièce d’or ou d’argent
frappée à l’effigie de César.

[ 13]
En tout cas, elle conclut un étrange marché
(du moins, certains le disent) avec un Arabe,

un étranger sur la place du marché ;
en fait, il avait une petite maison, une échoppe

installée à gauche, à l’arrière du marché
quand on passe par la porte du bas ;

ce qu’il avait n’était pas à vendre ; il allait
à un couronnement, à des obsèques — en même temps –

ce qu’il avait, sa myrrhe inestimable, introuvable ailleurs
était pour la double cérémonie, funérailles et intronisation ;

sa myrrhe et son encens n’étaient pas ordinaires
et d’ailleurs, n’étaient pas à vendre, dit-il ;

il écarta sa robe d’un geste noble
mais la femme peu virginale ne saisit pas l’allusion ;

elle avait vu la noblesse de première main ;
rien ne l’impressionnait, c’était facile à voir ;

elle ne s’inquiétait pas de se voir acclamée ou
dédaignée par lui ou pire ; que sont les insultes ?

elle savait comment rester détachée,
un autre péché impardonnable,

et quand des pierres étaient lancées,
elle n’était tout simplement pas là ;

elle n’était pas là et puis elle apparut,
pas vraiment une belle femme — ne penses-tu pas ?

certainement pas jolie ;
ce qui frappa l’Arabe était qu’elle était imprévisible ;

ce n’était encore jamais arrivé — une femme —
eh bien — en tout cas, lui, il connaissait le monde — une dame

n’avait pas saisi l’allusion, ne s’était pas gracieusement soustraite
devant un geste implicite de congé

et sans offense apparente en fait,
pour sortir par la porte.

[ 14]
Il était aisé de voir qu’il n’était pas un marchand ordinaire ;
elle en était certaine — il était ambassadeur ;

presque personne à qui l’on puisse faire confiance
avec cette marchandise précieuse,

bien que les jarres fussent scellées,
la fragrance s’en échappait un peu,

et la rumeur s’était propagée,
même quand on parvenait à rester à l’écart

des lieux habituels des marchands ;
certains disaient que cette distillation, cette essence

durait littéralement à jamais, avait ainsi duré —
bien que personne naturellement, ne sût en fait

ce qu’il y avait ou non dans les boîtes d’albâtre
des princesses des rois de Hyksôs,

c’étaient des jarres d’onguent, sans nul doute ;
mais qui allait les ouvrir ?

des charmes y étaient gravés,
sigils et figures étaient peints sur toutes les jarres ;

personne ne démantelait les tombes,
ce serait pure méchanceté — mais il savait une chose,

son peuple avait pendant des siècles et des siècles,
chuchoté les secrets des processus sacrés de la distillation ;

ce n’était jamais écrit, même en symboles, car ils savaient ceci —
aucun secret n’est en sécurité avec une femme.

***

So the first—it is written,
will be the twisted or the tortured individuals,

out of line, out of step with world so-called progress;
the first to receive the promise was a thief;

the first actually to witness His life-after-death,
was an unbalanced, neurotic woman,

who was naturally reviled for having left home
and not caring for house-work … or was that Mary of Bethany?

in any case—as to this other Mary
and what she did, everyone knows,

but it is not on record
exactly where and how she found the alabaster jar;

some say she took the house-money
or the poor-box money,

some say she had nothing with her,
neither purse nor script,

no gold-piece or silver
stamped with image of Caesar.

In any case, she struck an uncanny bargain
(or so some say) with an Arab,

a stranger in the market-place;
actually, he had a little booth of a house

set to the left, back of the market
as you pass through the lower-gate;

what he had, was not for sale; he was on his way
to a coronation and a funeral—a double affair—

what he had, his priceless, unobtainable-elsewhere myrrh
was for the double ceremony, a funeral and a throning;

his was not ordinary myrrh and incense
and anyway, it is not for sale, he said;

he drew aside his robe in a noble manner
but the un-maidenly woman did not take the hint ;

she had seen nobility herself at first hand;
nothing impressed her, it was easy to see;

she simply didn’t care whether he acclaimed
or snubbed her—or worse; what are insults?

she knew how to detach herself,
another unforgivable sin,

and when stones were hurled,
she simply wasn’t there;

she wasn’t there and then she appeared,
not a beautiful woman really—would you say?

certainly not pretty;
what struck the Arab was that she was unpredictable;

this had never happened before—a woman—
well yes—if anyone did, he knew the world—a lady

had not taken a hint, had not sidled gracefully
at a gesture of implied dismissal

and with no apparent offence really,
out of the door.

It was easy to see that he was not an ordinary merchant;
she saw that certainly—he was an ambassador;

there was hardly anyone you could trust
with this precious merchandise,

though the jars were sealed,
the fragrance got out somehow,

and the rumour was bruited about,
even if you yourself managed to keep out

of the ordinary haunts of the merchants;
some said, this distillation, this attar

lasted literally forever, had so lasted—
though no one could of course, actually know

what was or was-not in those alabaster boxes
of the Princesses of the Hyksos Kings,

there were unguent jars, certainly;
but who would open them?

they had charms wrought upon them,
there were sigils and painted figures on all the jars;

no one dismantled the tombs,
that would be wickedness—but this he knew,

his own people for centuries and centuries,
had whispered the secret of the sacred processes of distillation;

it was never written, not even in symbols, for this they knew—
no secret was safe with a woman.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Léonard de Vinci

 

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Le Lis (I) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



Splendide honneur de Mai, j’aime le Lis royal!
Sa tige est haute afin que rien ne le salisse;
Il s’exhale, la nuit, de son large calice,
Comme d’un encensoir, un parfum virginal.

Lorsque sur la nature a souri Floréal,
Il ouvre au bord des eaux sa robe blanche et lisse;
Malheur au criocère imprudent qui s’y glisse!
Il meurt, ivre d’amour. O fleur de l’Idéal!

O lis immaculé! Couronnant ta corolle,
Tes pistils d’or te font une fière auréole,
Et l’honneur pour emblème a choisi ta blancheur.

Dieu t’aimait, car il fit la Vierge à ton image,
Et mit sur la beauté de son jeune visage
Ta pudique noblesse et ta pâle fraîcheur.

(José-Maria de Heredia)

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L’AME DES BONS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



 


L’AME DES BONS

L’âme des bons, fragile et douce étrangement,
Ne peut pas croire à des trahisons incessantes
Et qu’il faille toujours douter des voix absentes
Et voir sur toute lèvre un silence qui ment.

Les bons, ceux qui n’ont pas la science de vivre,
Pauvres âmes, en qui le moindre mot aimant
Résonne en frissons d’or et tinte longuement
Ainsi qu’une humble aumône au fond d’un tronc de cuivre

Les bons, ceux qu’un navire en allé, tout là-bas
Au bout de l’océan, le soir, mélancolise;
Les bons qui, sans croyance, entrent dans une église
Et rient aux amoureux qu’ils ne connaissent pas.

Les bons que n’ont frôlés ni l’orgueil, ni l’envie,
Qui conservent tout blanc leur manteau baptismal,
Et, sans en être atteints, vont marchant dans le mal
Et racontant au ciel leur ennui de la vie.

Les bons dont l’énergie, hésitante à vouloir,
Cache son arme vaine aux yeux qui les regardent,
Car c’est un poignard d’or damasquiné — qu’ils gardent
Dans un mélancolique étui de velours noir.

Les bons tout en douceur, les bons tout en faiblesse
Un peu femmes, un peu enfants, ne voulant pas
Diminuer leur rêve en d’infimes combats,
Sachant que le silence est la seule noblesse.

Les bons dont la grande âme est comme un puits profond :
Des passantes d’un jour, avant que l’eau ne gèle,
Viennent l’une après l’autre au bord de la margelle
Y voir leur beau visage étinceler au fond.

Mais des hommes cruels jalousant les lumières
Du ciel qui s’y reflète avec tout son azur
Arrivent lâchement lancer d’un geste sûr
Dans ces coeurs — des mots froids et durs comme des pierres

(Georges Rodenbach)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Layla (Paroles Soufies)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



 

Albena Vatcheva    (30)

Layla

Vois cette houri du ciel
Qui mêle dans sa beauté
La noblesse de la pudeur
Au feu de la passion

Des rayons de l’âme
Coule le vin du désir
Dans une coupe de lumière

Les navettes de l’amour
Sur l’étendue du coeur
Dessinent de leurs fils
Les trames de l’union.

(Paroles Soufies)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Introspection (Julien Boutreux)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016



Introspection

La fatigue emplit les mots
Et la parole reste muette
Le clavier remplace les lettres de noblesse
J’ouvre la vie le néant mon crâne aussi
Mais bien sûr au-dedans
Je n’aperçois rien
Qu’un univers insensé infini et noir
Sans haut ni bas
Ni points cardinaux
Pour dire où aller

(Julien Boutreux)

Découvert ici: http://revue17secondes.blogspot.fr/

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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Hâte-toi (Rûmi)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2016



Avec la puissance de l’aigle
et la noblesse du lion

Viens dans l’entrepôt de l’âme
avec des yeux qui ne soient pas avides.

Hâte-toi de te rendre là
où ne sont ni tôt, ni tard

Va vers les hauteurs,
là où n’existent ni haut ni bas.

(Rûmi)

Illustration: Cyn McCurry

 

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