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Posts Tagged ‘nocher’

Des œufs dans la haie (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
Des œufs dans la haie
Fleurissent l’aubépine
Voici le retour
Des marchands forains
Et qu’un gai soleil
Pailleté d’or fin
Éveille les bois
Du pays voisin
Est-ce le printemps
Qui cherche son nid
Sur la haute branche
Où niche la pie ?
C’est mon cœur marqué
Par d’anciennes pluies
Et ce lent cortège
D’aubes qui le suit

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Je chante et pleure, et veux faire et défaire (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Je chante et pleure, et veux faire et défaire,
J’ose et je crains, et je fuis et je suis,
J’heurte et je cède, et j’ombrage et je luis,
J’arrête et cours, je suis pour et contraire,

je veille et dors, et suis grand et vulgaire,
Je brûle et gèle, et je puis et ne puis,
J’aime et je hais, je conforte et je nuis,
Je vis et meurs, j’espère et désespère ;

Puis de ce tout étreint sous le pressoir,
J’en tire un vin ores blanc, ores noir,
Et de ce vin j’enivre ma pauvre âme,

Qui chancelant d’un et d’autre côté,
Va et revient comme esquif tempêté,
Veuf de nocher, de timon et de rame.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: William Blake

 

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LA CHANSON DES NOCHERS DE L’AIR (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2015




LA CHANSON DES NOCHERS DE L’AIR

Nous partîmes, un soir fulgurant et vermeil
Comme en forgent les ciels d’été sur leurs enclumes,
Et notre prime essor fut si prompt que nous eûmes
L’immense illusion d’entrer dans le soleil.

Nos grands oiseaux de toile éployèrent leurs pennes
Et, se servant du vain effort des vents debout,
Ils prirent le plein ciel, lentement, sans à-coup,
Sur l’émerveillement des cités et des plaines.

Et depuis, nous voguons du zénith au nadir,
Toujours plus haut, toujours plus loin, nos mains tendues
Vers le silence bleu des vastes étendues
D’où nous voyons Phébus, à chaque aube, bondir.

*

Nous ne savons plus rien des faiblesses des hommes,
Rien de leurs gestes fous, rien de leurs mots menteurs.
Le murmure des vents, le chant de nos moteurs,
Sont le seul bruit perçu dans l’espace où nous sommes.

En voyant nos regards où flambent nos orgueils,
Les aigles attardés qui regagnent leurs aires
Disent entre eux : « Fuyons, ce sont les Téméraires.
Nous sommes les nochers de la mer sans écueils.

Nous sommes les coureurs de la route infinie,
Les Jasons du soleil, les Gamas de l’éther.
L’inextinguible feu qui brûle notre chair
N’est qu’un éclair jailli de l’éternel génie.

*

Quand, penchés sur les bords de nos vaisseaux ailés,
Nous regardons peiner les foules dans les villes,
Nous plaignons les rancoeurs, les besognes serviles
Et les rêves rampants des siècles en allés.

Nous, dont le vol s’éploie en libre théorie
Sous l’oeil indifférent des constellations,
Nous prenons en pitié les chocs des nations
Car nous sommes les seuls et les vrais sans-patrie.

Et si toujours plus haut nous entrons dans les cieux,
C’est qu’un désir ardent bouillonne dans nos moelles :
Aborder, quelque jour, sur l’une des étoiles,
Pour, n’enviant plus rien, nous croire enfin des dieux !

(Pascal Bonetti)

Illustration: Patrice Rivoallan

 

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Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir

Quels sont ces bruits sourds ?
Ecoutez vers l’onde
Cette voix profonde
Qui pleure toujours
Et qui toujours gronde,
Quoiqu’un son plus clair
Parfois l’interrompe… –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Comme il pleut ce soir !
N’est-ce pas, mon hôte ?
Là-bas, à la côte,
Le ciel est bien noir,
La mer est bien haute !
On dirait l’hiver ;
Parfois on s’y trompe… –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Oh ! marins perdus !
Au loin, dans cette ombre
Sur la nef qui sombre,
Que de bras tendus
Vers la terre sombre !
Pas d’ancre de fer
Que le flot ne rompe. –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

Nochers imprudents !
Le vent dans la voile
Déchire la toile
Comme avec les dents !
Là-haut pas d’étoile !
L’un lutte avec l’air,
L’autre est à la pompe. –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

C’est toi, c’est ton feu
Que le nocher rêve,
Quand le flot s’élève,
Chandelier que Dieu
Pose sur la grève,
Phare au rouge éclair
Que la brume estompe ! –
Le vent de la mer
Souffle dans sa trompe.

(Victor Hugo)

 

 

 

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