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Poésie

Posts Tagged ‘nocturne’

Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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NOEL (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021



 

 

NOEL

Les carillons de Noël
Dans le vent nocturne…
Qui sait où sont aujourd’hui
Les cloches
Et les sons de jadis ?

Les sons vivants
Des ans écoulés
Avec leur beauté enfantine
Et leurs cheveux parfumés
Leurs cheveux parfumés de l’odeur de résine
Avec des lèvres et des boucles
Alourdies par les rêves ?

Et d’où viennent les cloches
D’aujourd’hui

Les vagabondes cloches d’aujourd’hui ?
Les jours présents
Glissent dans un souffle.
Qui écoute seulement si c’est une plainte
Ou le rieur mois de Mai
Le rougissant fleurissant mois de Mai ?

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration

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Je regardais, au bord de la Néva (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021




    
Je regardais, au bord de la Néva,
Dans les vapeurs d’une brume glacée,
Resplendir la coupole dorée
Du grand géant Saint-Isaac.

Timidement les nuages se levaient
Sur le ciel nocturne, hivernal,
Dans un silence de mort le fleuve pâle
Luisait de ses eaux gelées.

Et j’ai songé, triste et silencieux,
Qu’en des pays de soleil brûlant,
La baie de Gênes en cet instant
Flamboyait de tous ses feux.

O toi, Nord, Nord-sorcier,
Suis-je donc par toi envoûté ?
Ou suis-je vraiment enchaîné
Au froid granit de tes contrées ?

Ah, si un souffle, en passant,
Doucement dans le soir incertain,
M’emportait, m’emportait au loin,
Là-bas, là-bas, vers le Sud brûlant…

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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La magie (Jules Monnerot)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2021


magie021

L’essence même de la magie
n’est que la croyance nocturne
à l’efficacité du désir et du sentiment.

(Jules Monnerot)

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Caverneux (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021




Creux, caverneux, plein de battements d’ailes nocturnes
Entouré de chants et d’angoisses

(Friedrich Nietsche)

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Langue liane (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021


Benjamín Wu     [1280x768]

Langue liane Eau jade au jadis du temps des lanternes
traversières Je hélai ta chair au long des rives, soudain
nautonier du nocturne Le geste allait se brisant dans le crin
du corps avec des guerres civiles et des bouches d’entrailles
Une meute prenait garnison parmi tes seins Un jour d’empreintes

Déjà tu étais bannie de toi L’oiseau fuyait Les arbres s’en allaient
avec des élégances déchues et des années promises à qui étreint
pénètre Dans les ronciers de la fourche des jambes les chevaux
de mes dents venaient boire Tu étais libre des linges un éclat
de marbre avec des ombres

(Hubert Juin)

Illustration: Benjamín Wu

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Nocturne (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Nocturne

Notre Père qui es aux cieux,
pourquoi m’as-tu donc oubliée ?
Tu t’es souvenu du fruit de l’été
quand tu as blessé sa chair de rubis.
Moi je porte aussi blessure à mon flanc,
mais tu ne veux pas regarder vers moi !

Tu t’es souvenu de la grappe noire
et tu l’as donnée au pressoir carmin ;
du peuplier as dispersé les feuilles
avec ton haleine, dans l’air subtil.
Mais dans le vaste pressoir de la mort
tu ne veux encor fouler ma poitrine !

En marchant, j’ai vu s’ouvrir les violettes
mes lèvres ont bu du vent le falerne
et j’ai abaissé, jaunes, mes paupières,
ne voulant plus voir Janvier ni Avril.
J’ai crispé la bouche et j’ai refoulé
la strophe et son flux qui ne doit couler.
Tu as blessé le nuage de l’Automne,
mais tu ne veux pas te tourner vers moi !

Celui qui baisa ma joue m’a trahie ;
i1 m’a reniée pour ma robe de pauvre.
Mon visage en sang lui avais offert
dans ma poésie, comme Toi au linge.
Pour ma nuit au Jardin des Oliviers
Jean a été lâche et l’Ange, ennemi.

L’infinie fatigue est venue enfin,
jusque dans mes yeux elle s’est fichée :
fatigue du jour en train de mourir
et de l’aube qui doit lui succéder ;
fatigue du ciel quand il est étain
et fatigue aussi du ciel indigo !

Je délace ma sandale martyre
et, tresses dénouées, demande à dormir.
Perdue dans la nuit, j’élève vers Toi
cette clameur-1à que tu m’as apprise :
Notre Père qui es aux cieux,
pourquoi m’as-tu donc oubliée !

(Gabriela Mistral)

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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NOCTURNE (ET PUIS) (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Alice Pike Barney 29739 [1280x768]

NOCTURNE
(ET PUIS)

Et puis
Je crois qu’on s’aimait vraiment
Et puis
Tout était grave et charmant
Et puis
J’allais chez toi chaque nuit
Et puis
Tu m’appelais en dormant

Alors, le matin nous reprenait
Alors, nous allions nous promener
Alors, c’était une autre journée
Et puis
Le soleil ou bien la pluie
Et ces jours heureux je te les dois
Je peux les compter sur mes doigts
Peut-être moins d’une semaine à peine à peine
Un train s’en allait et je l’ai pris
Et je ne t’ai jamais écrit
Comme j’en avais fait promesse promesse de Paris

Et puis
Je ne sais plus qui tu es
Et puis
Je me suis habitué
Et puis
Je ne sais plus où je suis
Et puis
Je vais chez toi chaque nuit
Et puis
Et puis
Et puis.

(Christian Arabian)

Illustration: Alice Pike Barney

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HAMLET (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    

HAMLET

Il y a un moment, avant le réveil, où
rêve et réalité se confondent. Certaines fois,
le sommeil empêche de faire cette distinction ;
d’autres, nous nous jugeons engagés
dans la vie sans savoir que nous ne sortons pas encore
des limbes nocturnes. Dans tous les cas,
émotions et sentiments saisissent
le corps; nous nous déplaçons d’un bord à l’autre
avec l’angoisse de cette double existence; en rien,
nous ne dominons les actions que, cependant,
nous subissons comme si quelque chose nous avait
arrachés
à notre lit. Pendant le petit déjeuner, en y
pensant, il reste déjà peu de chose
de la nuit. Ni les personnes, ni les mots,
ni les images ne nous tourmentent avec l’intensité
de naguère. Pourtant, c’est comme s’il manquait
une partie de nous-mêmes. Et, le jour, nous répétons
des gestes dont nous ignorons les destinataires;
nous entendons des phrases dont nous ne comprenons
le sens. Et nous ne savons pas, de fait,

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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