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Poésie

Posts Tagged ‘nocturne’

Retouche à la canicule (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Retouche à la canicule

la sève au plus profond
devient le fleuve de l’attente

l’âme y jette un pont
pour que l’ombre de l’arche au passant soit l’auberge
où s’arrête
la joie nocturne et lente

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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Brume (Giovanni Pascoli)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Brume

Tu caches les choses lointaines,
toi brume impalpable et blafarde,
fumée qui semble sourdre encore,
vers l’aube,
des éclairs nocturnes où croulent
des amas de ciel !

Toi cache les choses lointaines,
cache-moi tout ce qui est mort !
Que je voie seulement la haie
d’entour,
le murger dont les trous sont pleins
de valérianes.

Cache bien les choses lointaines :
les choses sont ivres de pleur !
Que je voie mes arbres fruitiers,
les deux,
qui donnent leur douceur de miel
pour ma tranche de pain.

Cache bien les choses lointaines
qui veulent que j’aime et que j’aille !
Que je ne voie là que ce blanc
de route,
qu’un jour je devrai prendre, au las
tintement des cloches…

Oui, cache les choses lointaines,
cache-les, vole-les au vol
du cœur ! Que je voie le cyprès
là, seul,
rien que les entours, près d’ici
où sommeille mon chien.

***

Nebbia

Nascondi le cose lontane,
tu nebbia impalpabile e scialba,
tu fumo che ancora rampolli,
su l’alba,
da’ lampi notturni e da’ crolli
d’aeree frane !

Nascondi le cose lontane,
nascondimi quello ch’è morto!
Ch’io veda soltanto la siepe
dell’orto,
la mura ch’ha piene le crepe
di valeriane.

Nascondi le cose lontane:
le cose son ebbre di pianto!
Ch’io veda i due peschi, i due meli,
soltanto,
che dànno i soavi lor mieli
pel nero mio pane.

Nascondi le cose lontane
che vogliono ch’ami e che vada!
Ch’io veda là solo quel bianco
di strada,
che un giorno ho da fare tra stanco
don don di campane…

Nascondi le cose lontane,
nascondile, involale al volo
del cuore! Ch’io veda il cipresso
là, solo,
qui, solo quest’orto, cui presso
sonnecchia il mio cane.

(Giovanni Pascoli)

 

Recueil: Canti di Castelvecchio
Traduction: Jean-Charles Vegliante

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La cloche dans la brume (Émile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
La cloche dans la brume

Écoutez, écoutez, ô ma pauvre âme ! Il pleure
Tout au loin dans la brume ! Une cloche ! Des sons
Gémissent sous le noir des nocturnes frissons,
Pendant qu’une tristesse immense nous effleure.

À quoi songiez-vous donc ? à quoi pensiez-vous tant ?…
Vous qui ne priez plus, ah ! serait-ce, pauvresse,
Que vous compariez soudain votre détresse
À la cloche qui rêve aux angélus d’antan ?…

Comme elle vous geignez, funèbre et monotone,
Comme elle vous tintez dans les brouillards d’automne,
Plainte de quelque église exilée en la nuit,

Et qui regrette avec de sonores souffrances
Les fidèles quittant son enceinte qui luit,
Comme vous regrettez l’exil des Espérances

(Émile Nelligan)

 

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CRÉPUSCULE SPIRITUEL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017



Illustration
   
CRÉPUSCULE SPIRITUEL

Aux lisières du bois, les bêtes sombres
Ont trouvé le repos.
Le vent du soir meurt sans bruit sur la colline.

La plainte du merle s’est tue,
Et les douces flûtes de l’automne
Font silence dans les roseaux.

Sur un noir nuage
Tu parcours ivre de pavot
L’étang nocturne.

Le ciel d’étoiles.
La voix lunaire de la soeur chante sans trêve
Par la nuit spirituelle.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Encore un peu de temps (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Encore un peu de temps
et nous serons heureux.

Voici que nous dormions.

Le sommeil est un arbre
et sous l’écorce
nous étions beaux et nus.

Un chevreuil de sang
a charge de guetter,

son oreille nocturne n’entend
que le glissement hors saison

des heures qui ne sont à personne.
« Encore un peu de temps », dit la voix.

Elle dit aussi :
« Écris ce livre car les paroles restent,

celles qui sont nées sans lèvres.
Prononce la parole qui est source de vie ».

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Ce soir (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Ce soir

Ce soir, quand les phalènes des prairies
feront leurs gerbes de neige autour de la lampe,
imagine mon amour.

J’ai peu de temps comme elles
pour danser la joie et la mort.
Un regard distrait de toi suffira.
Je viens des limites de l’ombre avec des douleurs si fines
qu’il m’a fallu beaucoup de peine pour prendre ce déguisement.

Vois, j’ai pris forme alors que je ne suis que désir.
J’ai traduit en couleur ce que transportent les distances,
ce que hurle la pollution nocturne des ruisseaux,
ce qu’attend le bolet blanc qui vient de naître sous la fougère,
ce que signifie la chute d’une pomme sauvage dans un fourré.

Comment te dire que l’amour du monde,
c’est moi, pour un très petit instant de grâce,
frappant au carreau allumé avant de m’y fracasser.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Le plus pauvre héritier

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AVÈNEMENT NOCTURNE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration
    
AVÈNEMENT NOCTURNE

TERRE

Je reconstruis de roses ton passé
car sur les déserts, amèrement,
le soleil à présent fouille les buissons,
les colonnes, et les mouettes sur la mer
verte gonflée de vents et de méduses aspirent
à la chaleur que répandent tes peuples !
Et une mère sur les rochers soucieuse
abandonne son flanc aux profondes
comètes, ô astres, les chèvres humainement
s’arrêtent au bord des torrents
d’autrefois, le nuage sur les temples
se défait, se souvient de l’encens.
Telle est ma mémoire. Mais au couchant
descend une jeunesse qui brille d’événements,
je regarde : humide le vaisseau laboure
l’avenir, parfait au-dessus des rocs
pèse le faucon et dans les sentiers les jacinthes
vivent d’une charité que j’ignore.

***

AVVENTO NOTTURNO

TERRA

Ricompongo di rose il tuo passato
io perché sui deserti amaramente
fruga il sole i cespugli e le colonne
ora, e il cabre effuso dai tupi popoli
ricercano i gabbiani sopra il verde
mare gonfio di venti e di meduse !
E una madre sui sassi pensierosa
abbandona il suo franco aile profonde
comete, astri, si fermano le capre
umanamente al ciglio dei torrenti
d’un tempo, la nuvola sui templi
si disanima memore d’incenso.
Tale la mia memoria. Ma a ponente
cala la gioventù lustra di eventi,
io guardo : umido solea nel futuro
il vascello, perfetto sui macigni
pende il falto e nei viottoli i giacinti
vivono d’una carita ch’io ignoro.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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CHOEUR NOCTURNE (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




    

CHOEUR NOCTURNE

Seigneurs, nous sommes les Vers de terre.
On vous avait prêté la vie, et ce beau corps, que voilà.
La créance est échue, le terme est arrivé,
et nous allons reprendre le bien de notre aïeule…

Gracieux Seigneurs, nous sommes les Vers de terre.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Gravités de la Solitude (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



 


    
Gravités de la Solitude

Je vis dans le farouche exil
De la volupté qui s’isole,
Et le rythme de ta parole
Fait rire en moi les chants d’avril.

J’aspire les fraîcheurs nocturnes
Et la langueur de ton repos,
Dans l’ombre de tes yeux mi-clos
Et sur tes lèvres taciturnes.

Le sanglot lointain des douleurs
Ne trouble plus la quiétude
De notre étrange solitude,
Ivre de musique et de fleurs.

Ah ! les soirs de fauve agonie,
Versant les rayons violets !
Ah ! les échos et les reflets
Des temples lascifs d’Ionie !

(Renée Vivien)

 

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Chanson nocturne (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Chanson nocturne

Un flot d’étoiles coule et fuit
Vers l’énigme des portes closes.
L’ombre fébrile de la nuit
Brûle d’une flamme de roses.

La lune dérobe au soleil
Le souvenir d’une heure aimée,
Et le parfum de ton sommeil
S’échappe ainsi qu’une fumée.

Il est si divin dans la nuit
Qu’il semble une flamme de roses…
Le flot des astres coule et fuit
Vers l’énigme des portes closes.

(Renée Vivien)

 

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