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Poésie

Posts Tagged ‘noirci’

A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Je garde une médaille d’elle (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

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Je garde une médaille d’elle où sont gravés
une date et les mots : prier, croire, espérer.
Mais moi, je vois surtout que la médaille est sombre :
son argent a noirci sur son col de colombe.

(Francis Jammes)

 

 

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Images du corps déchiqueté (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Images du corps déchiqueté du kamikaze
Le sable est blanc sur la côte de Sousse

Tronc sanglant et sale
courroies bouts de chair noircie

Et le bleu choisi de la plage immaculée

Passent les oiseaux en pleurs
Les vagues ont fermé les yeux
Le sable est si blanc
Les mots se fanent

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit, quand le pendule de l’amour balance (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



La nuit, quand le pendule de l’amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du cœur
et ton œil bleu,
d’orage tend le ciel à la terre.

D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêve
l’Expiré nous effleure
et le Manqué hante l’espace, grand comme les spectres du futur.

Ce qui maintenant s’enfonce et soulève
vaut pour l’Enseveli au plus intime :
embrasse, aveugle, comme le regard
que nous échangeons, le temps sur la bouche.

(Paul Celan)

Illustration: Sonia Deshayes

 

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Plus seul que la rosée (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



 

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Plus seul que la rosée
Sur les magnolias secs
Noircis de soleil.

***

Lonelier than dew
On shriveled magnolias
Burnt black by the sun.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Dans l’âtre noirci le bois pétille (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016




Dans l’âtre noirci
Le bois pétille, gaîment flambe
(Dans mon coeur aussi);
Il ajoute sa flamme à la lampe
Et les ombres sur le plafond,
En dansant, s’en vont…

(Georges Rodenbach)

 

 

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Puisque nous sommes les fils (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2016



 

Cherchons l’aveugle limite qui nous lie au signe,
le mouvement qui éclaire l’audace.
Le forage nous portera dans les bras profonds du ciel.
Des pans entiers de grisaille s’effondreront.
Nous en ferons du feu, du bois, des poutres pour notre vertige.
Et quoique nous fassions nos corps remonteront à la surface,
tout noircis de lumière, puisque nous sommes les fils.

(Dominique Sampiero)

Illustration

 

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L’enfant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2016



Henri Rousseau_la_Guerre

L’enfant

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
– Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

(Victor Hugo)

Illustration: Henri Rousseau

 

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O jours anciens (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



 

Alexander Akilov 260476_n

Ô jours anciens noircis par l’aurore nouvelle
C’est l’aube les oiseaux encore informes s’ébrouent
Dégageant peu à peu de leur chaos des ailes
Qui les font crier de joie c’est l’aube

Le profond avenir nous donne le vertige
Et nous tombons toujours au fond de nos abîmes
Nous y trouvons le jour il naît une blancheur
Une larme filante fait trembler l’horizon

Là-bas à l’orient aux terres fortunées
La Victoire s’envole comme une graine ailée

(Ernest Delève)

Illustration: Alexander Akilov

 

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LE FEU (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



LE FEU

De grands lierres s’étiraient
sur la maison grise
du métaphysicien
le feu y prit une nuit
éclairant la plaine rase
dans l’air flottèrent les cendres
dans l’odeur du foin brûlé
puis les cieux passèrent calmés
sur la ruine assaillie
par beaucoup d’enfants sans mère
qui sur ses brèches jouèrent
vêtus de haillons noircis
imaginant leur vie longue.

(Jean Follain)

 

 

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