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Poésie

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APERCEPTION DE LA MORT (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2022




APERCEPTION DE LA MORT

Quand les maisons se penchent un peu
des filles aux fenêtres se montrent
tandis qu’au fond d’une pièce noire
luit le peu d’or d’une montre
suspendue au clou rouillé
et les vengeances au faubourg
font jaser ;
la marâtre arrive
et sourit tenant des lilas
chacun a fortement prédit
que bientôt enfin elle sera
prête pour la fosse commune.
Savates à la crasse cirée
vous serez sur le carreau rouge
dépossédées de ses pieds noirs,
prises de l’hirsute chiffonnier
ou jeu de quelque chat sauvage,
savates vous irez rejoindre
un amas de vieux étendards
tandis qu’elle ne sera plus là
cachant des lettres en son corsage
dans le quartier qu’an reconstruit
épiant les démolitions
dans le quartier qu’on reconstruit
et criant un pain sous son bras
à l’entour des mortiers fumants.

(Jean Follain)

Illustration: Salvadore Dali

 

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Les enfants du Biafra (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022




Ils se frottent doucement le ventre
les enfants vieux du Biafra.
Leur peau noire tourne à la cendre
les enfants du Biafra qui vont gâcher les vacances…

(Jean Cayrol)

 

 

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Parures (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




L’aube porte une robe blanche
Le jour un habit de soleil
Le soir un pourpoint de pourpre
Et la nuit s’enveloppe mystérieuse
Dans une vaste cape noire

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Jean Libon

 

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Ô beaux yeux brun (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2022



 

Alexandr Sulimov -   (27)

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés,
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues,
Ô jours luisants vainement retournée !

Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô milles morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destiné !

Ô ris, ô front, cheveux bras mains et doigts !
Ô luth plaintif, viole, archet et voix !
Tant de flambeaux pour ardre une femelle !

De toi me plains, que tant de feux portant,
En tant d’endroits d’iceux mon cœur tâtant,
N’en ait sur toi volé quelque étincelle.

(Louise Labé)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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Calligraphie (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022



Branches noires.
Elles calligraphient l’hiver
sur le ciel rouge.

(Anne Tardy)

 

 

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Sous la feuille blanche (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2022




Sous la feuille blanche,
il y a une feuille noire qu’on ne voit pas.
On appuie avec une mine
et les mots racontent une histoire.

(Jacques Biolley)

 

 

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Tout nous sépare (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2021




Elle noire,
moi blanc.

Tout nous sépare,
sauf nos mains,
sauf le vent.

(Jacques Biolley)

 

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Un mot encore (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Un mot encore

Je t’aime.

Ce matin il n’y a plus de fleurs.
Le ciel s’est renversé.
Les statues sont mortes une seconde fois.
O destin !
Malheureux destin !

Il me reste tes mains que je ne puis baiser.
Je marche vers cet horizon qui bouge,
on dirait des rameurs.
Le vent qui s’est levé fait battre des coeurs
dans le frémissement des arbres.
Mais personne ne sait que je t’ai attendue.
Pourtant j’ai patienté si longtemps, les rues étaient très sombres.
Au couchant les peupliers devenaient roses
et mon enfance s’est toute entière
passée derrière ces meules de froid dures et noires.
C’est comme des vendanges qu’on n’oserait plus faire.
A présent, tu es là pour quelques instants encore.

Ensuite, ce sera à nouveau cette angoisse
qui pèse plus lourd que toutes les tristesses.
Des fenêtres s’allumeront encore
mais nous savons bien qu’il reste peu d’espoir.

Je t’aime.

Il me reste tes mains que je voudrais briser.
La vie ce serait d’être autre chose que ce fantôme malhabile.
Ces bulles légères qui éclatent sont des rêves qui n’ont pas su.
En avons-nous rencontré de ces errants splendides !
Des nappes de musique déferlent
et rien ne reste qu’une petite lampe qui clignote dans la brume.

Des enfants marchent dans les sentiers pleins d’ombre.
On sait bien qu’ils n’atteindront pas le but, pourtant une ardente nostalgie les mène.
Peut-être qu’ils iront où nous n’avons pas su aller.

(Robert Momeux)

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Invente! (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Invente! Il n’est fête perdue
au fond de ta mémoire. Invente
les noires beautés de ce portail
l’ombre chaude à l’équateur bue

(Robert Ganzo)


Illustration: Michel Ogier

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J’entends la voix noire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020



j’entends la voix noire
de la fin des temps

(Zéno Bianu)

 

 

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