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Poésie

Posts Tagged ‘noisetier’

Toute la terre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019


Toute la terre en parlant
Viendrait à lui par le noisetier.
Toute la terre en tremblant
Viendrait à lui par ses yeux à elle.

(Guillevic)

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BERGERIE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
BERGERIE

Avec une lenteur où bouge un paysage,
Les clochettes à brebis du songe
Prétendent descendre des montagnes

Et l’âme, animale et sereine,
Sous les cyprès que la brume amenuise,
Rumine une voix dans sa laine,

Une voix d’eau blessée pour épines,
Une voix de fruits pour l’eau des plaines
Une voix d’eau tendre pour Beethoven.

Même si j’étais mort
La voix serait toujours
En tout bosquet bienfaitrice mutine.

Je me suis depuis lors
Fait mendiant d’images.
Nul noisetier, nul trèfle ne me refuse.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISITATION (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
VISITATION
En ce temps-là, Marie se levant,
s’en alla en hâte au pays des montagnes.
Luc, 1, 39.

PRÉLUDE

La femme du charpentier
A pris un petit sentier
Qui va dans les fleurs et gagne
Un pays de la montagne
En suivant les églantiers.

Elle est partie au réveil,
Le coeur frais dans le soleil.
À peine elle ouvre sa porte
Que la joie au foin l’emporte
À travers l’été vermeil.

À sa cousine là-bas,
Elle apporte de ce pas
Sous son voile une nouvelle
Si merveilleuse, si belle,
Que c’est à n’y croire pas.

Son secret tremble et pourtant
Veut s’échapper à l’instant…
Les petits oiseaux qui vivent
Dans le bleu du ciel la suivent
Pour chanter en même temps.

Son chemin va tout entier
Se jeter dans l’amitié.
Le monde en fleurs l’accompagne…
Un toit, là, sur la montagne,
L’attend près du noisetier.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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La maison serait pleine de roses et de guêpes (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l’après-midi, sonner les vêpres;
et les raisins couleur de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.
Comme je t’y aimerais! Je te donne tout mon coeur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches;
et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n’entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire;
et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.

(Francis Jammes)

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GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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C’est dans le bois de noisetiers (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



C’est dans le bois de noisetiers
que la pluie
chante le mieux.

(Jean-Hugues Malineau)

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LA PITIÉ DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

LA PITIÉ DE L’AMOUR

Pitié plus qu’on ne peut dire
Se cache au coeur de l’amour,
Puisque tous ces gens qui trafiquent
Et le charroi des nuées,
Et tous ces vents froids qui soufflent
Sans fin leurs trompes de pluie,
Et ce bois de noisetiers sombre
Où l’eau court comme souris grises,
Tout menace l’être que j’aime.

***

THE PITY OF LOVE

A pity beyond all telling
Is hid in the heart of love :
The folk who are buying and selling,
The clouds on their journey above,
The cold wet winds ever blowing,
And the shadowy hazel grove
Where mouse-grey waters are flowing,
Threaten the head that I love.

(William Butler Yeats)

Illustration: Ai Xuan

 

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On trouvait au jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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On trouvait au jardin trois ruches
sous les noisetiers au ras d’un escalier de pierre
l’eau claire d’un bassin
à la recherche d’un visage
Le matin une rosée maternelle
comme une main posée sur une autre main

L’agonie d’un rosier
sanglotée alentour
des outils amoncelés
qui ne vieillissent plus

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Pareille au noisetier (Hadewijch)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



Amour d’abord se plaît à nous combler :
lorsqu’au premier jour il m’entretint de lui-même,
Ah ! toute à lui, que j’ai ri de tout le reste !
mais il me fit alors pareille au noisetier,
qui tôt fleurit dans les mois sombres
et longtemps laisse attendre ses fruits désirés.

(Hadewijch)

Illustration

 

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Les chatons, sur le noisetier vide (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Mais les morts, infiniment morts,
s’ils nous éveillaient un symbole,
regarde: peut-être nous montreraient-ils les chatons,
sur le noisetier vide,
les chatons suspendus aux branches,
ou indiqueraient-ils la pluie
qui tombe au printemps
sur le royaume de la terre. –

Et nous alors, qui voyons le bonheur
comme une ascension, éprouverions
cette émotion qui est presque de la stupeur
à voir qu’une chose heureuse tombe.

(Rilke)

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