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Poésie

Posts Tagged ‘noisette’

Je ne sors plus (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Hervé Prudon  
    
je ne sors plus trop fatigant
alors j’écris feignant
je voudrais vous y voir
mes efforts vont à l’essentiel
j’écris du fond de mon fauteuil
un oeil au ciel
et l’autre au seuil
de mon cercueil
l’infime poésie
il va être à court de noisettes
le petit écureuil
je voudrais vous voir mes mignons
à court de provisions
le corps mou l’esprit flou
vous seriez mes beaux frères moins sévères

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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BORD DE MARNE (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration: Fernando Botero
    
BORD DE MARNE
à la Prévert

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là
Les écureuils volaient des noisettes
Moi, je te volais des baisers
Tu portais une robe à dentelle
De la couleur de mes bretelles

On déjeunait sur le gazon
D’une baguette et d’un saucisson
Les fourmis nous chipaient des miettes
Moi, je te volais des baisers
Je t’ai dit que tu étais belle
Tu t’es moquée de mes bretelles

On était au bord de la Marne
Il faisait si beau ce jour-là.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Mon coeur (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Mon coeur

– Ton coeur,
Mais c’est une noisette,
Prétend ma cousine Antoinette.

– Ton coeur,
Mais c’est du massepain,
Me dit souvent parrain.

– Ton coeur,
Mais c’est du beurre,
Me répète à toute heure
Tante Solange.

Moi, je veux bien,
Mais je ne veux pas qu’on le mange:
J’y tiens!

(Maurice Carême)

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Elle et la mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Elle et la mer

Une mare de soleil
Qui oublie sa source
Répand sa lumière
Sur ses cheveux roux
Qui jouent avec le vent
Les noisettes de ses yeux
Fendent les secrets les mieux cachés
La mer s’annonce par le bruit salé
De ses vagues dans la brume
Elle secoue sa crinière au-dessus de ses yeux de mer
Dans une lueur blonde
Qui leur fait ce regard de velours
En harmonie avec son sourire vagabond

Son regard crépite comme un feu de bois
Et pénètre la matière
Dans une clarté qui se déchire
Sur l’écho superficiel
D’un soleil vertical
Immobilité de la mer
Derrière les tentures
Et les murs se revêtent d’affiches de voyages.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Guillaume Seignac

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BRUITS DE LA CAMPAGNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
BRUITS DE LA CAMPAGNE

Le froissement des feuilles sous les pas dans les bois et sous les haies
Le craquement de la neige et de la glace pourrie dans les allées cavalières du bois et les sentiers étroits et sur chaque chaussée de rue
Le bruissement ou plutôt le bruit de ruée au bois lorsque le vent mugit à la cime des chênes comme un tonnerre
Le frou-frou d’aile des oiseaux chassés de leur nid ou volant sans qu’on les voie dans les buissons
Le sifflement que font en volant dans les bois de plus grands oiseaux tels que corneilles faucons buses etc
Le trottinement des rouges-gorges et des alouettes des bois sur les feuilles brunes et le tapotement des écureuils sur la mousse verte
La chute d’un gland sur le sol le crépitement des noisettes sur les branches des noisetiers quand elles tombent mûres
Le frrrout de l’alouette des champs qui se lève du chaume

— Quelles scènes exquises les matins de rosée quand la rosée jaillit en éclair de ses plumes brunes

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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LE LOUP, LA MÈRE ET L’ENFANT (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE LOUP, LA MÈRE ET L’ENFANT

Ce Loup me remet en mémoire
Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris.
Il y périt ; voici l’histoire.

Un Villageois avait à l’écart son logis.
Messer Loup attendait chape-chute à la porte.
Il avait vu sortir gibier de toute sorte :
Veaux de lait, Agneaux et Brebis,
Régiments de Dindons, enfin bonne Provende.
Le larron commençait pourtant à s’ennuyer.
Il entend un enfant crier.
La mère aussitôt le gourmande,
Le menace, s’il ne se tait,
De le donner au Loup. L’animal se tient prêt,
Remerciant les Dieux d’une telle aventure,
Quand la Mère, apaisant sa chère géniture,
Lui dit : « Ne criez point ; s’il vient, nous le tuerons.
– Qu’est ceci ? s’écria le mangeur de Moutons.
Dire d’un, puis d’un autre ? Est-ce ainsi que l’on traite
Les gens faits comme moi ? me prend-on pour un sot ?
Que quelque jour ce beau marmot
Vienne au bois cueillir la noisette ! »
Comme il disait ces mots, on sort de la maison :
Un chien de cour l’arrête. Epieux et fourches-fières
L’ajustent de toutes manières.
« Que veniez-vous chercher en ce lieu ? » lui dit-on.
Aussitôt il conta l’affaire.
« Merci de moi, lui dit la Mère,
Tu mangeras mon Fils ! L’ai-je fait à dessein
Qu’il assouvisse un jour ta faim ? »
On assomma la pauvre bête.
Un manant lui coupa le pied droit et la tête :
Le Seigneur du Village à sa porte les mit,
Et ce dicton picard à l’entour fut écrit :
« Biaux chires Leups, n’écoutez mie
Mère tenchent chen fieux qui crie. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Fidélité au songe (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Fidélité au songe

Perle d’argent, ma perle au cœur du bois sauvage,
ô petite clairière ombrée par le feuillage
de trois saules berçant leur cime où l’air ramage,

et d’une eau vive, traversée comme d’un songe,
tous les matins, laissant mon panier plein d’oronges

au bord de ton ruisseau, près des reflets du jour,
je m’allonge sur l’herbe où j’oublie mes amours ;

tu m’accueilles ; je viens, ô petite clairière,
dans une ombre argentée, dans ta faible lumière,

apprendre à rêver seul, à cueillir sur ma manche
le papillon noisette ou pourpre ou bleu des anges.

(Paul Fort)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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L’ECUREUIL DE NOEL (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2016



 

L’ECUREUIL DE NOEL

LE vent sifflait pour les oiseaux
morts le jour sans lendemain
lorsque vint un orphelin
qui m’abrita dans son chapeau

Il m’emmena seul jusqu’à Londres
Une dame en me voyant
ébrécha sa tirelire
et m’offrit un sautoir d’argent

Des noisettes pour chaque dent
et des pommes près du feu

Mes yeux tiennent dans vos yeux
Belle dame des compliments

(Paul Gilson)

 

 

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Les fruits sauvages (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Les fruits sauvages

Si dans les bois vous rencontrez Prunelle,
Dites-lui donc que je veux la revoir.
Je lécherai le sang bleu de ses lèvres
Et de ses yeux je prendrai tout l’or noir.

Je la savais jalouse de Myrtille,
Mais à ce point, je ne l’aurais pas cru.
J’aime les fruits quand les fruits sont des filles
Pour les manger comme un ogre tout crus.

Ne dites pas à la tendre Noisette
Que mon espoir en elle est sauvageon.
Pour mieux l’aimer j’inventerai des fêtes
Car écureuil suis plus que de raison.

Je sais l’orée où se cache la Fraise
Sous une feuille ouverte par pudeur,
Mais en amour la fraise c’est la braise,
Elle a gardé la forme de mon coeur.

Si pour le charme il n’est que d’Aubépine,
En rougissant je me pique à son jeu.
Je ronsardise et la fais masculine
Pour être trois tout en n’étant que deux.

J’entends déjà cet orchestre de mûres
Sous le mistral donner d’autres concerts
Et moi j’écoute en battant démesure
La bouche rouge au sein du monde vert.

En ce temps-là, Prunelle aimait Myrtille
Et la Noisette à la Fraise rêvait.
Si l’Aubépine et la Mûre chantaient,
Je ne connus de filles si gentilles,
Tendres amours en de tendres forêts.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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Fantaisie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Fantaisie

L’homme habitait un quart de pomme ;
La femme, un huitième de poire.
Leur vieille cousine Opportune
Vaquait dans une demi-prune.
Il y avait monsieur Léon
Qui débordait d’un gros citron
Et sa soeur, madame Émérence,
Qui emplissait toute une orange.
Quant à moi, chétive fillette,
Je tenais dans une noisette
Et, comme je n’étais pas grosse,
Il arrivait, les jours de fête,
Que je m’y déplace en carrosse.

(Maurice Carême)

 

 

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