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POÈME POUR EMILY DICKINSON (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020




POÈME POUR EMILY DICKINSON

De l’autre côté de la nuit
son nom l’attend,
son désir subreptice de vivre,
de l’autre côté de la nuit !

Quelque chose pleure dans l’air,
les sons dessinent l’aube.

Elle pense à l’éternité.

(Alejandra Pizarnik)

Quelques Poèmes d\’Emily ici

 

 

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LE CANCER (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020




LE CANCER

Le coeur en maison du feu sombre
O désir labourant des cieux
Entends-tu le germe dans l’ombre
Prononcer le Nom silencieux?

*

Enceinte d’un pas de danse
Amour est ma chambre forte
Où ma musique n’est pas morte
Sous l’étreinte du silence.

(Henry Bauchau)

 

 

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Le Nom silencieux (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Le coeur en maison du feu sombre
O désir labourant des cieux
Entends-tu le germe dans l’ombre
Prononcer le Nom silencieux.

Enceinte d’un pas de danse
Amour est ma chambre forte
Où musique n’est pas morte
Sous l’étreinte du silence.

(Henry Bauchau)

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Une île (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



Une île

[…]

Une île qui n’a pas de nom
M’attend sur la mer atlantique
C’est un caillou presque tout rond
Avec trois arbres squelettiques
Et trente pas de sable blond
Une île…

Je n’y bâtirai
Ni quai, ni maison
Je n’y inscrirai
Qu’un nom sur le sable.
Le vent et la mer
Restent responsables,
Ils l’effaceront.
Quand je n’aurai plus
Le vent dans ma toile,
Quand j’aurai vendu
Le nord et l’étoile,
Vous entendrez dire :
Il a mis les voiles
Il est devenu…

Un vieux caillou presque tout rond
Avec trois arbres squelettiques
Et trente pas de sable blond
Une île…

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos

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MARINE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

MARINE

J’ai trouvé trois coquillages
Qui ne m’ont pas dit leur nom
Qui ne m’ont rien dit sinon
Que la mer savait leur âge

Ils m’ont conté les sillages
Le bruit que les bateaux font
Dans les oreilles du fond
Lorsque finis leurs voyages

Ils m’ont laissé des mystères
Que je dois garder et taire
Jusqu’à ce qu’un de mes fils

Apprenne dans la voilure
Le goût du sel et l’allure
Que mon père avait jadis

(Gilles Vigneault)

Illustration

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Je suis le jumeau des êtres que j’aime (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020




    
Je suis le jumeau des êtres que j’aime
Leur double en nature la meilleure preuve
De leur vérité je sauve la face

De ceux que j’ai choisis pour me justifier
Ils sont très nombreux ils sont innombrables
Ils vont par les rues pour eux et pour moi

Ils portent mon nom je porte le leur
Nous sommes les fruits semblables d’un arbre
Plus grand que nature et que toutes les preuves

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésie ininterrompue
Traduction:
Editions: Gallimard

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MENHIR (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



MENHIR

Tout est bien de ce qui est
Tout est bien de ce qui sera
J’ai vécu mes journées
Viendra ma nuit
La mort ailleurs continue les songes de la vie
Le soleil ne se lasse de caresser la stèle funéraire
Sans que la terre en tire ombrage
Et les pluies adoucissent la rigueur ossuaire

Tout ce qu’il est possible d’aimer
Je l’ai aimé
J’ai fait aller le mythe avec la théologie
Et le rêve toujours épousa ma raison
Ainsi par les chemins d’Argol
La pierraille chante avec l’ancolie

Menhir
Je veux une mort verticale
Parmi les ronces paysannes
Que nul féalement ne grave mon nom
Nulle épitaphe sur la pierre
Nulle dédicace au granit

Menhir
Je veux seulement des vocables de lichen
Et la jaune écriture que silencieusement burinent
Les bruines hivernales et les vents d’océan.

(Xavier Grall)

 

 

 

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L’aurore s’allume (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



 

Illustration: William Turner
    
L’aurore s’allume

I
L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu’au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l’ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s’abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l’esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L’homme ploie ou rompt,
D’où l’ombre s’épanche ;
Où chacun se penche,
L’un sur une branche,
L’autre sur le tronc !

Mont d’où tout ruisselle !
Gouffre où tout s’en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu’on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu’au front de Dieu même
L’homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l’éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu’un souffle élague,
De l’horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L’eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l’air,
Penché sur la lame,
J’écoute avec l’âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d’entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l’esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l’étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

Ô champs ! ô feuillages !
Monde fraternel !
Clocher des villages
Humble et solennel !
Mont qui portes l’aire !
Aube fraîche et claire,
Sourire éphémère
De l’astre éternel !

N’êtes-vous qu’un livre,
Sans fin ni milieu,
Où chacun pour vivre
Cherche à lire un peu !
Phrase si profonde
Qu’en vain on la sonde !
L’oeil y voit un monde,
L’âme y trouve un Dieu !

Beau livre qu’achèvent
Les coeurs ingénus ;
Où les penseurs rêvent
Des sens inconnus ;
Où ceux que Dieu charge
D’un front vaste et large
Ecrivent en marge :
Nous sommes venus !

Saint livre où la voile
Qui flotte en tous lieux,
Saint livre où l’étoile
Qui rayonne aux yeux,
Ne trace, ô mystère !
Qu’un nom solitaire,
Qu’un nom sur la terre,
Qu’un nom dans les cieux !

Livre salutaire
Où le cour s’emplit !
Où tout sage austère
Travaille et pâlit !
Dont le sens rebelle
Parfois se révèle !
Pythagore épèle
Et Moïse lit !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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MERIDIENS DE L’ABSENCE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Steve Cieslawskis (7)

MERIDIENS DE L’ABSENCE

Ce long mois a passé comme la chair se fane
De fleur en flétrissure aux bruyères du temps
Et de nos jours filtrés au fil des tramontanes
Il ne subsistera que des noms dans le vent

Et nous voici rendus au gel des ombres seules
Comme si tout ne s’était pas rejoint en nous
De hanche à paume au bord du couchant où les meules
Engrangent des moissons grisantes de grisou

Quel est l’apaisement que le sang distribue
Pour les archets du soir aux ruptures des mains
En soudant et puis dénouant les lèvres bues
Jusqu’au descellement sombre des lendemains

Puis il ne reste à la lisière de l’absence
A l’heure proche de l’ultime sacrement
Que des blés de blessure et l’oubli du silence
Pour réconcilier l’homme avec son néant.

(Robert Goffin)

Illustration: Steve Cieslawskis

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SORS ! (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



SORS !

Qui te donne
ton nom
imprononçable?
Qui le garde
quand tu dors ?
Qui le prononce
dans la dissolution
de ta mort?
Qui l’articule
parmi des milliards
de noms
dans les temps
où tu étais
en apparence
absent ?

Et pourtant tu te lèves
à l’appel
silencieux
d’un nom inconnaissable.

(Jean Mambrino)

Illustration: William Blake

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