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Poésie

Posts Tagged ‘nombril’

LAC OHRID (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration

    

LAC OHRID

Vinrent les barbares au nombril du monde,
quoique le monde ait plusieurs nombrils.

Ils prirent possession des eaux plissées
et érigèrent en prophétie ce qu’ils désiraient entendre d’eux-mêmes.

Ils tracèrent des frontières sur l’eau, comme si l’eau
pouvait être divisée. Le lac resta insaisissable.

Le Soleil comme un oeil ivre dansa sur les ondes
devant les barbares et le nombril de leur monde.

Il y eut alors une blancheur plus blanche que le blanc.
Et tous les arbres de la rive regardèrent cette lumière.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Ô dé du hasard (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



Ô dé du hasard
Pourquoi me conseilles-tu de m’asseoir
sur le siège de la nécessité?

Emporte-moi dans tes bras chaos
J’ai décidé de changer mon quotidien
d’acquérir le savoir sur le nombril du monde

(Adonis)

 

 

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LES FRUITS DU CORPS (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



LES FRUITS DU CORPS
(extraits)

Le lit constellé
vogue par à-coups
Partant du nombril
la Grande Ourse
et juste au-dessus de la hanche
l’étoile du berger

*

Par vagues insensées
tu te découvres
Je sens mes cheveux pousser
L’île est en vue
J’écarte les touffes de la toison
et m’accorde du miel
le subtil rayon

*

Je n’imagine rien
Je n’invente rien
Je crois sur-le-champ
Je vois et touche
l’objet de ma croyance
ce divin pubis

*

Comme un lierre fou
je m’enroule
autour de tes branches
Ton écorce s’attendrit
et s’ouvre
Goutte à goutte
je reçois ta sève
Un moment
et je commence à bourgeonner

*

Au fond des iris
lestes et radieux
on dirait la vulve
réjouie de sa soif

*

Arbre de chair
savant de volupté
Il s’étire
vers la cime
et l’abîme
Coupe l’infini
en deux

*

Celui qui n’a jamais
goûté à l’interdit
qu’il me jette
la première pomme

*

Misérables hypocrites
qui montez au lit
du pied droit
et invoquez le nom de Dieu
avant de copuler
De la porte
donnant sur le plaisir
vous ne connaîtrez
que le trou aveugle
de la serrure

*

Que restera-t-il de la collision
Après l’embrasement
que lira-t-on dans les cendres?
La chair
s’est détachée de la chair
Arbre déraciné
l’homme gît
auprès de la femme

(Abdellatif Laâbi)

Illustration: Takahiro Hara

 

 

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Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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Tu as à la place du coeur un petit pain doré (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Tu as à la place du coeur
un petit pain doré
sous ton aisselle
une ville si moite
qu’elle miaule
entre tes jambes
de quoi brûler le paradis
de quoi éteindre les enfers
dans l’oeil
l’espace y joue à n’être plus l’espace
quelques bougies
pour que la mer se couvre
d’étoiles querelleuses
partout
l’odeur qui me résume
car je suis entre nuque et nombril
ton insecte sacré

(Alain Bosquet)

Illustration: Zofia Rozwadowski

 

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Contre la gorgone (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2015


 


 

Dorina Costras harboring_dreams_inset [1280x768]

contre la gorgone et
la gueule acérée de l’enfer
contre le vautour de Kali
contre la Mère terrible
et l’urne dévoreuse contre
les eaux du royaume des ombres
contre le labyrinthe et
les maléfices de la mort
le néant de tous les jours
contre la mort sur terre

amoureuse depuis toujours
abeille ô lotus petit arbre
porte-fruits porte-soleils
fille de chair enfant berceau
danseuse aux bras levés
jambes déliées seins de lait
de plaisir nombril de paresseuse
aérienne

jolie déesse aux épaules d’ailes

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Dorina Costras

 

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L’écho du corps (Gherasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015



Dorina Costras r

 

L’écho du corps

prête-moi ta cervelle
cède-moi ton cerveau
ta cédille ta certitude
cette cerise

cède-moi cette cerise
ou à peu près une autre
cerne-moi de tes cernes

précipite-toi
dans le centre de mon être
sois le cercle de ce cercle
le triangle de ce cercle

la quadrature de mes ongles
sois ceci ou cela ou à peu près
un autre
mais sois-moi précède-moi

séduction

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds
entre le temps de tempes et l’espace de ton esprit
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts
entre le bout de tes doigts et les bout de ta bouche

entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou

entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses
entre l’air de ta chair et les lames de ton âme
entre l’eau de ta peau et le seau de tes os
entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle

entre le seing de tes seins et le seins de tes mains
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines

entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton
entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang

entre le pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes
entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets
entre les frontières et le visa de ton visage

entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais

entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes
entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts
entre le han de tes hanches et les halo de ton haleine
entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de ton cœur
entre le génie de tes genoux et le nom du nombre
du nombril de ton ombre

(Gherasim Luca)

Illustration: Dorina Costras

 

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Fantasme de Mambo (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2014



Francis Picabia

 

Fantasme de Mambo

Esquisser de ma langue
Autour de ton nombril
Un vêvê pour Erzulie et
Dans un nuage d’encens brut
Chevaucher nue
Ton enchanteur poto-mitan
Au gré du lascif yanvalou
De ma croupe
Jusqu’à l’arc-en-ciel
De la transe

(Elsie Suréna)

Illustration: Francis Picabia

 

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