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Qui souffle là (Christine Guénanten)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Ora Tamir -girl-with-guitar

 

Qui souffle là, en toi
En ta demeure humaine ?

C’est un mélange de douceur
Et de couleur crépusculaire.

Comment nommer ce vent
Qui va de visage en visage ?

C’est le vent mandoline
Qui oeuvre en toi
En ta demeure humaine.

(Christine Guénanten)

Illustration: Ora Tamir

 

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Nous nommons que des visages (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Nous nommons
que des visages

le visage de la table
et non la table
Le visage du vin
et non le vin
le visage de l’escalier
et non l’escalier

Quand on nomme
la Table
le Vin
ou l’escalier
on nomme le visage
d’une fenêtre
la fenêtre de la Table
du vin et de l’escalier

On apprend beaucoup
à regarder les fenêtres

celles où les fleurs rouges
trouent le linge pur du ciel

Les fenêtres veillent
et attendent les visages
devant elles

Mais comment nommer
le visage de la fenêtre
le visage vide de la fenêtre

Pour cela il faut
le visage du vin
celui de la table
ou celui de l’escalier
puis ensuite vider
son visage de son visage

Être une fenêtre pour se pencher
à l’intérieur du monde :

Le visage du vent sur

les fleurs rouges
et le linge pur du ciel
nous attachent soudain les yeux

Je continue la poésie
Le poète a toujours
pour tâche de continuer
la poésie
et non d’écrire des poèmes

Si l’on considère que la poésie
est une pensée
dont le travail est de penser
que de l’inconnu
la poésie n’est pas une philosophie
mais une façon d’accueillir
un inconnu avec notre inconnu
La poésie est la capacité d’accueil
des inconnus

En détruisant le précédent
poème le poète le continue

En inventant un nouveau poème
il fait revenir la poésie
à ce qu’elle ne connaît pas

Plus le poète est dans le non-connu
comme le bleu du ciel
plus il invente
sa définition

Je ne parle pas du feu
avec le feu
mais avec l’eau
ou je ne parle pas du ciel
mais avec la terre
je le reproduis

Le dernier poète qui sera hors de la
poésie
sera seul à autoriser à continuer
la poésie

(Serge Pey)

Illustration: René Magritte

 

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IL ME RESTE UN PAYS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

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IL ME RESTE UN PAYS

Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer

Il est au tréfonds de toi
N’a ni président ni roi
Il ressemble au pays même
Que je cherche au coeur de moi
Voilà le pays que j’aime

Il me reste un pays à prédire
Il me reste un pays à semer

Vaste et beau comme la mer
Avant d’être découvert
Puis ne tient pas plus de place
Qu’un brin d’herbe sous l’hiver
Voilà mon Jeu et ma Chasse

Il te reste un pays à connaître
Il te reste un pays à donner

C’est ce pont que je construis
De ma nuit jusqu’à ta nuit
Pour traverser la rivière
Froide obscure de l’Ennui
Voilà le pays à faire

Il me reste un nuage à poursuivre
Il me reste une vague à dompter

Homme ! Un jour tu sonneras
Cloches de ce pays-là
Sonnez femmes joies et cuivres
C’est notre premier repas
Voilà le pays à vivre

Il nous reste un pays à surprendre
Il nous reste un pays à manger

Tous ces pays rassemblés
Feront l’Homme champ de blé
Chacun sème sa seconde
Sous l’Amour qu’il faut peler
Voilà le pays du monde

II nous reste un pays à comprendre
II nous reste un pays à changer

(Gilles Vigneault)

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



    

LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS

Le vent court à brise abattue
il court il court à perdre haleine
Pauvre vent perdu et jamais au but
où cours-tu si vite à travers la plaine

Où je cours si vite où je cours si vite
Le vent en bégaye d’émotion et d’indignation
Se donner tant de mal et de gymnastique
et qu’on vous pose après de pareilles questions

À quoi bon souffler si fort et si bête
et puis s’en aller sans rien emporter
Quelle vie de chien qui toujours halète
qui tire sa langue de chien fatigué

Jusqu’au bout du monde il faut que tu ailles
poussant ton charroi de vent qui rabâche
Vente vent têtu de sac et de paille
Gémir pleurer prier est également lâche

Déjà autre part j’ai entendu ça
Je ne veux plus être vent dit le vent qui boude
Je change de peau je change de pas
Je me fais flûtiau route ou pierre qui roule

Mais il dit tout ça sans conviction aucune
Il sait qu’il faut bien en passer par là
venter quand on est vent luner quand on est lune
et quand on n’est qu’un homme nommer ce qui est là

Le vent la pluie le froid le chaud la solitude
la belle vie qui prend de mauvaises habitudes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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VAGUE EST LE PONT (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Phyllis Mae Richardson Fisher  covered-bridge-phyllis-mae-richardson-fisher

 

VAGUE EST LE PONT

Vague est le pont qui passe à demain de naguère
Et du milieu de l’âge on est des deux côtés
Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière
Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses
Chacune est une oreille et chacune te voit
Ton immobilité me tient lieu de silence
Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge
Qui font en leur milieu croire qu’il est midi
J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage
Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

Il va neiger tantôt d’une neige si calme
Sur des rives de moi où j’hésite à courir
Que je m’attache à tout ce qui me semble halte
Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir

(Gilles Vigneault)

Illustration: Phyllis Mae Richardson Fisher

 

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La coccinelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020




    
La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

– Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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L’AIR DU VOYAGEUR (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

L’AIR DU VOYAGEUR

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

À suivre partout de nouveaux nuages
Chaque jour
Je perds et reprends mon nom et mon âge
Tour à tour
Je fais et défais cent fois mon voyage
Sans retour

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

J’ai vu les amours mourir et renaître
Et parfois
Revenu chanter à cette fenêtre
J’aperçois
Celle que je n’ai pas su reconnaître
C’était toi… !

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

J’aurai
fait mon temps, occupé l’espace
D’un regard
Je n’aurai laissé partout que la trace
D’un départ
Et c’est un oiseau qui prendra ma place
Quelque part…

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en vais nommer le monde à mon tour

Loin… loin.

(Gilles Vigneault)

 

 

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ECRIRE DE LA POESIE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020




Illustration: Loek Groenendijk
    
ECRIRE DE LA POESIE

Trouver le fragile équilibre
entre le silence et le mot

entre suivre le chemin
et s’égarer

entre l’indescriptible
et ce qui peut être nommé

à surmonter
le gouffre profond
entre plume et papier.

***

WRITING POETRY

To find the fragile balance
between silence and word

between the road
and the deviation

between the nameless
and the nameable

to bridge
the deep abyss
between paper and pen.

***

A SCRIE POEZIE

A afla echilibrul fragil
dintre tăcere și cuvânt

dintre drum
și rătăcire

dintre spus
și nespus

a traversa
prăpastia adâncă
dintre condei și hârtie.

***

ESCREVER POESIA

Encontrar o frágil equilíbrio
entre o silêncio e a palavra

entre o caminho
e a desorientação

entre o dizível
e o indizível

entrelaçar
a funda fissura
entre pluma e papel.

***

DICHTEN

Het broze evenwicht vinden
tussen de stilte en het woord

tussen de weg
en het verdwalen

tussen het naamloze
en het noembare

te overbruggen
de diepe kloof
tussen pen en papier.

***

ESCRIBIR POESÍA

Hallar el frágil equilibrio
entre el silencio y la palabra

entre el camino
y la desorientación

entre lo decible
y lo indecible

entrelazar
la brecha honda
entre pluma y papel.

***

PISANIE POEZJI

Znaleźć kruchą równowagę
między milczeniem a słowem

między drogą
a błądzeniem

między tym co nazwane
a tym co zostanie nazwane

przerzucić most
przez otchłań
między piórem a papierem

***

SCRIVERE POESIA

per trovare il fragile equilibrio
tra il silenzio e la parola

tra la strada
e la sua deviazione

tra ciò che è senza nome
e ciò che è pronunciabile

per solcare
il profondo abisso
fra la carta e la penna.

***

SCRIVIRI PUISII

Truvari lu fraggili bilanciu
ntra lu silenzuiu e la palora

ntra la strata
e la diviazzioni

Ntra zoccu ‘un havi nomu
E chiddu ca pò siri numinatu

Iccari un ponti
supra l’abissu prufunnu
ntra la carta e la pinna.

***

DICHTEN

Das zerbrechliche Gleichgewicht finden
zwischen der Stille und dem Wort

zwischen dem Weg
und dem Verirren

zwischen dem Namenlosen
und dem Benennbaren

zu überbrücken
die tiefe Schlucht
zwischen Feder und Papier.

***

***

***

***

写 诗

在沉默和言语之间
找到脆弱的平衡

在道路和
偏差之间

在无名者和
名人之间

在纸和笔之间
去搭桥
联通深渊

***

ΓΡΑΦΟΝΤΑΣ ΠΟΙΗΣΗ

Να βρω ψάχνω ισορροπία
ανάμεσα σε λέξη και σιωπή

ανάμεσα στ’ ανώνυμο
και στο ονομαστό

να γεφυρώσω
τη βαθειά άβυσσο
ανάμεσα στο χαρτί και στο μολύβι

***

AÐ YRKJA LJÓÐ

Að finna viðkvæmt jafnvægi
milli þagnar og orðs

milli vegar
og afvegar

milli nafnlauss
og nefnanlegs

að brúa
djúpið
milli pappírs og penna.

***

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 620
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Portugais José Eduardo Degrazia / Néerlandais / Espagnol Rafael Carcelén / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Italien Luca Benassi / Corse Gaetano Cipolla / Allemand Wolfgang Klinck / Hébreu Dorit Wiseman / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Grec Manolis Aligizakis / Islandais Thor Stefánsson / Arabe Sarah Silt /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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HOP ET HOP (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
HOP ET HOP

Il y a des Hop ici des Hop là
il y a sûrement des Hop partout

Les Hop ne sont pas ce que l’on croit
des crève-la-faim des va-nu-pieds
ce sont les grands noms du Gotha
la fine fleur du Bottin mondain

Nommez des Hop ici des Hop là
nommez des Hop de-ci de-là

Il ne s’agit pas mes seigneurs
de jouer comme à saute-mouton
mais en bien humbles serviteurs
de prendre des Hop pour des boutons

Il y a des Hop là des Hop ici
tous les espoirs sont permis

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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