Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘nommer’

L’instant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



L’instant nous dilapide.
L’instant nous établit.
L’instant se consume
A l’abri des clôtures.
L’instant s’épuise
Aux façades de nos vies.
L’instant s’avive
Pour te nommer,
Chimère.

L’instant n’est plus
Et tu te lèves,
Amour.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un souffle d’air (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019


Un souffle d’air:
Nécessité.

L’avoir nommé:
Il est content.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

J’ai mis le désert entre moi (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



j’ai mis le désert entre moi
et ce moi autre qui me nomme
qui je fus cherche qui je suis
refusant d’ouvrir à la voix
j’ai mis le silence entre moi
et ce moi dont je suis la somme

(Marc Alyn)


Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

TRADUIRE UNE PRÉSENCE (Sylvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019




TRADUIRE UNE PRÉSENCE

Quelquefois, très rarement,
il arrive que dans ce qui respire ou s’exprime,
dans le vol de la beauté
ou ce qui couvre une lumière,
une fulguration de l’obscurité,
quelque chose d’ineffable et d’essentiel se dégage ,
prend forme dans sa forme, fait un pas,
du fond du geste, de la voix ou du silence,
et c’est comme une apparition accompagnée
sans laquelle rien n’émerge à la vie véritable.

Nous la percevons immédiatement,
en retenant le souffle,
et nous la nommons
présence.

(Sylvia Baron Supervielle)

Illustration: Catherine RÉAULT-CROSNIER

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Un mot m’a échappé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Illustration: René Magritte
    
Un mot m’a échappé
Il a filé comme un serpent
Dans les taillis
De ma mémoire

Perdu parmi les traces
Et les décombres
Du déjà vu

Rivières qui coulent vers le ciel
Vents d’antan
Tonnerre nommé désir

Rues sans lune
Forêts vidées d’oiseaux

Les souvenirs ne sont plus
Ce qu’ils étaient

Pas de quoi pleurer

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tel est l’homme qui ne peut nommer la douleur (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Un bras sur l’horizon
une main touchant le ciel
une pensée folle
sur la tête penchée
un peu d’écume et de sel
déposés par la mer:

tel est l’homme qui ne peut nommer la douleur;
il se découvre funambule.

(Tahar Ben Jelloun)


Illustration: Gilles Candelier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le nom ne sert qu’a nommer (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019


 


 

Pierre Marcel

Le nom ne sert qu’a nommer.
Dé-nommer les choses
les rejoindre en deçà du nom.
Dans le nom même qui les biffe,
les rature, les gomme,
le nom blesse la chose.
La chose blessée s’ouvre déjà
dans le nom, qui, dès lors, ne l’enclôt plus.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Pierre Marcel

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Par tous les moyens (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri,
ceux qui m’aiment dans ce monde.
Mais il ne va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur,
et tu me laisses libre.

De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul.
Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas.

Bien que je ne te nomme pas dans mes prières,
bien que je ne te retienne pas dans mon coeur,
ton amour pour moi attend encore mon amour.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bien sûr (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
Bien sûr, l’asphyxie
Bien sûr, le pourquoi
crier sans voix au fond de l’ombre

Mais quelque chose
qui nous dit d’attendre

Que nous devrons nommer

Quelque chose de simple.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À TU ET À TOI (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




Illustration: Josephine Wall
    
À TU ET À TOI

Toi qui n’es rien ni personne
toi
je t’appelle sans te nommer
car tu n’es pas le dieu
ni le masque scellé sur les choses,
mais les choses elles-mêmes
et davantage encore : leur cendre, leur fumée.

Toi
qui es tout,
qui n’es plus, qui n’es pas :
peut-être seulement
l’ombre de l’homme
qui grandit sur la paroi de la montagne
le soir.

Toi qui te dérobes et fuis
d’arbre en arbre
sous le portique interminable
d’une aurore condamnée
d’avance.

Toi
que j’appelle en vain
au combat de la parole
à travers d’innombrables murmures
je tends l’oreille
et ne distingue rien.

Toi qui gardes le silence
toujours
et moi qui parle encore
avant de devenir sourd et aveugle
immobile muet
(ce qui est dit : la mort),
Je vais hors de moi-même en tâtonnant
cherchant ce qui peut me répondre,
«toi »,
peut-être simplement
le souffle de ma bouche
formant ce mot.

Toi
je te connais je te redoute
tu es la pierre et l’asphalte
les arbres menacés
les bêtes condamnées
les hommes torturés.

Tu
es le jour et la nuit
le grondement d’avions invisibles
pluie et brume
les cités satellites
perspectives démentes
les gazomètres les tas d’ordures
les ruines les cimetières
les solitudes glacées je ne sais où.

Tu
grognes dans les rumeurs épaisses
des autos des camions des gares
dans le hurlement des sirènes
l’alerte du travail
les bombes pour les familles.

Tu
es un amas de couleurs
où le rouge se perd devient grisaille
tu es le monceau des instants
accumulés dans l’innommable,
la boue et la poussière,
Tu ne ressembles à personne
mais tout compose ta figure.

Tout :
le piétinement des armées
la masse immense de la douleur
tout ce qui pour naître et renaître
s’accouple à l’agonie,
même les prés délicieux
les forêts frissonnantes
la folie du soleil l’éphémère clarté
le roulement du tonnerre les torrents.
tout
cela ne fait qu’un seul être
qui m’engloutit : je vais du même pas
que les fourmis sur le sable.

Toi
je te vois je t’entends
je souffre de ton poids sur rues épaules
tu es tout : le visible.
l’invisible.
connaissance inconnue
et sans nom.
Faut-il parler aux murs ?
Aux vivants qui n’écoutent pas
A qui m’adresserai-je
sinon à un sourd
comme moi ?

Tu
es ce que je sais,
que j’ai su et oublié,
que je connais pourtant mieux que moi-même,
de ce côté où je cherche la voie
le vide où tout recommence.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :