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Posts Tagged ‘nommer’

Je nomme incompréhensibles les pierres (Sitanshu Yashashhandra)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2023




    

Je nomme incompréhensibles les pierres ;
les pierres sont aussi lumière.
Sur les pierres, le souffle,
sur les pierres, l’eau.
Murmure, chuchotis.
Qu’y a-t-il donc sous les pierres ?

(Sitanshu Yashashhandra) (1941)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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A vous que je ne peux nommer (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2022




A vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais,
Ce jour de l’an, de biens et joie
Que Dieu veuille vous faire étrennes !

Vous appeler amie serait
Vous décerner un nom trop simple,
À vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais.

Vous donner comme nom: ma dame,
Ce serait vous rendre orgueilleuse ;
Je récuse en vous la maîtresse:
Comment faut-il que je m’adresse
À vous que je ne peux nommer

(Charles d’Orléans)

Illustration: Fabienne Contat

 

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LA CINQUIÈME SAISON (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2022




    
LA CINQUIÈME SAISON

S’il faut nommer le ciel je commence par toi
Je reconnais tes mains à la forme du toit

L’été je dors dans la grange de tes épaules
Les hirondelles de ta poitrine me frôlent

Dressées contre ma joue les tiges de ton sang
Le rideau de ta chevelure qui descend

Je te cache pour moi dans la ruche des flammes
Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes

Par l’automne épargnés tes yeux sont toujours verts
Les fleuves continuent de passer au travers

Ton souffle achève au loin le clapotis des plaines
On ne sait plus si c’est le soir ou ton haleine

En hiver tu secoues la neige de ton front
Tu es la tache lumineuse du plafond

Et je ferme au-delà des mers le paysage
Avec les hautes falaises de ton visage

L’étrave du printemps glisse entre tes genoux
Lentement le soleil s’est approché de nous

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison

Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou Poésie la vie entière oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Seghers

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C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant (Belinda Cannone)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2022



Illustration: Belinda Cannone
    
C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant
que monte le sentiment de la beauté du monde et du privilège d’y vivre.

J’ai nommé ailleurs sur-présence
cette façon que nous avons parfois d’être entièrement présent au moment vécu.

Mais la notion de sur-présence s’applique aussi aux objets de notre attention,
parfois banals ou familiers et acquérant soudain sous notre regard devenu voyant
une lumière extraordinaire qui les met en gloire
— ou plutôt qui révèle leur beauté secrète, cachée aux regardeurs pressés.

(Belinda Cannone)

 

Recueil: Un chêne
Traduction:
Editions: Le vistemboir

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Ce que nous appelons « moi » (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022


Antonio Donghi  z

Ce que nous appelons « moi » est un costume d’arlequin
composé d’histoires rapportées, d’étoffes empruntées.

C’est un vêtement pauvre, mal cousu.
Parfois il se déchire et va dans la folie
– et quand il tient, c’est toujours par miracle.

Nous ne sommes soudain faits d’une seule pièce
que par la chance d’une voix qui nous appelle en nous aimant.
Nommer d’amour fait venir l’unique au monde.

(Christian Bobin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Antonio Donghi

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Je rêve de nommer les roses (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



 

Je rêve de nommer les roses avec la langue qui est la sienne,
et pas seulement avec les mots courants.

(Christian Bobin)

 

 

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Si ma voix meurt à terre (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




    
Si ma voix meurt à terre
portez-la au niveau de la mer
et laissez-la sur le rivage

Portez-la au niveau de la mer
et nommez la capitaine
d’un blanc bateau de guerre

Oh ma voix décorée
d’une insigne maritime :
Sur le coeur une ancre
et sur l’ancre une étoile
et sur l’étoile le vent
et sur le vent la voile !

***

Si mi voz muriera en tierra,
Llevadla al nivel del mar
Y dejadla en la ribera.

Llevadla al nivel del mar
Y nombradla capitana
De un blanco bajel de guerra.

¡ Oh mi voz condecorada
Con la insignia marinera :
Sobre el corazón un ancla
Y sobre el ancla una estrella
Y sobre la estrella el viento
Y sobre el viento la vela !

(Rafael Alberti)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Chanson pour la nommer (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2022




    
Chanson pour la nommer

Elle est comme un puits de feuillage
Douce comme le flanc du vent
Affolée comme un feu flambant
Dérivante comme un nuage.

Elle est la sueur et la nage
Elle est le sable en plein midi
Une humide touffe de nuit
Prise entre la lune et minuit.

Elle est la belle et l’opportune
L’indolente, le foin de mai
Et parmi ses cheveux défaits
La pluie fine sur l’églantier.

(Luc Bérimont)

Recueil: Le sang des hommes
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je n’ai jamais bien su (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



    

Je n’ai jamais bien su

Je n’ai jamais bien su le langage des vivants
Et j’essaie en vain d’accorder mon âme
À ceux qui parlent savamment.
Vienne une autre vie avec sa corbeille d’espoir
J’y mettrai mes actions perdues
Mes phrases dérisoires
Et cette étendue sans chaleur
Qui me sépare des humains.
Nommez-moi les choses
Afin que j’apprenne à les tenir dans ma main
Donnez-moi le nom secret des êtres
Afin qu’en eux mon coeur pénètre
Comme une eau douce au mois de Juin.
J’écoute un chant qui ne peut plus s’éteindre
Qui porte en lui tous les bonheurs et tous les cris
Est-ce une flûte? Est-ce une lampe
Que tu me tends ô poésie?
Je marche à la rencontre du jour
Et je vois la beauté invisible du monde
Telle une haute flamme
Dans les regards amis.

(Hélène Cadou)

Cantate des nuits intérieures, Si958.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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APRÈS NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2022



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
APRÈS NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE (4 janvier 1893)

Petits yeux, clairs et bleus
dents si fines et menues,
lèvres roses, belles boucles,
menottes si petites ;
rire de clochette
prompt conquérant !
Si je te loue encore
ce sera encore trop peu.
Être si merveilleux,
ai-je le choix,
comment te nommerai-je ? —
Idéal !

(Rainer-Maria Rilke)

Recueil:
Traduction:
Editions:

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