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Poésie

Posts Tagged ‘nonchalance’

Neutre, m’accompagne une main (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018




    
Neutre, m’accompagne une
main, qui sait cacher ses bienfaits.

C’est une latence de bien, sur moi
en nonchalance posée.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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AMIS D’AMOUR (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
AMIS D’AMOUR

Restons amis, veux-tu? Rien qu’amis. L’attitude
En vaudra mieux, crois-moi, que de trouver un jour
Le premier abandon qui fait la solitude,
Nos sentiments fanés, d’anciens rêves d’amour !

Je suis émerveillé d’un rêve, que j’ignore…
Je crois en toi, mais davantage en l’amitié.
Restons ainsi, pour être un peu pareils encore :
N’est-ce pas suffisant, le bonheur à moitié ?

Amis, n’est-ce pas beau? Le soir ardent qui frôle
M’émeut profondément, ô mystère caché !
J’ai posé doucement ma tête à ton épaule :
Ton visage n’en est plus doux ni plus fâché…

Et c’est un geste las dont l’amour est complice ;
Tout bas, nous nous disons : un geste indifférent !
Cela parait une eau qui se sille et se lisse,
Quand le désir, parfois, apporte son courant.

Puis nous disons des mots quelconques… Nonchalance
D’un langage d’amour, dans les soirs éperdus.
Et nous nous comprenons avec des yeux d’absence,
Et ces mots — semble-t-il — étaient ceux attendus.

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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Ma dame nue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018




    
ma dame nue sur fond
de crépuscule est un accident

dont l’agrément dépasse aisément l’intention
du génie—
toute peinture se sent honteuse
devant cette musique,et la poésie n’arrive
à s’en approcher tant elle est craintive.

et pourtant toutes deux la disent merveilleuse
Mais moi(dans mes bras ayant pris

le tableau)je le presse lentement

contre ma bouche,goûte le rythme précis
féroce
et sage d’une
impeccable
nonchalance. Savoure le prix

d’un geste inimaginable

chaud exact impie

***

my naked lady framed
in twilight is an accident

whose niceness betters easily the intent
of genius—
painting wholly feels ashamed
before this music,and poetry cannot
go near because perfectly fearful.

meanwhile these speak her wonderful
But i(having in my arms caught

the picture)hurry it slowly

to my mouth,taste the accurate demure
ferocious
rhythm of
precise
laziness. Eat the price

of an imaginable gesture

exact warm unholy

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Dépouille-toi sur la prairie de ton lourd chagrin de drap gris (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Dépouille-toi sur la prairie
de ton lourd chagrin
de drap gris :
Avril est là si clair qui brille
en fil d’aurore, en fil d’espoir,
ma fille!

Fougueux, piaffant à ton chevet,
l’alezan du jour
s’est levé,
bouscule, mord ta nonchalance,
ardent comme un soleil
s’élance !

Par la voltige et le lasso
la vie est un ciel
à prendre d’assaut :
étrille ton cheval fidèle
et remonte d’un saut
en selle !

Sur le chemin, crinière au vent,
le bonheur souvent
nous trotte devant,
fragile, farouche et rebelle
et il faut l’attraper vivant,
ma belle

(Christiane Barrillon)

Illustration: Andrew Wyeth

 

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Tu dors? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu dors? Ce n’est pas vrai, folle, tu fais semblant.
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance ;

Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;

Tu sais que des frissons amoureux et troublants
Viennent ensoleiller la neige de tes flancs ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;

Tu sais trop bien cela, friponne, et, doucement.
Sûre de me tenter, tu souris en dormant ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

(Jean Richepin)

 Illustration: Maurice Barraud

 

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Norias (Jérôme et Jean Tharaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Norias

Dans l’aimable ville de Hama,
tout empêche de penser à rien.
Rapide et brillant de lumière,
l’Oronte coule entre les saules, les peupliers,
les grenadiers et des noyers énormes,
comme je n’ai vu que là-bas.

De distance en distance,
d’immenses roues vont porter leur eau en plein ciel…
Une longue caresse musicale sort de ces roues gémissantes;
c’est assez indéfinissable,

quelque chose comme un bruit d’orgue ou de cloche lointaine,
un vague meuglement de troupeau,
un frelon qui bourdonne,
un murmure de sirène,
une harmonie continue, qui est le silence d’ici,
et où chaque roue met sa note,
sa vibration particulière.

Inlassablement,
l’eau monte emportée
par l’effort du fleuve
(…).

C’est un rêve oublié au bord de l’eau,
une poésie musicale faite de rien,
d’amour, de nonchalance, de chants d’oiseaux
dans les verdures mouillées,

une construction d’azur et de songe,
bâtie de matériaux fragiles,
on ne sait pas par qui ni pourquoi,
et qui ne tient en équilibre
que par la puissance d’un rêve.

(Jérôme et Jean Tharaud)

Illustration

 

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J’aime prendre mesure dans l’impossible (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



J’aime prendre mesure dans l’impossible.
J’ai détruit toutes les nonchalances.
Sous de très rares lambeaux de repos,
J’expose à la cruauté des nuits, des jours, mes instants.

(Armand Robin)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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Je serai l’oiseau (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016


L’oiseau n’avait pas vu la vitre
il volait en flèche si vite
qu’il mourut sur la transparence

Sois papillon, la nonchalance
te fera caresser de l’aile
la douceur des vitres mortelles

Je serai l’oiseau qui se tue
le verre en se brisant réveille
les dormeurs des maisons têtues

où s’empoussièrent les merveilles.

(Robert Mallet)

Illustration

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Tantôt semblable à l’onde (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Tantôt semblable à l’onde

Tantôt semblable à l’onde et tantôt monstre ou tel
L’infatigable feu, ce vieux pasteur étrange
(Ainsi que nous l’apprend un ouvrage immortel)
Se muait. Comme lui, plus qu’à mon tour, je change.

Car je hais avant tout le stupide indiscret,
Car le seul juste point est un jeu de balance,
Qu’enfin dans mon esprit je conserve un secret
Qui remplirait d’effroi l’humaine nonchalance.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Le feu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




Le feu

Il a une nonchalance de chat endormi
Mais fait des bonds ardents
Il fait flamme de velours
Mais griffe la cheminée
Ses yeux mobiles me fascinent

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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