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Posts Tagged ‘nostalgie’

Un homme ratisse des feuilles (Jim Morrisson)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Un homme ratisse des feuilles
en tas dans sa cour, un monceau,
appuyé sur son râteau, il les brûle
absolument toutes.
Le parfum emplit la forêt
des enfants s’arrêtent et respirent
l’odeur qui, dans quelques années,
deviendra nostalgie

(Jim Morrisson)

 

Recueil: Prière américaine
Traduction:
Editions:

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Chanson sur le fleuve (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Chanson sur le fleuve

Du ru clair à l’embouchure
je perdure,
De la source à l’estuaire
du mystère
Sur la barque du présent,
je descends

La rivière Nostalgie
de la vie.
Chaque seconde indivise
s’éternise
Quand je rame dans le sang
de l’instant.

Je ne peux dans ses méandres
jeter l’ancre
Ni louvoyer à la voile
vers l’Étoile
Pour remonter le courant
trop puissant.

Ni savoir l’heure et l’état
du delta…

(Bernard Lorraine)


Illustration: Vladimir Kush

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L’lNTIME ABSOLU (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



    
L’lNTIME ABSOLU
Antaratama

L’objet de mon désir que je poursuivais
divaguant
n’était que peu de chose.
J’arpentais le désert —
ce qu’y cherchait mon coeur altéré
n’était ni or ni diamant,
rien qu’un peu d’eau au creux des mains
rien qu’une ombre sous les palmes d’une source
pour un instant.
Ce rien réconcilie la mort et la vie,
ce rien délasse la fatigue du chemin.

Au marché où l’air n’est que bruit
et poussière
entendre quelques notes d’un chant
est entre tout rarissime et pourtant
ce n’est que peu de chose.

C’est comme une averse éphémère
au passage imprévu d’un nuage
qu’attend la terre aride
en fin de baishakha brûlant,
comme une douce main qui réveille
d’un cauchemar suffocant.

C’est si peu de chose et pourtant
que son manque m’accable
et mon coeur inconsolable
le recherche éperdument.

Il était d’impossibles rêves
que je poursuivis et fis miens
mais que je désertai
en passant.

Le trésor qu’on ne sent que sourdre
dans ses veines,
qui fait la trame des songes,
qui siège au coeur du mouvement,
qui ne laisse d’épigraphe
ni de gloire ni de mémoire
sur écriteau de pierre ;

dans l’étoile du soir de phâlguna
s’inscrit son histoire,
son langage seule ma flûte le connaît —
ce don au tréfonds de ma vie fusionné
qui fut au-delà de mon espérance,
pour qui je ne bâtis aucune maison,
qui hors pesanteur reste dérobé à la vision,

c’est sa douleur qui emplit
mon être tout entier
c’est sa nostalgie
qui fait mon univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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RAISON DU CRI (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Igor Morski 1960  14)

 

RAISON DU CRI

s’il n’y avait ce cri,
en forme de pierre aiguë
et son entêtement à bourgeonner

s’il n’y avait cette colère,
ses élancements génésiques
et son soc constellant,

s’il n’y avait l’outrage,
ses limaces perforantes
et ses insondables dépotoirs,

l’évocation ne serait plus
qu’une canonnade de nostalgies,
qu’une bouffonnerie gluante,

le pays ne serait plus
qu’un souvenir-compost,
qu’un guet-apens
pour le larmier.

(Tahar Djaout)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Igor Morski

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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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Tu ressemblais (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Dorina Costras touching_the_ephemeral_inset

Tu ressemblais,
passionnée déjà, et même courroucée,
à un coucher de soleil après l’orage.

La lueur rouge de tes yeux ruisselants
illuminait, ici et là, ton ombre tragique,
en un ultime couronnement ;
— oh, quelle nostalgie immense d’un crépuscule
(celui-ci!)
qui devait arriver ! —

Où ai-je donc vu un paysage de ville
— quartiers ouverts au couchant
de la mer, façades aux vitres parcourues
d’une lumière rouge sang —,
si terriblement, glorieusement unique,
qu’on eût dit une femme ?

… Qui ressemblait à une femme inconnue ;
— oh, quelle nostalgie immense d’une femme
(toi !)
qui devait arriver ! —

***

Parecías,
apasionada ya, y aún iracunda,
una puesta de sol tras la tormenta.

El fulgor rojo de tus ojos chorreantes
iluminaba, aquí y allá, tu sombra trájica,
en coronación última;
—¡ oh,qué nostaljia inmensa de un crepúsculo
(¡éste!)
que había de venir!—

¿Dónde vi yo un paisaje de ciudad
— barrios abiertos al ocaso
del mar, con las fachadas de cristales recorridas
de roja luz sangrante—,
así terriblemente, gloriosamente único,
que parecía una mujer?

… Que parecía une mujer desconocida;
— ¡oh, qué nostaljia ïa inmensa de una mujer
(¡tú!)
que había de venir!—

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Dorina Costras

 

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Il n’y a pas de silence (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Il n’y a pas de silence.

Penser n’est pas silence,
une chose n’est pas silence,
la mort n’est pas silence.

Etre n’est pas silence.

Aux alentours de ces faits
il n’y a que lambeaux de nostalgie:
la nostalgie du silence
qui peut-être un jour exista.
Ou peut-être n’exista jamais
et peut-être devons-nous le créer?

(Roberto Juarroz)


Illustration: Johann Heinrich Füssli

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LA VIE DES VAGUES (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
LA VIE DES VAGUES

Vies mêlées par d’impossibles liens
les vies composées de tant d’autres
les présentes, les disparues, les oubliées,
tissu des vies mêlées et moirées d’ombre
que les heures défont refont
analogue à la nostalgie fine de la mer,
elles adhèrent au vent, à la vie neuve en lui,
toujours les mêmes vagues sur le souffle
sans repos de la mer désirent sous nos yeux
une lumière jamais vue, et bercées d’elle
nous bercent sans l’atteindre jamais

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Nostalgie de toi (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Steve Cieslawskis (31)

– Nostalgie de toi, monde
présent — hélas, passé ! —
comme de mon enfance
et de ma jeunesse !

— Quel jour
avant-dernier du monde, celui
où les hommes transis
d’un tropique de neige,
sauront encore, par moi,
ce que sont le soleil
et les fleurs d’aujourd’hui — hélas, d’hier ! —

Nostalgie — des derniers hommes —
de toi, monde présent — hélas, passé ! —
comme de mon innocence
et de mon amour !

***

¡Nostaljia de ti, mundo
presente —iay, pasado!—,
como de mi niñez
y de mi juventud!

—¡Qué día
penúltimo del mundo, éste,
en que los hombres yertos
de un trópico de nieve,
sepan aún, por mí, del sol
y las flores de hoy — iay, de ayer! —

¡Nosta jia — de los hombres últimos—
de ti, mundo presente —iay, pasado!—,
como de mi inocencia
y de mi amor!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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Nostalgie (Habib Tengour)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Nostalgie à sombrer en fragments réversibles
sous la caresse du bleu
l’écume aux lèvres

(Habib Tengour)


Illustration: Odilon Redon

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