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Poésie

Posts Tagged ‘note’

ATTENTE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
ATTENTE

Tu restes toujours présent
À la lisière de mes chants,
Mes mélodies sont à Tes pieds
Sans que je puisse T’atteindre.
Le vent supplie avec insistance :
« Ne laisse pas ton rafiot amarré ! »
Gouverne vite pour parvenir
Au centre de mon cœur.

Avec Toi le jeu de mes chants
Est un jeu venant de loin,
Sa flûte émet des notes chagrines
Tout le long du jour.
T’emparant de ma flûte donc, quand voudras-tu
La remplir de Ton souffle,
Dans la dense obscurité
Par une nuit joyeuse et muette ?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Rendez-moi le cerisier porte-feu (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Fuyuko Matsui promenade

Rendez-moi le cerisier porte-feu riant de toutes ses braises,
ma grenouille verte et le cricri du logis.
Rendez-moi l’arc-en-ciel, le jet d’eau, l’hortensia et ses flammes corymbes.
Les yeux des pensées, les brugnons lumineux et la rose rouge
réchauffant son parfum dans le jour.
Rendez-moi le sens de ma floraison devant l’héliotrope.
Rendez-moi l’Enfant et la Vierge de lumière.
Rendez-moi le mimosa, la paix et l’arbre du Bien.
Rendez-moi le bengali dont les notes m’éclairent.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Fuyuko Matsui

 

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Dans un incessant murmure (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

vétiver

Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver

(Elsie Suréna)

Illustration: Vétiver

 

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NOTES D’AUTOMNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



John Atkinson Grimshaw  [800x600]

NOTES D’AUTOMNE

Silence… l’automne règne en la ville…
Il pleut… et c’est la pluie, uniquement…
Paix de plomb… le vent… et avec le vent
Les feuilles, en toute hâte, défilent…

Ouvre, laisse-moi entrer, adorée,
Avec branches, feuilles sèches, j’accours ;
Triste, une fille est morte dans le bourg, —
Sous la pluie on l’a conduite, enterrée…

Ouvre-moi… l’automne règne en la ville,
La terre entière est un tombeau béant…
Il pleut… et sur le bourg, avec le vent,
Les feuilles, en toute hâte, défilent…

(George Bacovia)

 Illustration: John Atkinson Grimshaw

 

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D’UNE DUNE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
D’UNE DUNE

Les dunes
les auréoles à leur sommet
l’azur tout rond
les vaguelettes du ciel
le sable
les cris transpercés de fuites
l’harmonie
le commencement d’un monde
d’une première note
d’un espace premier
les débris de coquillages
le frétillement d’eau
l’envol
l’apesanteur intime
l’oubli
les dunes

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Ce que le chant s’accorde de silences (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Ce que le chant s’accorde de silences
De notes blanches de pauses de soupirs
Pourquoi ne te l’accorderais-tu pas
Donne-toi du repos
Accueille ta faiblesse
Fais confiance à ton souffle
Reste dans ton rythme
Sois souple avec toi-même
Fais fête aux sources de ton corps
Quand elles t’appellent à lâcher prise
Sois léger
Ouvre les ailes de ta partition
Laisse jouer la lumière

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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De mon nom, que te restera-t-il ? (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    
De mon nom, que te restera-t-il ?
Comme le triste clapotis d’une vague
mourant au loin sur la grève ? Une note
dans la nuit, au fond des forêts ?

Ou rien qu’un paraphe de mort
sur la page d’un livre d’or,
ou quelque épitaphe tombale
dans une langue incompréhensible,

ou quoi ? Oublié depuis belle lurette…
Et tout au feu d’émotions nouvelles
ton coeur n’ira guère y puiser
de tendres et chastes souvenirs.

Mais que viennent les jours de peine
il te reviendra dans le silence,
tu diras : quelqu’un se souvient de moi,
il est au monde un coeur où je vis.

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Sur le rebord du toit (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




    
Sur le rebord
du toit
une pluie maigre
joue du clavecin

Hésite
s’amenuise

Deux trois notes
encore

Aigrement
espacées

Cernent
le silence

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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En rêve, peut-être (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2018



    
En rêve, peut-être, la main
du semeur d’étoiles
a fait résonner la musique oubliée
comme une note de l’immense lyre,
et l’humble vague à nos lèvres est venue
de quelques paroles vraies.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Longue promenade (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Annette Poupard  (60)

Longue promenade.
Collines avec la mer au fond.
Et le soleil délicat.
Dans tous les buissons, des églantines blanches.
Grosses fleurs sirupeuses, aux pétales violets.
Retour aussi, douceur de l’amitié des femmes.
Visages graves et souriants de jeunes femmes.
Sourires, plaisanteries et projets.

On rentre dans le jeu.
Et, sans y croire, tout le monde sourit aux apparences
et feint de s’y soumettre.
Pas de fausses notes.

Je tiens au monde par tous mes gestes,
aux hommes par toute ma reconnaissance.

Du haut des collines
on voyait renaître sous la pression du soleil
des brumes laissées par les dernières pluies.
Même en descendant à travers bois,
en m’enfonçant dans cette ouate,
le soleil se devinant au-dessus et cette miraculeuse journée
dans laquelle les arbres se dessinaient.

Confiance et amitié,
soleil et maisons blanches,
nuances à peine entendues,
oh ! mes bonheurs intacts qui dérivent déjà
et qui ne me délivrent plus dans la mélancolie du soir
qu’un sourire de jeune femme
ou le regard intelligent d’une amitié qui se sait comprise.

(Albert Camus)

 Illustration: Annette Poupard 

 

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