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Poésie

Posts Tagged ‘note’

Où réside l’esprit? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Où réside l’esprit? Au-dedans, au-dehors
Des choses remémorées, des choses faites ou défaites?
Premier le cri de l’oiseau de mer, première l’âme

Imaginée dans l’aube froide de son cri?
Et son perchoir ultime? Le bâton fangeux d’un nid
De corneille, au sommet de la vieille tour de pierre,

Ou le buste de marbre dominant le parterre?
Habitable, la forme accomplie?
Habitée, la lumière venteuse?

Pourquoi la note maintenue, pourquoi la ligne maintenue
Sinon pour l’assaut qui rassure?

***

Where does spirit live? Inside or outside
Things remembered, made things, things unmade?
What came first, the seabird’scry or the soul

Imagined in the dawn cold when it cried?
Where does it roost at least? On dungy sticks
In a jackdaw’s nest up in the old stone tower

Or a marble bust commanding the parterre?
How habitable inhabited the windy light?

What’s the use of a held note or held line
That cannot be assailed for reassurance?

(Seamus Heaney)

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier

Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes

Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

Archer
sur quelle note à finir
de peupliers
ployés

Ta peau
dans quelle nuit chaude
de pulpe

Puis ces petits cris
de neige
qu’on écrase à t’aimer

(Werner Lambersy)


Illustration

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LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue) (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue)

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Porte sous les yeux sa lassitude
En sombres croissants de lune
Là où couve la braise mémorable
Des vaisseaux négriers
Que rallume le claquement des fouets
Autour des cuisses.

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Sa tête frémissante de cheveux
Maintenant matés
Et lisses comme cuir qu’on a tant verni
Qu’ils brillent
Comme jais…
Si le jais pouvait lui faire une couronne.

La musique
De la trompette à ses lèvres
Est miel
Coulé dans le feu.
Le rythme
De la trompette à ses lèvres
Est extase
Exhalé d’antique désir…

Désir
Qui aspire à la lune
Quand sa lumière n’est qu’un projecteur
Au fond de ses yeux,
Désir
Qui aspire à la mer
Quand la mer n’est qu’un verre au comptoir
A la taille du nigaud.

Le Noir
La trompette à ses lèvres,
Dans son veston
Parfaitement boutonné
Ne sait pas
Sur quel motif la musique enfonce
Son aiguille hypodermique
Et le pénètre jusqu’à l’âme…

Mais doucement
Quand le chant monte de sa gorge,
Sa douleur mûrit
Et se change en note d’or.

***

Trumpet Player

The Negro
With the trumpet at his lips
Has dark moons of weariness
Beneath his eyes
where the smoldering memory
of slave ships
Blazed to the crack of whips
about thighs

The negro
with the trumpet at his lips
has a head of vibrant hair
tamed down,
patent-leathered now
until it gleams
like jet-
were jet a crown

the music
from the trumpet at his lips
is honey
mixed with liquid fire
the rhythm
from the trumpet at his lips
is ecstasy
distilled from old desire-

Desire
that is longing for the moon
where the moonlight’s but a spotlight
in his eyes,
desire
that is longing for the sea
where the sea’s a bar-glass
sucker size

The Negro
with the trumpet at his lips
whose jacket
Has a fine one-button roll,
does not know
upon what riff the music slips

It’s hypodermic needle
to his soul
but softly
as the tune comes from his throat
trouble
mellows to a golden note

(Langston Hughes)

 

 

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Jour pluvieux d’automne (Michel Beau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



Illustration
    
Jour pluvieux d’automne

Une feuille rousse
que le grand vent pousse
dans le ciel gris-bleu,
l’arbre nu qui tremble
et dans le bois semble
un homme frileux,

une gouttelette
comme une fléchette
qui tape au carreau,
une fleur jaunie
qui traîne sans vie
dans la flaque d’eau,

sur toutes les choses
des notes moroses,
des pleurs, des frissons,
des pas qui résonnent :
c’est déjà l’automne
qui marche en sifflant sa triste chanson.

(Michel Beau)

 

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Retouche à la méditation (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

Wojtek Siudmak Reincarnation_wojtek_siudmak

retouche à la méditation

dans sa bambuseraie
mon rêve à l’oeil bridé
regarde des ondes concentriques
s’élever avec grâce
d’une note grave

(Daniel Boulanger)

Illustration: Wojtek Siudmak

 

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Réminiscence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall
    
Réminiscence

Mon âme à l’aube se leva et entendit
une voix lointaine, un oiseau solitaire,
un chant, une note incertaine, un cri
qui se prolongeait dans l’éternité.
Mon âme se pencha vers l’aube pour entendre
son compagnon ailé dans la solitude du monde
et, écoutant ce que l’Ange avait à dire,
vit une lumière au coeur de la nuit et un jour secret
se dévoila à ses yeux. Elle contempla les étoiles
nées d’une pensée et sut comment l’être se prépare.
Alors je me souvins comment je m’éveillai du sommeil
et créai les cieux, bâtis la terre, formai le profond Océan

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’air des salles de concerts (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



L’air des salles de concerts
Doit être admirablement musical
Pensez à toutes ces notes qui vivent là
Mais on ne les entend pas
A cause de la musique

(Pierre Albert-Birot)

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Une fille de Qin (Luxun)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Une fille de Qin, visage sévère,
fait vibrer sa harpe
La poussière des poutres danse
dans le vent léger de la nuit
Tout à coup la note, trop vive,
a brisé la corde de glace
Mais on voit, rapide, s’enfuir une étoile,
tel un cri puissant

(Luxun)

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LE PRINTEMPS (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2020




    
LE PRINTEMPS

Le doux printemps met des oreilles
Aux arbres bleus de mon jardin,
Un rien de brise le réveille,
Un rien fait chanter son moulin.

Le printemps met des notes claires
Dans le canevas du matin
Et le Peintre de la Lumière
Ecrit ton nom sur mon chemin.

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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L’ENVERS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020



 

Illustration
    
L’ENVERS

À l’envers de l’ombre il y a un chant
d’oiseau au bord d’un étang le grand soleil d’été
L’ombre est celle d’un frêne il frémit imperceptiblement
Le chant la voix d’une mésange quatre notes flûtées
L’ombre c’est moi encore peut-être qu’elle ombrage
Ce fut moi qui écoutais l’oiseau Le ciel pâle
en moi se mire dans l’eau de l’étang
Les feuilles du frêne éparpillent leur chuchotement
et l’herbe vive crépite de sautereaux verts

Je voudrais toucher une à une chaque note du chant
de la mésange avec mes doigts pour être sûr
que ce qu’elle chante c’est pour de vrai
chaque note une anémone blanche très petite
dans l’épaisseur du sous-bois Chaque son pur
qui se lève et dit C’est moi le sol mineur
à haute enfantine irrécusable voix

Les années autrefois étaient plus immobiles
les frênes les mésanges l’herbe les étangs
plus certains Tout était pour de vrai
Ce qui existe a l’air d’exister moins
d’être moins sûr de son droit ou bien
est-ce moi ?

À l’envers du temps la mésange s’arrête de
chanter l’arbre de frissonner Je reviens sur mes pas
Je te parle tu me réponds toi ma vie à
l’endroit de l’ombre et du temps
ma pour de vrai

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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