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Poésie

Posts Tagged ‘noué’

Pupilles (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



 


    
Pupilles

Je te fixe dans les pupilles
jeune lueur
la gorge nouée.

(Leonardo Sinisgalli)

 

Recueil: Le moineau et le lépreux
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Part Commune

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Seule la caresse peut dissoudre l’angoisse (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
— Comme elle décontracte les muscles noués
seule la caresse peut dissoudre l’angoisse,
spasticité de l’âme que l’espoir abandonne
et qu’aucun discours ne peut distraire du doute ;

Caresse-moi, toi dont j’ignore le nom,
je donne tout pouvoir à tes mains que je baise,
caresse-moi bienfaitrice anonyme
dont je ne veux pas connaître le visage,
caresse-moi, généreuse passagère
qui me calme et t’éloigne avec ton silence ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Liens (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



 

cygne

Liens –

Dans toute voix, ma voix, il y a sans doute
Un cygne fait de larmes
Près des gorges de l’eau, près de cet arbre,
Si noir d’automne et rouge
Si noir et si noué
Avec le fil étincelant du sang

Pour ce sou de l’aimée, pour ses blessures
L’arbre écrit sa limpidité sur la route
Où sont des soldats ligotés par le vent
La flamme ouverte de leur main sur des champs
Couverts évasivement de lampes vives
Eclairées par des rencontres de colombes
Qui vont dormir quand ils disparaîtront

(Salah Stétié)

Illustration

 

http://www.influencia.net/fr/actualites1/ricochets,cygne-noir-eucatastrophe,46,2904.html

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Hors du vide (Alfredo Casta Monteiro)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Léon Spilliaert moonlight

hors du vide
un doux écho à la dérive

no ouvido
o eco do ego à deriva

noué au vide
l’égo évide l’écho

eco debido al oído
que el ego vivido olvida

eco em vão
no ouvido do ego à deriva

écho d’une envie vide
rivé à l’ouïe l’égo dérive

eco de envidia
a la deriva en el oído

écho vain rivé au vide
qui évide l’égo

eco do ego vão no ouvido
devido à deriva

rivée au vide
l’ouïe avide d’écho

del ávido oído deriva el eco
oído hueco

no ouvido
o eco vão do ego vazio

vacille l’égo vide
rivé à l’ouïe

vacío el ego vivido
que en el oído deriva

l’ego vacille hors du vide
l’ouïe rivée à l’écho

do ego vazio duvido
duvido do eco oco

eco del ego hueco
que el oído vacía

no ouvido um vazio
o eco do ego é oco

noué au vide vacille l’égo
en échos vains

vano y hueco el ego
y vacío su eco

vazio é o ego cego
e seco o seu eco

échos secs
qui en vain vacillent

vano y vacío el ego ciego
hueco su eco seco

échos d’égo vacillent
et assaillent le vide

olvido vacío
en el eco del ego seco

eco no vazio cego
é oco o eco que sai do ego

assailli l’égo sec
que le vide noue et évide

(Alfredo Casta Monteiro)

Illustration: Léon Spilliaert

 

 

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SUPRÊME ÉTREINTE (Anatole Belval-Delahaye)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Andrei Protsouk  
    
SUPRÊME ÉTREINTE

Ah ! laisse, mon amour, ces divines oiselles,
Nos deux âmes s’unir au silence divin.
L’ivresse de l’extase, en nous versant son vin,
Clôt les bouches de chair de ses deux blanches ailes.

Mon luth reste muet devant tant d’infini.
Je vois dans tes grands yeux l’azur qui se colore,
Le désir embrasé monte comme une aurore.
Emergeant de ton cœur comme d’un lac béni.

La pourpre du plaisir ensanglante les roses,
Ta bouche est la grenade ouverte à mon baiser,
Tu ne peux, cher amour, hélas ! me refuser
Le temple de ta chair pour nos apothéoses.

Les instants de bonheur, au sablier du temps,
Sont à peine minute au siècle de souffrance,
Et nous pesons si peu dans la juste balance,
Qu’un souffle nous emporte à l’aube d’un printemps.

L’Ecriture nous dit qu’au delà du mystère
11 est un paradis qu’il nous faut mériter,
Mais j’en sais un, ma douce, où luit la volupté ;
Vivons, si tu m’en crois, cet Eden sur la Terre.

Aimons-nous follement, l’amour est le plus fort;
Cherchons vers le bonheur où la vie est en source,
Buvons l’oubli des jours, des nuits et de leur course.
Et restons enlacés, noués jusqu’à la mort.

(Anatole Belval-Delahaye)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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L’Océan parle (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



L’Océan parle

Ses poings ramassent les mots

Les chevelures ruissellent
Entre les doigts de rocher
Facettes bavardes du soleil

Discours noué du désir.

(Georges Jean)

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A la nuit va la nuit (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



à la nuit va la nuit. ha-
los de peau. bouches
nouées.

(Martine Broda)

Illustration: Edward Hopper

 

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Plain Pied (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



 

Plain Pied

Ma porte ouverte sur le chant des chardonnerets
Beaux grands sombres sapins à l’horizon

majesté calme austérité

Chênes tourmentés
Buissons membres noués et dénoués

souffrance violence et nudité

Terre à même le sol
Odeur de sève alcool brut

force rigueur rugueuse
Grand soleil amoureux de lui-même
Chambre d’azur miroir flaque d’eau

temps rêvé du bonheur et de la joie

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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PUDEUR (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



PUDEUR

I.

Vous et moi, devant la face bleue de safre
De cette féerique après-midi,

Les mots restent noués, immobiles
Dans nos gorges d’adolescents émus.

Tout orange, le temps coule délicatement
A nos pieds,
Murmure, chuchote, rit, se tait,

Une rose fraîcheur tombe sur nos épaules
Prises dans les fines dentelles de la pudeur.

Tremblants, nous ne savons que faire
Des rêves enfermés dans nos mains.

II.

Fermons nos yeux, laissons le mystère du silence
Révéler au jour, dans la langue des dieux,
L’innocente poésie de nos âmes.

Que le soleil pur à la lumière d’or
Frôle nos cils
Pour rendre plus profonds nos regards !

Que les fioles des heures, pleines de couleurs,
Irisent et enluminent nos vies !

Ecoutons les chants que tissent
Avec tant de passion rouge
Les fleurs des lauriers-roses
Et les ailes joyeuses des oiseaux.

III.

Ainsi, avec les doux bruits de l’air
Et des herbes, à l’ombre des allées ouvertes sur l’infini,
S’écrit le livre essentiel de chaque cœur.

Ah, tous ces mots tus
Qui disent si clairement et avec tant de précision,
L’invisible désormais, l’impalpable empire
De l’amour.

***

PUDOR

I

Tu y yo, delante del rostro azul de safre
de esta tarde mágica.

Las palabras quedan anudadas, inmóviles
en nuestras gargantas de adolescentes conmovidos.

Aloque, el tiempo se hunde delicadamente
a nuestros pies,
murmura,, susurra , ríe, calla.

Una rosa fresca cae sobre nuestros hombros
asidos en los finos encajes del pudor.

Temblorosos, no sabemos que hacer,
los sueños se aprisionan en nuestras manos.

II

Cerremos nuestros ojos, dejemos el misterio del silencio
revelar al día, en la lengua de los dioses,
La poesía inocente de nuestras almas.

¡ Que el sol puro a la luz de oro
roce con nuestras pestañas
haciendo más profundas nuestras miradas!

¡ Qué los frascos de las horas, plenos de colores,
irisen e iluminen nuestras vidas!

Escuchemos los cantos que tejan
con tanta pasión roja
las flores de las adelfas
y las alegres alas de las aves.

III.

Así, con el dulce sonido del aire
yde las hierbas, a la sombra de las alamedas abiertas sobre el infinito,
se escribe el libro esencial de cada corazón.

Oh, todas estas palabras calladas
que dicen tan claramente y con tanta precisión,
el invisible, impalpable imperio
del amor.

(Juana de Ibarbourou)

Illustration: Fabienne Contat

 

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La valise est ouverte (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



La valise est ouverte
Les souliers sont prêts
Le cache-col est noué

La valise est ouverte
Le regard est posé
Le chien fait la fête

La valise est ouverte
Le drap est tiré
La main est offerte

La valise est ouverte
Le chemin est droit
La nuit est verte

La valise est ouverte
Le feu est éteint
La clef est sur la table

La valise est ouverte
C’est déjà hier que je suis parti

(Louis Calaferte)

 

 

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