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Poésie

Posts Tagged ‘nourrissant’

Franchises vénéneuses (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Franchises vénéneuses
salutaires mensonges
subtilités sauvages
agressives patiences
pardons impitoyables
dévorants aliments
nourrissantes morsures
baisers qui font saigner
aveux qui font mystère

Si rugueuses tendresses
si donnantes conquêtes
si riantes rigueurs
si douces cruautés
si ferventes froideurs
et si fraîches brûlures
qu’on ne sait pas
entre ombre et jour
entre supplice et volupté
où naît et meurt l’amour

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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SIBYLLES (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



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SIBYLLES

Sibylles à l’intérieur d’antres pierreux,
Absolument sans amour, aveugles,
Nourrissant le vide comme on nourrit un feu
Tandis que l’ombre dissout la nuit et le jour
Dans la même lumière d’horreur désincarnée.

Chasser la monstrueuse rosée
Des nuits intérieures, la sueur
Des forces attachées à elles-mêmes
Quand les mots cognent contre les murs,
Grands vols aveugles d’oiseaux prisonniers,
Quand la très aiguë horreur d’avoir des ailes
Sonne comme une horloge dans le vide.

***

SIBILAS

Sibilas no interior dos antros hirtos
Totalmente sem amor e cegas,
Alimentando o vazio como um fogo
Enquanto a sombra dissolve a noite e o dia
Na mesma luz de horror desencarnada.

Trazer para fora o monstruoso orvalho
Das noites interiores, o suor
Das forças amarradas a si mesmas
Quando as palavras batem contra os muros
Em grandes voos cegos de aves presas
E agudamente o horror de ter as asas
Soa como um relógio no vazio.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Une marée nocturne (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Une marée nocturne

Ma chambre garde au coeur une vertu glacée ;
ce soir d’hiver je suis son plus rude ennemi.
Mais je puise une faim de victoire et de cris
dans le silence même où elle est enfoncée.

Sans peur, sans joie, avec une voix mesurée,
mûrie et nourrissante à la façon des fruits,
je dis que mon poème est heureux de la nuit.
Il se forme et il monte avec un bruit d’armée.

Pour ce dieu résonnant d’une excessive faim
je déchaîne dans l’ombre en élevant la main
une très studieuse et très ardente fête ;

C’est bien. J’éteins la lampe et je serre les dents :
ma chambre se soulève. Avec l’aube, les vents
enflent la voile. Et nous partons dans la tempête !

(Odilon-Jean Périer)

Illustration

 

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Le Dragon bouge (Victor Segalen)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2015



Le Dragon bouge : le brouillard aussitôt crève et le jour croît.
Une rosée nourrissante remplit la faim.
On s’extasie comme à l’orée d’un printemps inespérable.

(Victor Segalen)

Illustration

 

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