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Poésie

Posts Tagged ‘nouveauté’

Chacun héberge l’Infini en soi-même (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Josephine Wall    
    
Chacun héberge l’Infini en soi-même;
dès que vous aimez quelqu’un,
vous êtes entraîné au fond de son Infini,
vous recevez le don de son Infini…

Sous l’effet de l’amour,
l’amant trouve accès à l’Infini à l’intérieur d’une personne,
là même où cette personne cesse d’être finie ;

plus vous faites don de votre cœur, plus vous en recevez ;
plus vous contemplez, plus vous découvrez de nouveautés;
plus vous devenez capable, plus vous pouvez y immerger…

Là où il n’y a pas d’amour, il y a restreinte ;
là précisément se ferment les portes du grand Infini;
il y a là, de tout côté, un sol d’acier, une prison.
Celui qui n’a pas appris à aimer le monde
est une personne enfermée dans un trou noir.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Le Gardeur de Troupeaux (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Tout ce que je vois est net comme un tournesol.
J’ai l’habitude d’aller le long des routes
Tout en regardant à droite et à gauche,
Et de temps en temps derrière moi…
Or ce que je vois à chaque instant
Est cela même qu’auparavant jamais je n’avais vu,
Et je sais fort bien m’en rendre compte…
Je sais maintenir en moi l’étonnement
Que connaîtrait un nourrisson si, à sa naissance,
Il remarquait qu’il est bel et bien né…
Je me sens nouveau-né à chaque instant
Dans la sereine nouveauté du monde…

Je crois au monde comme à une marguerite,
parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui
Parce que penser, c’est ne pas comprendre…
Le monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
(Penser, c’est être dérangé des yeux)
Mais pour que nous le regardions et en tombions d’accord…
Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Si je parle de la Nature ce n’est pas que je sache ce qu’elle est,
Mais c’est que je l’aime, et je l’aime pour cela même,
Parce que lorsqu’on aime, on ne sait jamais ce qu’on aime
Pas plus que pourquoi on aime, ou ce que c’est qu’aimer…

Aimer est la première innocence,
Et toute innocence ne pas penser…

(Fernando Pessoa)

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Je me souviens de poèmes sauvages (Élise Turcotte)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Élise Turcotte
    
Je me souviens
de poèmes sauvages
peu nombreux
telles des plantes nouées
qui naissent
sous la véranda
je les récite
sans bouger les lèvres
sous l’eau
ma peau a changé
je ne crois pas aux baisers

Des jours entiers
à fouiller
dans les cendres
volantes

J’arrache un poème
sur le dos
de l’inhumanité

La violence
possède aussi
un déguisement
c’est l’esprit
de nouveauté

J’ai cru dormir un instant
un miracle se produisait
je courais
en suivant des pistes de loups
le temps était aussi complexe
que lumineux
mais c’est faux
je ne dors pas
la fatigue
ne m’atteint plus

(Élise Turcotte)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Sombre ménagerie
Traduction:
Editions: du Noroît

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J’ai aimé comme tout le monde (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



J’ai aimé comme tout le monde

J’ai aimé, comme tout le monde. Peut-être est-elle
Encore vivante. Le temps passera jusqu’au jour .
– Ce n’est sans doute pas demain, mais un jour bien plus tard –
Où quelque chose d’aussi grand que l’automne
S’allumera sur la vie comme un ciel que rougit l’incendie
Et qu’attendrit le sous-bois. Sur la sottise des flaques,
Crapauds alanguis par la soif,
Sur les clairières frissonnantes
Comme un lièvre, et qui sont jusqu’aux oreilles
Cousues à la natte des feuilles d’antan,
Sur le bruit qui ressemble au faux ressac du passé …
J’ai aimé comme tout le monde
Et je sais que, depuis toujours,
Les prés mouillés sont mis au pied de l’année.
Au chevet de nos cœurs l’amour dépose
La frissonnante nouveauté des mondes.

(Boris Pasternak)

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Nouveauté radicale (Walter Benjamin)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



 

Il n’y a pour les hommes tels qu’ils sont aujourd’hui,
qu’une nouveauté radicale,
et c’est toujours la même : la mort.

(Walter Benjamin)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Déclaration d’Amour (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ton front marmoréen, ta démarche si fière
Et de tes yeux profonds l’insoutenable ardeur
Font plier mon orgueil sous ta calme grandeur
Je te crains et je t’aime ô douce meurtrière

Tes cheveux noirs te font un casque de guerrière
Dont le peigne ne peut retenir la splendeur
Et pour baiser du sein la superbe rondeur
Roule amoureusement l’ondoyante crinière

Et je croirais parfois, ô terrible Beauté,
Voir en toi l’Amazone à l’unique mamelle
Dont le coeur ne bat plus que pour la cruauté

Si je ne sentais pas, ô fraîche nouveauté!
Pointer sur ce sein où la fleur au fruit se mêle
Les boutons rougissants d’une rose jumelle.

(José-Maria de Heredia)

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La lumière (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



La lumière éclaire depuis des lustres
qui n’en font qu’un,
mais de longue date
et de pure nouveauté.

(Laurent Albarracin)

 

 

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CHANGENT LES TEMPS… (Luís de Camões)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2016



 

CHANGENT LES TEMPS…

Changent les temps et changent les désirs,
Et change l’être et change la confiance;
Tout l’univers est fait de changement,
Prenant toujours des qualités nouvelles.

Sans cesse nous voyons des nouveautés
Différentes en tout de notre attente;
Des maux, le souvenir garde la peine,
Et des biens, s’il y en eut, l’amer regret.

Le temps couvre le sol d’un vert manteau
Après l’avoir couvert de neige froide,
Et change en pleurs la douceur de mon chant.

Et non content de changer chaque jour,
Changeant ainsi il nous surprend encore,
Car il ne change plus comme il faisait jadis.

***

MUDAM-SE OS TEMPOS…

Mudam-se os tempos, mudam-se as vontades,
Muda-se o ser, muda-se a confiança;
Todo o Mundo é composto de mudança,
Tomando sempre novas qualidades.

Continuamente vemos novidades,
Diferentes em tudo da esperança;
Do mal ficam as mágoas na lembranca,
Edo bem, se algum houve, as saudades.

Otempo cobre o chão de verde manto
Que já coberto foi de neve fria,
Eem mim converte em choro o doce canto.

Eafora este mudar-se cada dia,
Outra mudança faz de mor espanto,
Que não se munda já como soía.

(Luís de Camões)

Illustration

 

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Les chemins inexplorés (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Les chemins inexplorés

D’ici partent des chemins inexplorés.
Marchons avec ferveur.
Viens, mettons-nous en quête
de quelque fleur nouvelle et belle.
Jette ce que nous possédons!
Les buts atteints, les desseins accomplis
nous chargent d’un poids mort,
peu digne de nos rêves, des chants et des prouesses.

La vie est dans ce qui nous attend,
ce que nous ignorons encore …
Viens, oublions!
Mettons-nous en quête de nouveauté et de beauté!

(Karin Boye)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Alphonse Mucha 

 

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