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Poésie

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Retouches (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    

Très tôt je m’aperçus que les lettres d’amour que j’envoyais
se ressemblaient toutes : demande, attente, merci, nouvel appel,
et que les réponses que l’on y faisait avaient le même tour.

J’abrégeai donc, je contournai les évidences
et ne parlai plus que du décor qui m’entourait,
de l’image ou de l’idée qui me tourmentait autant que mon corps,
mais je trouvai mes descriptions trop longues et mes cachettes bien théâtrales.

Comme j’avais le temps je me suis mis à les réduire et dénuder,
à regarder de biais ou par-dessous
les villes, les êtres, mes sentiments,
tout ce qui me tombait sous la main,
à les concentrer en poèmes,
c’est-à-dire en chambres fortes,
à faire en sorte que le destinataire de ces mots
eût à les forcer, à les prendre et reprendre.

Je les appelai retouches.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche au nouvel Amour (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016




Retouche au nouvel Amour

sur sa gorge
le couteau de la mémoire

(Daniel Boulanger)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le nouvel étang (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2016



Le nouvel étang
Une grenouille y plonge –
pas le moindre bruit

(Ryôkan)

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Il faudrait se lancer par une fenêtre (Gilbert Langevin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2016



Il faudrait se lancer par une fenêtre
donnant sur un nouvel éden

(Gilbert Langevin)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

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D’un fruit qu’on laisse pourrir à terre, il peut encore sortir un nouvel arbre (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2015



pomme-pourrie [800x600]

D’un fruit qu’on laisse pourrir à terre,
il peut encore sortir un nouvel arbre.
De cet arbre, des fruits nouveaux par centaines.

Mais si le poème est un fruit,
le poète n’est pas un arbre.

Il vous demande de prendre ses paroles
et de les manger sur-le-champ.
Car il ne peut, à lui tout seul, produire son fruit.

Il faut être deux pour faire un poème.
Celui qui parle est le père,
celui qui écoute est la mère,
le poème est leur enfant.

Le poème qui n’est pas écouté
est une semence perdue.
Ou encore : celui qui parle est la mère,
le poème est l’oeuf
et celui qui écoute est fécondateur de l’oeuf.

Le poème qui n’est pas écouté devient un oeuf pourri.

C’est à cela que songeait, dans sa prison,
un poète condamné à mort.
C’était dans un petit pays qui venait d’être envahi par les armées d’un conquérant.
On avait arrêté le poète
parce que, dans une chanson qu’il chantait sur les routes,
il avait comparé la tristesse qui rongeait jusqu’à l’os la chair de son corps
aux fumées meurtrières qui avaient brûlé jusqu’au roc la terre de son village.

(René Daumal)

texte ici: http://wikilivres.ca/wiki/Les_Derni%C3%A8res_Paroles_du_po%C3%A8te

 

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