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Poésie

Posts Tagged ‘nouvelles’

La peau seule (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



la peau seule
peut comprendre
ce qui manque

elle
qui reste sans nouvelles
de l’infini

(Werner Lambersy)

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Chansons mortes (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration
    
Chansons mortes

I
oiseaux dans la forêt chantez
tant que le vert persiste
car vite trop vite
tout défleurit

j’étais là-haut j’ai vu
la splendeur du monde
mais pourquoi pleures-tu
rossignol

et je suis descendu
passsant joie et peine
tout a changé le soir
ramène la fatigue

le vent glace
le faible vert
oiseaux adieu
je ne puis vous suivre

2
je me souviens des jours tendres
automne tu dressais
ta fantasmagorie
si colorée si pâle

ma vallée où sont tes frères
aujourd’hui désert
comment te reconnaître
tout est solitude

de ta bouche blafarde
sort une étrange mélodie
la terre s’entr’ouvre
j’aperçois le fond

chante toujours chante
couché je repose
le tilleul fait pleuvoir
sa feuille sur moi

3
déjà le retour des oiseaux
des chansons d’autrefois
ma jeunesse insouciante
revient-elle avec eux

mais je suis fou je pense
en voyant les nuages chasser
au vent d’automne les oiseaux
j’ai cru le printemps

sur la montagne un arbre abrite
le départ bruyant des oiseaux
l’arbre est las il agite
une dernière fois ses rameaux

4
en rêve je me suis vu
devant la maison de mon père
regardant l’heureuse vallée
de mon enfance
l’air était doux et jouait
parmi les feuilles printanières
l’essaim de pétales tombait
sur ma poitrine et mes cheveux

je m’éveille la lune
luit au coin du bois
sa pâle lueur éclaire
un pays inconnu de moi
je regarde et je vois
pétales de glace
le paysage blanc de neige
et mes cheveux d’âge

5
joie de l’aube des feuilles
les étoiles abîmées
migrent dans le coeur
célestes pensées

6
te rappelles-tu le jardin
le château au-dessus des arbres
et comme nous attendions
le printemps

est arrivé le musicien
le même chaque année
nous sommes sortis ensemble
dans le monde en fleurs

nous avons voyagé
envoyés dispersés
quand je demande de tes nouvelles
personne ne me répond

adieu château
que le couchant dore
dort le musicien
ivre de rêves

les parents sont morts
depuis longtemps
ceux qui sont restés
ne nous connaissent plus

***

Nachklänge

I
Lust’ge Vögel in dem Wald,
Singt, solang es grün,
Ach wer weiß wie bald, wie bald
Alles muß verblühn !

Sah ich’s doch vom Berge einst
Glänzen überall,
Wußte kaum, warum du weinst,
Fromme Nachtigall.

Und kaum ging ich über Land,
Frisch durch Lust und Not
Wandelt’ alles, und ich stand
Müd im Abendrot.

Und die Lüfte wehen kalt,
Übers falbe Grün,
Vöglein, euer Abschied hallt —
Könnt ich mit euch ziehn !

2
O Herbst, in linden Tagen
Wie hast du rings dein Reich
Phantastisch aufgeschlagen,
So bunt und loch so bleich !

Wie öde, ohne Brüder,
Mein Tal so weit und breit,
Ich kenne dich kaum wieder
In dieser Einsamkeit.

So wunderbare Weise
Singt nun dein bleicher Mund,
Es ist, als öffnet’ leise
Sich unter mir der Grund.

Und ich ruht’ überwoben,
Du sängest immerzu,
Die Linde schüttelt oben
Ihr Laub und deckt’ mich zu.

3
Schon kehren die Vögel wieder ein,
Es schallen die alten Lieder,
Ach, die fröhliche Jugend mein
Kommt sie wohl auch noch wieder ?

Ich weiß nicht, was ich so töricht bin !
Wolken im Herbstwind jagen,
Die Vögel ziehn über die Wälder hin,
Das klang wie in Frühlingstagen.

Dort auf dem Berge da steht ein Baum,
Drin jubeln die Wandergäste,
Er aber, müde, rührt wie im Traum
Noch einmal Wipfel und Aste.

4
Mir träumt’, ich ruhte wieder
Vor meines Vaters Haus
Und schaute fröhlich nieder
Ins alte Tal hinaus,
Die Luft mit lindem Spielen
Ging durch das Frühlingslaub,
Und Blütenflocken fielen
Mir über Brust und Haupt.

Als ich erwacht, da schimmert
der Mond vom Waldesrand,
Im falben Scheine flimmert
Urn mich ein fremdes Land,
Und wie ich ringsher sehe :
Die Flocken waren Eis,
Die Gegend war vom Schnee,
Mein Haar vom Alter weiß.

5
Es schauert der Wald vor Lust,
Die Sterne nun versanken,
Und wandeln durch die Brust
Als himmlische Gedanken.

6
Gedenkst du noch des Gartens
Und Schlosses überm Wald,
Des träumenden Erwartens :
Ob’s denn nicht Frühling bald ?

Der Spielmann war gekommen,
Der jeden Lenz singt aus,
Er hat uns mitgenommen
Ins blühnde Land hinaus.

Wie sind wir doch im Wandern
Seitdem so weit zerstreut !
Frägt einer nach dem andern,
Doch niemand gibt Bescheid.

Nun steht das Schloß versunken
Im Abendrote tief
Als ob dort traumestrunken
Der alte Spielmann schlief’.

Gestorben sind die Lieben,
Das ist schon lange her,
Die wen’gen, die geblieben,
Sie kennen uns nicht mehr.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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JE VIENS D’ÉCRIRE UNE LETTRE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



 

JE VIENS D’ÉCRIRE UNE LETTRE

Je viens d’écrire une lettre
Adressée à moi. Prends-la.
Pour me la remettre
Tu voyageras Mon enfant mon frère
Pour me la remettre
Tu voyageras

Je suis resté à ma porte
Au bout de mes premiers pas
La frontière est morte
Tu voyageras Mon enfant mon frère
La frontière est morte
Tu voyageras

Sur de grands bateaux sans voiles
Je te vois monter déjà
Entre les étoiles
Tu voyageras Mon enfant mon frère
Entre les étoiles
Tu voyageras

A travers ta descendance
Ma lettre me parviendra
Des siècles d’avance
Tu voyageras Mon enfant mon frère
Des siècles d’avance
Tu voyageras

J’ai reçu de mon ancêtre
Les quelques mots que voilà
Prends pour te connaître
Le temps qu’il faudra Mon enfant mon frère
Rien qu’à te connaître
Tu voyageras

J’ai appris par l’hirondelle
Que tes printemps seront là
Donne des nouvelles
Tu voyageras Mon enfant mon père
Donne des nouvelles
On te répondra…

(Gilles Vigneault)

 

 

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Brûlé du feu de l’amour (Koul Himmet)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration
    
Brûlé du feu de l’amour, mon désir est d’être cendre
Foulé aux pieds, mon désir est d’être route

Traversant cette multitude, volant au pays de l’Unité
Ouvrant la voie à l’infini, mon désir est d’être désert

A travers les épreuves, à la rencontre de l’amant
L’Océan une fois atteint, mon désir est d’être lac

Sans égards pour les ruses du moi, sans croire aux promesses
Sur une branche de la roseraie d’amour, mon désir est d’être rose

Qui demande à Himmeti qui arrive sur la route de l’ami
Qui donne des nouvelles de Dieu, mon désir est d’être son esclave

(Koul Himmet)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Donnez-moi des nouvelles du monde (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



Donnez-moi des nouvelles du monde.
Et les arbres ont-ils toujours
Ce grand besoin de feuilles, de ramilles,
Et tant de silence aux racines?
Donnez-moi des nouvelles des rivières,
J’en ai connu de bien jolies,
Ont-elles encor cette façon si personnelle
De descendre dans la vallée,
De retenir l’image de leur voyage,
Sans consentir à s’arrêter.

(Jules Supervielle)

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Avez-vous des nouvelles? (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Avez-vous des nouvelles?
Des nouvelles de quoi?
Des nouvelles du monde
des nouvelles du monde…

il paraît qu’il va changer

(Jacques Prévert)

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La chambre de Pedro (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



La chambre de Pedro

Des mobiles en or de la Place du Général Osorio
balancent dans l’air de Pierre des nouvelles du Brésil.
La chambre flotte entre posters et cahiers de géographie.
Le hamac bahianais se balance sur le balcon qui donne sur
la plate-forme aux terrasses à perte de vue.
Des trésors d’empereur jonchent le sol:
coquillages, mignonnettes, volant de voiture.
L’empire s’enfonce dans un rêve interplanétaire
mais sonne l’heure fatale
dans la chambre amatutinée:
l’empereur chausse les souliers de la routine
et s’en va, vaincu, vers l’école.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Fumée (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2016


 

Là-bas, sous les arbres s’abrite
Une chaumière au dos bossu;
Le toit penche, le mur s’effrite,
Le seuil de la porte est moussu.

La fenêtre, un volet la bouche;
Mais du taudis, comme au temps froid
La tiède haleine d’une bouche,
La respiration se voit.

Un tire-bouchon de fumée,
Tournant son mince filet bleu,
De l’âme en ce bouge enfermée
Porte des nouvelles à Dieu.

(Théophile Gautier)

Illustration

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