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Posts Tagged ‘noyée’

Je ne suis qu’une goutte, une goutte d’eau (Simon Monceau)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
Je ne suis qu’une goutte, une goutte d’eau
Qui avait le moral à zéro

J’ai quitté la route qu’on m’avait creusée
J’avais trop envie d’être écoutée

C’est l’histoire d’une goutte
Incitant d’autres gouttes
Doucement goutte à goutte à déborder

Quand la goutte est pleine
C’est la goutte en trop
Qui entraîne les autres gouttes d’eau

Je ne suis qu’une goutte
Une goutte folle
Dégoûtée, noyée dans un ras-le-bol

J’ai pleuré ma vie, inondé la plaine
J’ai défait mon lit, y’en a qu’ça gêne

C’est l’histoire d’une goutte
Incitant d’autres goutte
Doucement coûte que coûte à déborder

Une goutte c’est de l’eau
De l’eau en prison
J’ai pas envie d’être une goutte mouton

Je ne suis qu’une goutte, une goutte d’eau
Qui avait le moral à zéro

J’ai quitté la route qu’on m’avait creusée
J’avais trop envie d’être écoutée

(Simon Monceau)

Illustration: Corrie White (extraordinaires images de gouttes’)

 

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Les Revenants (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Les Revenants

DANS les miroirs j’ai vu des reflets de visages,
Un vent mystérieux a gonflé les rideaux,
Le soir frémit encor de tragiques passages,
L’horreur de l’Invisible a pénétré mes os.

La mémoire de l’ombre évoque une Etranglée
Aux yeux d’effroi, qui porte, ainsi que des rougeurs
De baisers trop fervents sur la chair martelée,
L’empreinte sans pitié de cruels doigts vengeurs.

Une Noyée attend le reflux, et j’écoute,
Tandis que se prolonge un patient travail
De remous, l’eau de mer qui pleure goutte à goutte
De ses cheveux mêlés d’écume et de corail.

Oh ! la beauté funèbre aux visages des Mortes !
Elles glissent, ainsi qu’un rayon nébuleux,
Sous leurs voiles légers, laissant au seuil des portes
D’irréelles lueurs de clairs de lune bleus.

L’heure des Revenants fait tressaillir les cloches.
Ils songent tristement, leurs sanglots ont le bruit
D’une vague tardive expirant sur les roches.
Ils souffrent de passer inconnus dans la nuit.

Leurs impuissantes mains ont de vagues caresses.
A travers l’Autrefois, ils reviennent, liés
Par le ressouvenir des anciennes tendresses,
Et frôlent les vivants qui les ont oubliés.

(Renée Vivien)

Illustration: Kawanabé Kyosai

 

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Les Noyées (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Les Noyées

VOICI l’heure de brume où flottent les noyées,
Comme des nénuphars aux pétales flétris.
Leurs robes ont l’ampleur des voiles déployées
Qui ne connaîtront plus la douceur des abris.

D’étranges fleurs de mer étrangement parées,
Elles ont de longs bras de pieuvres, et leur corps
Se meut selon le rythme indolent des marées ;
Les remous de la vague animent leurs yeux morts.

Semblable aux algues d’ambre et d’or, leur chevelure
Fluide se répand en délicats réseaux,
Et leur âme est pareille aux conques où murmure
L’harmonie indécise et mouvante des eaux.

Elles aiment les nuits d’agonie et d’orage
Dont l’haleine engloutit les vaisseaux, et celui
Qui va mourir les voit à l’heure du naufrage,
Quand le dernier rayon de lune s’est enfui.

Elles tendent leurs mains fébriles d’amoureuses,
Elles tendent leurs mains en un geste d’appel,
Et leur lit nuptial aux profondeurs heureuses
S’entr’ouvre, parfumé d’un clair parfum de sel.

Elles aiment les nuits où persistent encore
L’ivresse et la langueur du jour, les nuits d’été
Brûlantes de senteurs, d’astres et de phosphore,
Où le rêve s’enfuit vers l’âpre volupté,

Où Psappha de Lesbos, leur pâle souveraine,
Chante l’Aphrodita qui corrompt les baisers
Et qui mêle au désir la stupeur et la haine,
L’Aphrodita qui vint des flots inapaisés,

L’Aphrodita puissante, aux colères divines,
Dont elle apprit jadis les solennels accents,
L’insatiable amour des lèvres féminines,
Des seins nus et des corps vierges et frémissants…

(Renée Vivien)

Illustration: Hébert Ernest Antoine Auguste

 

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Une molécule (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



Une molécule
De métalloïde

Se voit
Embringuée, noyée

Dans des océans qui s’avalent.

***

Cette molécule, voici
Qu’elle se retrouve

Dans la pomme

Qu’offre l’horizon
A la nuit qui vient.

(Guillevic)

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TREMBLEMENTS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



salicorne

TREMBLEMENTS

Marcher
marcher
jusqu’à disparaître

Petite grue du matin —
tes cendres
jetées au bout du monde

L’horizon bascule —
la pluie
et les larmes

Le chemin
que tu prenais —
dévasté de lumière grise

Des gifles de résine —
avancer
sans plus rien comprendre

Buisson de salicornes —
tes cendres
rejoignent tout

Souvenirs—
ensablés
à marée basse

je parle
avec une morte —
si vivante

Mémoire noyée —
tes cendres
me sourient

Élégante à jamais —
même
quand tes cendres s’envolent

(Zéno Bianu)

Illustration

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L’étang au printemps (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



L’étang au printemps,
Aussi calme que les lèvres
De la fille noyée.

***

A spring pond as calm
As the lips of the dead girl
Under its water.

(Richard Wright)

 

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Une étoile (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



Une étoile en bas, sur la colline.
Et la femme noyée.

(Yannis Ritsos)

Illustration: George Frederic Watts

 

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