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SOUS L’ARBRE OÙ LE SOLEIL COUCHANT… (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



    

SOUS L’ARBRE OÙ LE SOLEIL COUCHANT…

Sous l’arbre où le soleil couchant s’ennuite,
Assis sous le couvert des nuages tombants,
Le poète, surgi de la souffrance de son siècle,
S’allie à l’arc-en-ciel,
Y met sa flèche, premier homme.
Il mâche en herbes grandes
Des nuances que les saisons oublient
Et qui font la vie.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vie est si curieuse (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



La vie est si curieuse,
si surprenante, si nuancée
et chaque tournant du chemin
nous découvre une vue entièrement nouvelle.

(Etty Hillesum)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le lis (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Lys-V-Moretrr

Le lis

Hors du coffret de laque aux clous d’argent, parmi
Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,
Le riche et lourd collier qu’agrafent deux camées,
Ruisselle et se répand sur la table à demi.

Un oblique rayon l’atteint. L’or a frémi.
L’étincelle s’attache aux perles parsemées,
Et midi darde moins de flèches enflammées
Sur le dos somptueux d’un reptile endormi.

Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues
Éparses où l’onyx a mis ses reflets vagues
Et le froid diamant sa claire goutte d’eau ;

Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe,
Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau,
Noble et pur, un grand lis se meurt dans une coupe.

(François Coppée)

Illustration

 

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Les chats (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats

Je veux louer les chats,
Plus caressants qu’un flot s’écoulant à la dune,
Qu’au long d’un toit moussu un bleu rayon de lune,
Les chats voluptueux flairant l’odeur des mains
Et les bouquets fanés qui meurent sur les seins.

Je veux louer les chats aux prunelles languides,
Fluant à pas muets à travers l’herbe humide,
Savants dans l’art de jouir et qui vont dégustant,
Lait pur, l’arôme exquis des jasmins au printemps.

Je veux louer les chats amoureux des nuances
Des coussins japonais, des bergères d’antan,
Des tapis d’Orient à la molle effleurescance
Par qui le dur réel devient inexistant.

Je veux louer les chats dont l’échine se ploie
Agilement aux creux des édredons de soie,
Mais adorant surtout, à l’égal d’un péché,
L’énervante tiédeur des genoux rapprochés.

Je veux louer les chats qui, de leurs ongles fauves,
Dédaigneux des gazons s’étalant en plein jour,
Pétrissent lentement à l’ombre de l’alcôve
L’oreiller langoureux que parfuma l’amour.

Je veux louer les chats par-dessus tout artistes
Qui, lorsque nous dormons, aux lueurs d’améthystes
Des soirs d’Août s’en vont, au bord des toits branlants,
Gémir de mal d’amour dans la nuit s’étoilant.

Je veux louer les chats dont l’âme nous pénètre,
Fins comme les sorciers des anciens fabliaux,
Les chats posant leur front doux au front de leurs maîtres,
Les chats meilleurs que nous, fidèles et loyaux.

(Marie Dauguet)

 

 

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VIEUX ÉVENTAILS (Max Waller)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



VIEUX ÉVENTAILS

J’aime les éventails fanés
Dont le lointain passé chagrine :
Dans le tombeau de leur vitrine
Ils dorment, les abandonnés !

D’où viennent-ils ? Quelles mains blanches
Les ont balancés, autrefois,
Dans les tête-à-tête du bois
Où le soleil dorait les branches ?

Quels sont les doigts très effilés
Qui les ouvraient, dites, grand’mères ?
De quelles amours éphémères
Ont-ils vu les chers défilés ?

Combien de tendres confidences
Ont-ils entendu, — doux secrets !
Les vieux éventails sont discrets
Au souvenir des contredanses,

Où doucement, très doucement,
Avec quelque nuance exquise
Le marquis disait en… mimant :
« Ne veux-tu pas être marquise ? »

(Max Waller)

Illustration

 

 

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La blanche rosée (Fujiwara no Toshiyuki)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



 feuille morte rosée

La blanche rosée
N’a qu’une couleur :
Comment
Teint-elle de mille nuances
Les feuilles d’automne ?

(Fujiwara no Toshiyuki)

Illustration

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Le mot de Cambronne (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




    
Le mot de Cambronne

On nous dit qu’il est de Cambronne.
C’est bien possible, mais voilà
Très sincèrement je m’étonne
Que notre humanité bougonne
Ait pu s’en passer jusque-là.

Souvenez-vous des temps d’Homère !
Homère d’alors, quel mordant
T’eût donné ce mot légendaire
Si tu avais, grand visionnaire,
Pu te le mettre sous la dent !

Que serait donc notre existence
Si nous devions nous en passer ?
N’est-il pas bon français de France,
Riche en couleurs, riche en nuances ?
Essayez de le remplacer,

Par exemple, sortant de table,
Quand, ayant abusé, hélas,
Par trop de nectars délectables,
Dans une obscurité du diable,
Vous tombez sur un bec de gaz !

Vous le lâchez, ça vous soulage,
Vous ne sentez plus la douleur.
Ah ! Messieurs, le bel avantage,
Quel secours, quel appui ! J’enrage
Quand je vois d’austères censeurs

Aux visages de funérailles
Vouloir nous ôter ce trésor,
Ce cri – jailli sous la mitraille –
Du fond des humaines entrailles
D’un héros marchant à la mort !

Il peut tout dire : ardent, lyrique,
Tendre ou sec, placide, enragé,
Plébéien, aristocratique,
Il est à nous, il est unique,
Ils ne l’ont pas à l’étranger !

Je le vois, rocher solitaire,
Car de tous les mots que l’on sait
Il est presque seul, sur la terre,
À ne pas avoir, ô mystère,
De rime dans les mots français.

Si, une seule, le mot : perde…
Là devant, je me sens perdu,
Car il faut une rime à perdre,
Maintenant, et je n’ai que…
Pardon…ce fut sous-entendu !

Pourtant cet illustre vocable,
Je voudrais que, par un décret,
Il fût, en ces temps misérables,
Dont la cruauté nous accable,
Mis en quelque sorte au secret,

Afin qu’au fond de ce silence,
Tendant lentement ses ressorts,
Accumulant force et puissance,
Se chargeant d’âpre violence,
Au nom des vivants et des morts,

Il puisse, un jour, jaillir, sublime,
Du cœur des peuples outragés,
Tendres moutons, pauvres victimes,
Rejetant dans les noires abîmes,
D’un seul coup, leurs mauvais bergers !

Cri vengeur, cri pur, cri superbe,
De l’éternelle humanité,
Que nous leur jetterons en gerbe,
Quand, enfin, nous leur dirons : MERDE !
En saluant la Liberté !

(Jean Villard–Gilles)

 

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Le coeur pris par elle en secret (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

George Frederick Watts-« Choisir »

Le coeur pris par elle en secret

Toute grâce et toutes nuances
Dans l’éclat doux de ses seize ans,
Elle a la candeur des enfances
Et les manèges innocents.

Ses yeux, qui sont les yeux d’un ange,
Savent pourtant, sans y penser,
Eveiller le désir étrange
D’un immatériel baiser.

Et sa main, à ce point petite
Qu’un oiseau-mouche n’y tiendrait,
Captive sans espoir de fuite,
Le coeur pris par elle en secret.

L’intelligence vient chez elle
En aide à l’âme noble; elle est
Pure autant que spirituelle:
Ce qu’elle a dit, il le fallait

Et si la sottise l’amuse
Et la fait rire sans pitié,
Elle serait, étant la muse,
Clémente jusqu’à l’amitié,

Jusqu’à l’amour – qui sait? peut-être,
A l’égard d’un poète épris
Qui mendierait sous sa fenêtre,
L’audacieux un digne prix

De sa chanson bonne ou mauvaise!
Mais témoignant sincèrement,
Sans fausse note et sans fadaise,

(Paul Verlaine)

Illustration: George Frederick Watts

 

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L’AMANDE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

L’AMANDE

Un miracle à portée des sens bourgeonne dans l’air nu —
noyau de lait.

L’oeil le voit accroché à une branche déserte et l’aime pour sa nuance.

Mais que dire des lèvres réduites à l’hésitation ?
Une saveur virtuelle les frôle, tandis que cinq phalanges
rigides prétendent au pouvoir d’une main.

Ni hâte ni lenteur : où veillait une flamme converge le désir.

Je n’invente rien.

Gagée par l’arbre, une promesse est accomplie.

Dureté et délice ont commencé de joindre les dents et l’amande.

(Jules Tordjman)

 

 

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L’aimée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Salvador Dali
    
L’aimée

L’aimée est riveraine
Son teint doux au toucher
Sa voix est incertaine à ceux qui ont osé
Les intimes nuances de ses bras d’évadée

Elle respire avec l’immense désespoir
D’un vaisseau chaviré
Dans la boue de l’intense

Son amande est d’abord un silence inutile
Comme une harpe sèche dont on brise les mains
Son visage un instant est l’immense harmonie
D’un silence guidé par le sable des routes

Regarde sa patrie de troupeaux mutilés
Regarde avec souci son image défunte

Car elle est le très grand pays où le temps vit.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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