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Poésie

Posts Tagged ‘nubile’

Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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En chemise bleue (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

fumée bleue

En chemise bleue

Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Bleu d’azur sombre bleu de fumée
Fumée de cigarettes défuntes
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Cauchemar peuplé de rires
Rire jaune rire de cristal
Cristal de larmes fugitives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

Dans un cendrier couleur de nuit
Nuit de mains lasses de mains fiancées
Fiancées nubiles fiancées lascives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Dans le soleil de midi (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration
    
— Dans le soleil de midi où s’endort la ville
tu es là;

Te voir
libère le monde que ta beauté exalte,
dissout les brumes,
les ombres,
les bruits,

Impose ce silence qu’enfante la mer,
accentue le dessin des toits et des rues,
donne à l’air une saveur d’ivresse,
qu’on inhale bouche ouverte et yeux clos ;

Tu es là,
et ton corps absorbe la lumière,
estompe les autres corps
qui sans hésitation,
se mettent à l’écart
du corps qui les ranime,

Qui donne à leurs mouvements banals
une légèreté nubile,
à leurs inquiétudes
une couleur pastel ;

Tu es là
et ton corps,
à jamais,
s’empare de ma mémoire ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Sur les hauts d’Esmoulières (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
Sur les hauts d’Esmoulières

1
dans ce matin il n’y a rien
qu’herbes jaunies broussailles mauves
le ciel mouvant tourne
sur ma tête

et pourtant

2
le corps s’avance et se durcit
Sur cette route de janvier
qui m’ouvre ses portes bleues

3
une parole pauvre et qui dénude
dans le vent du pays
et qui éclaire loin
à travers le chaos du siècle
voilà ce que je cherche

4
et plus j’avance
plus je perçois
cet archipel d’étangs
fragments de la mer oubliée
de l’origine perdue
dans cette montagne

5
je la remonte
par des sentes broussailleuses
marche dans les veines
d’un corps nubile

sur le haut du plateau
bleu sombre, lumineux
je découvre son ventre herbeux
et la pointe neigeuse
d’un Sein

6
et tout est là
dans ce silence
ce vide génésique

un vrai visage
longtemps cherché

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



 
 

 

Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas!
Mais si soumise au ciel, si faible l’Eau soit-elle,
Elle cache sa peine en de muets combats,
Sachet inviolé dans des plis de dentelle !
Pourtant on la devine en proie à l’Idéal
Et qu’elle a les langueurs, sous ses ondes mobiles,
Des filles de treize ans qui deviennent nubiles.
Et l’on dirait aussi que, parmi l’Eau, le mal
Mystérieux d’une puberté s’élabore :
Troubles, frissons, pâleurs, émoi d’on ne sait quoi,
Quand chaque nénuphar comme un sein vient d’éclore,
Sein nouveau-né, doux gonflement qui se tient coi !
Ah ! ce coeur de l’Eau vaste en qui tout s’amalgame,
Ce coeur de l’Eau plus compliqué qu’un cœur de femme,
Il faudrait pourtant bien un peu l’analyser.
Oui ! mais l’Eau ne veut pas que quelqu’un la révèle;
Et brusquement tous les décors sombrent en elle
Dans un grand coup de vent, troublant comme un baiser
Et la voilà, pour que rien d’elle ne s’avère,
Qui s’est enfuie au fond de sa maison de verre.

(Georges Rodenbach)

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Ce que je voulais toujours avec toi (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Ce que je voulais toujours avec toi, c’est partir
et que la terre recommence

sous un autre jour, avec une herbe encore nubile,
un soleil qui n’appuie pas trop

sur le cœur et puis du bleu tout autour comme
un chagrin qui se serait lavé

les yeux dans un reste d’enfance, et que le temps
s’arrête comme quand tout

allait de soi, tout, quand partir n’était encore
qu’une autre façon de rester

comme l’eau dans la rivière, les mots dans le poème
et moi, toujours en partance

entre l’encre et les étoiles, à rebrousser sans fin
le chemin de tes larmes

(Guy Goffette)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Isabelle Charpentier

 

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Le coeur de l’Eau pensive est un coeur nostalgique (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



Le coeur de l’Eau pensive est un coeur nostalgique,
Coeur de vierge exaltée en proie à l’idéal,
Qui souffre d’être seule, et qu’aucun ne complique
D’un peu de bruit ce grand calme qui lui fait mal;
Coeur de l’Eau sans tristesse et cependant nocturne,
Coeur de l’Eau variable et toujours ignoré,
Qu’un clair d’amour sans doute aurait édulcoré
Et qui s’aigrit, ô coeur à jamais taciturne !

Certes quelques reflets hantent ce coeur de l’Eau;
Mais toute chose en y descendant se déflore,
Toute chose recule et devient incolore,
Y propageant un froid d’absence et de tombeau
Et comme une douleur d’adieux qui diminue…

L’Eau n’en est que plus triste, attendant, l’air songeur,
Quelqu’un qui ne vient pas par la pâle avenue
Que les arbres mirés enfoncent dans son coeur.
Hélas ! l’Eau solitaire et fantasque frissonne,
Elle qu’on n’aime pas et qui n’aime personne,
Et qui meurt d’être seule en cette fin du jour,
Surtout que des amants vont devisant d’amour
Et sur ses bords, dans elle, effeuillent des paroles :
Bouquet d’aveux que son silence a recueilli,
Propos final, lis morts des volontés trop molles,
0 pénultièmes fleurs d’un coeur presque cueilli !
Or ces aveux que l’eau fiévreuse s’assimile
Lui donnent un émoi, toute une anxiété
Comme si devenue elle-même nubile
C’était enfin la fin de sa virginité !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Matines (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2015


Matines

Que l’homme dans le temps utile
Soit l’impatience d’exister
Et l’âme dans les eaux nubiles
Ouverte à l’immobilité

Peu de préceptes, la clarté
Peu de paroles de prière
Et cette sobre ébriété
Dans l’abondance de lumière

(Henry Bauchau)

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