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Poésie

Posts Tagged ‘nudité’

MODÈLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



 

Illustration: Brassaï 
    
MODÈLE

Elle se montre, au bras de la lumière
Effaçant le paravent
De sa nudité paisible
Modèle, elle livre au vieux peintre
Dans son aura
Le mystère d’un corps
Dont il caressera l’image
Elle s’est dévoilée toute
Apparition radieuse
Non par bribes
En déshabillage équivoque

La beauté, comme la mort
Chastes dans leur plénitude
L’agonie, seule
Est impudique

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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LE LIVRE DU POURQUOI (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



 

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LE LIVRE DU POURQUOI

Quand vint l’été, son soleil et ses mouches,
Je savourais des mots, je savourais
Le plaisir d’être — oubliant les microbes
Et la morsure et la lèpre et le vent.

Sur le versant du fjord, amère étoile
Se dissolvant au soleil de minuit,
J’imaginais de longues nuits polaires
Tandis qu’un ours léchait ma peau, ma peau.

J’aimais les corps, leur nudité sans herbe,
Le doute aussi trop prompt à me trahir
Et je luttais pour un muscle, une artère,
Un morceau d’ongle oublié par les jours.

(Robert Sabatier)

Illustration: Edmund Dulac

 

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Par une nuit nouvelle (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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Femme avec laquelle j’ai vécu
Femme avec laquelle je vis
Femme avec laquelle je vivrai
Toujours la même
Il te faut un manteau rouge
Des gants rouges un masque rouge
Et des bas noirs
Des raisons des preuves
De te voir toute nue
Nudité pure ô parure parée

Seins ô mon coeur

(Paul Eluard)

 

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Notre rire efface le désert du ciel (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019


néant

 

Celle que j’aime incarne mon désir de vivre
Je l’ai prise au présent elle reste au présent
Sa douce nudité dispense la lumière

L’air pur passe plus pur de sa bouche à ses yeux
Elle voit tout pour moi et je choisis pour elle
La feuille au coeur de l’arbre et le point clair de l’eau

Elle est l’arbre et la feuille et fait déborder l’eau
Nous naissons l’un à l’autre ensemble à chaque aurore
Et notre rire efface le désert du ciel.

(Paul Eluard)

 

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Ton corps dans sa nudité (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



Ton corps dans sa nudité

Ton cœur captif
Rêve d’évasion.
Impudique
Ton corps attire
La clarté nonchalante
D’une lampe qui déplace
Des taches de lumière
Et des ombres furtives
Dans une maison mystérieuse
Où règne une paix passagère
Et dont les vitres fébriles
S’ouvrent sur le mystère des eaux.

Une lumière impassible éclaire
Les contours indécis d’un tableau
Où se profilent tes traits harmonieux
Et ton regard capte des images
Venues d’ailleurs
Peut-être des limites de l’espace.

Alors que j’erre dans l’aube forestière
Tu te livres au repos
Nue dans la sérénité de ton corps.

Notre rencontre scellera
L’union du charme et de l’esprit
Du rêve et de la réalité
Et nous connaîtrons des saisons sanctifiées.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Pascal Renoux

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FUITE (Raymond Federman)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



FUITE

ma vie a commencé dans un placard
sous les dépouilles et la poussière
je suçais des morceaux de sucre volés
dehors la lune à petits pas arpentait le toit
ponctuant le début de mon surcroit de vie
replié dans la fragilité de mon aventure
la curiosité me poussa dans l’escalier
mais je butai sur la douzième marche
et les portes ouvrirent des yeux muets
d’effarement devant ma nudité
pendant que je courais sous le ciel indifférent
les mains serrées sur un paquet de peur
une étoile jaune tomba du ciel
et frappa ma poitrine
c’est alors qu’ils m’attrapèrent
et m’enfermèrent dans une boîte
qu’ils trainèrent partout sur la terre
pour figurer ma honte
autour ils se battaient à coup de pierres
et faisaient des étoiles un énorme brasier
tous les jours ils venaient me toucher
mettre leurs doigts dans ma bouche
et me marquer de noir et ce bleu
mais par une fissure dans le mur
je vis un arbre en forme de feuille
et un matin un oiseau me vola dans la tête
je me mis à aimer si fort cet oiseau
que quand mon maître à l’oeil bleu
regarda le soleil et s’aveugla
j’ouvris la cage et cachai
mon coeur dans une plume jaune

***

ESCAPE

my life began in a closet
among empty skins and dusty hats
while sucking pieces of stolen sugar
outside the moon tiptoed across the roof
to denounce the beginning of my excessiveness
backtracked into the fragility of my adventure
curiosity drove me down the staircase
but I slipped on the twelfth step and fell
and all the doors opened dumb eyes
to stare impudently at my nakedness
as I ran beneath the indifferent sky
clutching a filthy package of fear in my hands
a yellow star fell from above and struck my breast
and all the eyes turned away in shame
then they grabbed me and locked me in a box
dragged me a hundred times over the earth
in metaphorical disgrace
while they threw stones at each other
and burned all the stars in a giant furnace
every day they came to touch me
put their fingers in my mouth
and paint me black and blue
but through a crack in the wall
I saw a tree the shape of a leaf
and one morning a bird flew into my head
I loved that bird so much
that while my blue-eyed master
looked at the sun and was blind
I opened the cage and hid my heart
in a yellow feather

(Raymond Federman)

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Parce qu’il y a certains livres (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Francis Picabia -   (6)

Parce qu’il y a certains livres qui sont
étincelles de pain doré,
Parce que ce sont livres à longue saveur plus
longue que mon temps
Parce que ruminante est la connaissance du dévolu.

Parce que mon corps est pesant de mémoire
autant que de jours
et qu’étant plus pesant il a plus d’élan.

Parce que le dessin de ma bouche
est le dessin d’une autre bouche
parce que je suis étranger à mon passage
et immuable dans l’immuable quête…

Peut-être que l’immobilité a reçu message
des bords mordorés qui dévorent leurs couleurs
Peut-être que la pulsation qui fêle chaque seconde
naît des confins noirs des midis de nudité.

Ruée de ma rivière et de ton fleuve ignorant saules
et prés pour se confondre
et se consumer à l’embouchure
Et nous voici centre de vie pic et caverne
Ma langue est la bêche humide qui prépare le creux
de la fécondité…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Francis Picabia

 

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LA MUSIQUE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Dariusz Branski

LA MUSIQUE

Non, ne la fais pas naître,
car elle a un corps et une âme,
comme une femme ; ne crée pas
la mort en la créant ; laisse
sa nudité dans la sérénité
— sans existence — du piano !

Non, non ; qu’elle ne dresse pas
son beau corps sur le crépuscule,
pour retomber ensuite, sous l’immense
noirceur de sa chevelure libre !

***

LA MÚSICA

¡No la hagas nacer,
que tiene cuerpo y alma,
igual que una mujer; no seas
creador de la muerte con crearla; deja
su desnudez en la serenidad
—no existente— del piano!

¡No, no; que no levante
su cuerpo hermoso en el crepúsculo,
para luego caer, bajo la inmensa
negrura de su abierta callebera!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Dariusz Branski

 

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La nudité, l’appel, le corps qui cherche (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
La nudité, l’appel,
le corps qui cherche son unité à travers d’autres corps,
sa présence.

Le désir dans le crâne percé,
le sang qui cherche furieusement
à se brancher sur le nerf magique d’un destin
qui lui donnerait l’immortalité d’un sens.

Un baiser referme le monde dans sa nuit.
Un baiser plus profond que la tombe,
et le corps aimé n’est plus corps,
mais oubli, éternité.

Les corps s’aiment
parce qu’ils sont perdus,
pour se retrouver.

Nous avons tous un coeur
proche de se déchirer et prendre feu.
Un corps désiré ranime le goût blessé du vide…

Tomber dans un cri inconnu à travers le corps
qu’on sent à tel point qu’on ne le sent plus.

Le désir cherche à toucher,
mais le contact attendu
est celui de l’essence de la présence.

Aimer voudrait n’avoir pas de corps
pour aller au plus près.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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L’herbe est court-vêtue (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



    

L’herbe est court-vêtue
face au muguet clandestin :
nudité d’un jour.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Images d’asie et de femmes – poèmes pour l’exotisme en amour
Traduction:
Editions: De la Jointée

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