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Poésie

Posts Tagged ‘nue’

Eaux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Eaux

L’eau est nue
Eau des solitudes
Eau assoiffée d’elle-même
Qui décompose ses couleurs
Et se dépouille de ses reflets
Eau patiente à se frayer un chemin
Eau couverte de frissons
Eau adolescente mais criblée de rides
Eau veloutée
Eau folle à forcer les barrages
Pour noyer les campagnes

La source jaillit
Et le ruisseau sautille comme une truite
La rivière se prélasse
Et rit entre ses rives
Où des peupliers défilent
Elle se cabre au pied de la colline
Le soir elle dort dans son lit
En rêvant de mers lointaines

Elle appose son paraphe
Au bas du paysage.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



moissonneuses

Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle :
baisers dans les fougères, postes d’affût des grosses truites,
coups de foudre, harems champêtres, traces de fées, moissonneuses nues,
violettes hallucinogènes, arbres à casse-croûte, granges aux belles,
cabarets en lierre, haltes du temps, sourires, etc…

Je me demande si M. Larousse, qui emploie des jeunes filles à souffler sur des pissenlits,
accueillera mes suggestions dans ses excellents ouvrages.

(André Hardellet)

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Au lacs bleu de tes veines (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



 

Alexander Maranov (c2) [1280x768]

Au lacs bleu de tes veines
Des oiseaux se méprennent
Aux branches de ton sang
Des oiseaux ont pris rang
C’est un silence d’oiseaux
Au long de tes vaisseaux
C’est un silence de sang
Qui vers la nuit se rend
C’est un silence de vie
Qui vers la mort descend
C’est un silence d’amour
De vie de feuille d’un jour

Sur l’arbre bleu de tes veines
Ce n’est que prison d’ailes
Capture du chasseur à l’appeau
Qu’il tendait avide aux oiseaux
Chasseur de lui-même englué
Par la proie de lui convoitée
Au lacs bleu de tes vaisseaux
Je ne suis plus qu’un oiseau
Aux branches nues de ton corps
Qu’à voix douce la neige endort
Dans un silence qui ne s’achève
De chair de chaleur de rêve

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Alexander Maranov

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Anniversaire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Campos Edson  EveningLightWeb [1280x768]

Anniversaire

Je fête l’essentiel, je fête ta présence
Rien n’est passé la vie a des feuilles nouvelles
Les plus jeunes ruisseaux sortent de l’herbe fraîche

Et comme nous aimions la chaleur il fait chaud
Les fruits abusent du soleil les couleurs brûlent
Puis l’automne courtise ardemment l’hiver vierge

L’homme ne mûrit pas il vieillit ses enfants
Ont le temps de vieillir avant qu’il ne soit mort
Et les enfants de ses enfants il les fait rire

Toi première et dernière tu n’as pas vieilli
et pour illuminer mon amour et ma vie
Tu conserves ton coeur de belle femme nue.

(Paul Eluard)

Illustration: Campos Edson

 

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Retouche à la veuve (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Retouche à la veuve

au cimetière où vous alliez en fin de jour
bourgeoise en vos atours qui me rendiez timide
d’un grand désir je désirais vous prendre nue

je restais seul à filer l’avenue
cyprès quenouilles de l’amour

(Daniel Boulanger)


Illustration

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PAYS SECRET DENUDE (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



 

Alex Alemany dialogos-con-el-viento

PAYS SECRET DENUDE
(Fragments)

Tu es une eau verte Tu dors Je plonge de si loin en toi
depuis le temps des os des chairs à naître que je dessine
ton corps avec des tremblements mathématiques des robes déchirées
par les couteaux des ongles des muscles : statue lasse mouvante
et draperie N’était le corail de ton regard Le foin de ta nuque
lorsque l’aube est nue

Eau jade mon amie Je hale le chaland au long de toi te nomme
Mes doigts ébauchent le chemin creux la croix des hêtres l’orme
Je veux le cercle de ton ventre l’oeuf entre les lèvres le sel
des reins Aisselles

Je geins dans le pourtour ouaté Chaud

Ni la main qui te crée La langue qui t’éveille Le reflux
du songe où tu te multiplies Le sexe noir soleil Le baiser
te lisse s’y vautre Tu es ma bauge

(Hubert Juin)

Illustration: Alex Alemany

 

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Tu n’es que le suiveur de toi (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



 

Ferdinand Hodler   a-troubled-soul.jpg!HD [1280x768]

Tu n’es que le suiveur de toi,
homme au manteau de fatigue, à la voix
qui s’en va sans toi, t’oublie, te quitte,
se baigne nue, te fait la nique…

(Hubert Juin)

Illustration: Ferdinand Hodler

 

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La belle que voilà (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



La belle que voilà

La belle que voilà se mire dans ses ongles
Et ne parle qu’aux lys, ne sourit qu’aux pervenches.
Son corps est un jardin, son silence une steppe
Et sa voix le muguet, le lilas de la fête.

Sur son épaule nue un baiser se hasarde
Mais ce n’est que le vent de l’été qui l’effleure.
Le parfum de l’attente émigre en ses cheveux.
Il suffit qu’elle soit pour que naisse la danse.

La belle que voilà s’en va d’un monde à l’autre
Pour égayer le jour de ses métamorphoses.
Pour que chante son rire il suffit qu’on la nomme,
Elle qui sait les noms que se donnent les fleurs.

Belle, Pomone ou Flore, elle n’a pour armure
Que ses présents de fruits, ses offrandes de rires.
Elle a pour vêtements la nudité du monde,
Le printemps pour parure et l’hiver pour manteau.

La belle que voilà pour l’homme est invisible
S’il ne sait pas cueillir la clarté des étoiles
Et le sentiment pur d’être dans l’univers
Un instant de musique, un rayon de lumière.

Protégez-la, mes yeux, comme on garde une image
De se dissoudre au jour quand l’amour sera mort.
Et que dansent les fruits, et que chantent les roses !
La belle que voilà naquit de la parole.

(Robert Sabatier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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JOLIE MÔME (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Harding Meyer 1964 - Brazilian Portrait painter -   (4) [1280x768]

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboul’
Jolie môme
T’as ton cœur
A ton cou
Et l’bonheur
Par en d’ssous
Jolie môme
T’as l’rimmel
Qui fout l’camp
C’est l’dégel
Des amants
Jolie môme
Ta prairie
Ça sent bon
Fais-en don
Aux amis
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
Du printemps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps

T’es qu’un’ rose
Eclatée
Que l’on pose
A côté
Jolie môme
T’es qu’un brin
De soleil
Dans l’chagrin
Du réveil
T’es qu’un’ vamp
Qu’on éteint
Comm’ un’ lampe
Au matin
Jolie môme
Tes baisers
Sont pointus
Comme un accent aigu
Jolie môme
Tes p’tits seins
Sont du jour
A la coque
A l’amour
Jolie môme
Ta barrière
De frou-frous
Faut s’la faire
Mais c’est doux
Jolie môme
Ta violette
Est l’violon
Qu’on violente
Et c’est bon
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
De pass’ temps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps
T’es qu’une étoile
D’amour
Qu’on entoile
Aux beaux jours
Jolie môme
T’es qu’un point
Sur les « i »
Du chagrin
De la vie
Et qu’une chose
De la vie
Qu’on arrose
Qu’on oublie
Jolie môme

T’as qu’un’ paire
De mirettes
Au poker
Des conquêtes
Jolie môme
T’as qu’un’ rime
Au bonheur
Faut qu’ça rime
Ou qu’ça pleure
Jolie môme
T’as qu’un’ source
Au milieu
Qu’éclabousse
Du bon dieu
Jolie môme
T’as qu’un’ porte
En voil’ blanc
Que l’on pousse
En chantant
Jolie môme
T’es qu’un’ pauv’
Petit’ fleur
Qu’on guimauv’
Et qui meurt
T’es qu’un’ femme
A r’passer
Quand son âme
Est froissée
Jolie môme
T’es qu’un’ feuille
De l’automne
Qu’on effeuille
Monotone
T’es qu’un’ joie
En allée
Viens chez moi
La r’trouver
Jolie môme

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboule

JOLIE MÔME !

(Léo Ferré)

Illustration: Harding Meyer

 

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