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Posts Tagged ‘nuire’

L’INSINUANT (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Karine Daisay p1_b

L’INSINUANT

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Est-il art plus tendre
Que cette lenteur?

Je sais où je vais,
Je t’y veux conduire,
Mon dessein mauvais
N’est pas de te nuire…

(Quoique souriante
En pleine fierté,
Tant de liberté
La désoriente!)

O Courbes, méandre,
Secrets du menteur,
Je veux faire attendre
Le mot le plus tendre.

(Paul Valéry)

Illustration: Karine Daisay

 

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Madrigal (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Madrigal

Si c’est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c’est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi même et d’être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit :

Si c’est aimer que de vivre en vous plus qu’en moi même,
Cacher d’un front joyeux, une langueur extrême,
Sentir au fond de l’âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous de confesser mon mal !
Si cela est aimer : furieux je vous aime :
Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal :
Le coeur le dit assez, mais la langue est muette.

(Pierre de Ronsard)

Illustration: Marie Lefrancq

 

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LE CYGNE ET LE CUISINIER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE CYGNE ET LE CUISINIER

Dans une ménagerie
De volatiles remplie
Vivaient le Cygne et l’Oison :
Celui-là destiné pour les regards du maître ;
Celui-ci, pour son goût : l’un qui se piquait d’être
Commensal du jardin, l’autre, de la maison.
Des fossés du Château faisant leurs galeries,
Tantôt on les eût vus côte à côte nager,
Tantôt courir sur l’onde, et tantôt se plonger,
Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d’un coup,
Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou,
Il allait l’égorger, puis le mettre en potage.
L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.
Le Cuisinier fut fort surpris,
Et vit bien qu’il s’était mépris.
« Quoi ? je mettrois, dit-il un tel chanteur en soupe !
Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe
La gorge à qui s’en sert si bien!  »

Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
Le doux parler ne nuit de rien.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Dans le vrai tourment (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



dans le vrai tourment
c’est facile il suffit
de niveler les pensées et d’attendre
un oiseau tropical ou une voix de sirène
un surgissement inénarrable
au centre du silence qui nuirait
au tourment

(Nicole Brossard)

Illustration: Edwina Caci

 

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Le beau bleu ébloui de la nuit (Éric Allard)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Le beau bleu ébloui de la nuit

J’avance, tu remues.
La nuit ne nous voit pas.

Le ciel prend la forme de ton visage.
J’ai tes mains pour longue-vue.
Ta parole à portée de mes lèvres
éloigne le faux bruit de ma vie.

Tout tintement est suspect
de mettre en fuite ton murmure.
L’art de s’empêcher de se nuire.

L’oeil nourri de sens
rassasie nos miroirs.
Nous sommes l’un pour l’autre visibles.

(Éric Allard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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La mort n’existe pas (Nathan Katz)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



La mort n’existe pas : tout est présence, éternellement
pas un battement de ton cœur ne peut se perdre
il continuera de retentir dans les jardins
quand déjà tu reposeras dans l’humidité de la terre

Ce qui criait en toi durant les longues nuits
continuera de vivre sous le couvert des hêtres
dans le souffle fiévreux des orages d’été

Et chaque élan d’amour de ton cœur
sera là, intact encore, au creux des nuits de mai
dans l’appel caressant des sombres feuillages

Tu peux penser ce que tu veux :
tout est présence,
éternellement.

(Nathan Katz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Carrie Vielle

 

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Je chante et pleure, et veux faire et défaire (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Je chante et pleure, et veux faire et défaire,
J’ose et je crains, et je fuis et je suis,
J’heurte et je cède, et j’ombrage et je luis,
J’arrête et cours, je suis pour et contraire,

je veille et dors, et suis grand et vulgaire,
Je brûle et gèle, et je puis et ne puis,
J’aime et je hais, je conforte et je nuis,
Je vis et meurs, j’espère et désespère ;

Puis de ce tout étreint sous le pressoir,
J’en tire un vin ores blanc, ores noir,
Et de ce vin j’enivre ma pauvre âme,

Qui chancelant d’un et d’autre côté,
Va et revient comme esquif tempêté,
Veuf de nocher, de timon et de rame.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: William Blake

 

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La bruine de la joie (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2015


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Pourrions-nous nuire à quiconque,
A un quelconque pays, si nous étions touchés,
Ne serait-ce qu’une fois,
Par la bruine de la joie ?

(Mahmoud Darwich)

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SANS NUIRE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2015



JE suis servante dans la rue
je ne sais rien Mes seins
se serrent Oh ! qu’on empoigne
Tous ceux-là sans chevalerie

Mes yeux fermés C’est un trésor
Sans le tenir que je soupèse
Doux comme un soleil qui me chauffe
Au mur très bon où je m’endors

Mes épaules à la fenêtre
Pour accourir pour échapper
Les trains les camps les gares
Pour attendre je revenais

Ma chambre ô mon pauvre savon
Et ma valise de carton
J’ai seulement rêvé dans la ville de pierre
D’un bain qui me caresse et me serre
Plus profond et plus long que la mer

(Pierre Morhange)


Illustration: Amedeo Modigliani

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